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Abraham

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Abraham (en hébreu: אברהם - abrāhām, père d'une foule; en arabe: إبراهيم الخليل - Ibrāhīm al-khālil, l'ami privilégié (de Dieu)) est un personnage de la Torah, de l'Ancien Testament et du Coran. Il est considéré comme le père du monothéisme.


Sommaire

Selon le récit biblique

L'histoire d'Abraham est racontée dans la Torah (le « Pentateuque » de l'Ancien Testament pour les chrétiens), plus précisément dans le livre de « Béréchit - Au commencement », appelé « livre de la Genèse » par les chrétiens (chapitres XII à XVI ).

Abram

'Abram (hébreu: אברם - abrām, père haut) apparaît au chapitre 11 verset 26 de la Genèse dans la généalogie qui suit le récit de l'épisode de la Tour de Babel. Cette époque se situerait environ 2000 ans avant Jésus-Christ. Abram descend de Sem, l'un des trois fils de Noé. Il a deux frères: Nahor et Haran. Haran meurt, laissant un fils, Loth (Lot) (qui est donc le neveu d'Abram). Abram épouse Saraï (sa demi-sœur) qui est stérile. Selon Genèse 25, 7, Abram renommé Abraham par Dieu, meurt à 175 ans.

Terah, le père d'Abram, quitte Ur vers le Pays de Canaan avec Abram son fils et Lot son petit fils par Haran (verset 31). Ils se fixent finalement en chemin à Harran (Harra ou Charan), connu pour être à la fois un grand centre caravanier, et l'un des deux principaux sanctuaires (avec Ur) qui soit dédié au Dieu-Lune Sîn vénéré par les mésopotamiens.

Au chapitre 12, Abram reçoit l'ordre divin de quitter Harran avec sa famille et ses troupeaux pour aller à l'endroit que lui désignera Dieu, tandis que son père reste à Harran (son frère Nahor est en Mésopotamie). Il est accompagné de Loth (verset 4). Abram traverse alors sans doute l'Euphrate à Karkemish, puis il entre dans le pays de Canaan jusqu'au site de Sichem (verset 6), où Dieu lui apparaît à nouveau et lui promet « de donner cette terre à sa descendance ». Abram construit un autel, puis continue sa route dans la région de Bethléem et , puis vers le Néguev, d'où une famine le chasse vers l'Égypte. Le Pharaon enlève Saraï que Abram avait fait passer pour sa sœur (pour que sa vie ne soit pas menacée par la beauté de sa femme). Il finit par la libérer suite à des plaies affligées par Dieu.

A son retour dans le pays de Canaan, Abram se sépare de Loth avec lequel des divergences apparaissent. Celui-ci s'installe près de Sodome. Puis Abram reçoit la promesse de Dieu (YHWH) de multiplier sa descendance pour lesquels la terre de Canaan est destinée, « depuis le torrent d'Égypte jusqu'au grand fleuve d'Euphrate » (Chap 15, verset 18).

Dans le même temps, une coalition de quatre rois orientaux tenta de mater la rébellion de cinq rois cananéens. Les rebelles sont vaincus, Sodome et Gomorrhe mises à sac, Loth est fait prisonnier. Abram poursuit les assaillants et les défait près de Damas. Loth est ainsi libéré et le butin rendu intégralement. A son retour, Abram est accueilli avec bienveillance par les rois de Sodome et de Salem. Il repart vers le Néguev et s'installe dans l'oasis de Beer-Sheva.

L'alliance d'Abraham

Pour assurer à son mari une progéniture, Saraï (SRY) donne à Abram sa servante, Agar, comme concubine. A la fin de du chapitre 16 de la Genèse, Ismaël naît ainsi de la servante Agar. Treize ans plus tard, au chapitre 17, versets 4 à 6, Abram a 99 ans, et Dieu lui propose une alliance: « sois le père d'une foule (HMWN, Hamon) de nations (GWYM, Goym). On ne t'appellera plus ABRM, mais ton nom sera ABRHM, car je te fais père d'une foule (HM est la fin du mot Abraham et le début du mot Hamon) de nations. Je te fructifierai beaucoup, beaucoup, tu engendreras des nations, des rois sortiront de toi ». Abram accepte cette alliance qui passe par la circoncision de tous les hommes de sa maison et devient Abraham. Saraï devient Sarah (SRH) par la même alliance, au verset 15. (Remarque: les "Goyim" ne sont pas les non-juifs. Ce terme signifie "nations". Israël lui-même sera plusieurs fois qualifié de "goy", de nation.)

La circoncision au huitième jour est le signe de cette alliance entre Dieu et la descendance d'Abraham.

La visite des messagers

Abraham:Abraham reçoit la visite des trois anges envoyés par Dieu, Gustave Doré
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Abraham reçoit la visite des trois anges envoyés par Dieu, Gustave Doré

Le chapitre 18 est celui de la scène bien connue de l'Annonciation à Abraham et Sarah, par les trois (anges) messagers. Dieu n'est plus ici désigné par Elohym, mais par le Tétragramme, YHWH. Dans cet épisode, Sarah reçoit à l'étonnement de tous, lors de la visite des trois anges sous la tente d'Abraham, la promesse d'avoir un fils, Isaac (rire, joie), qui devra être circoncis à son huitième jour en signe d'Alliance. Le nom de Isaac est lié au fait que Sarah a ri en apprenant la nouvelle de sa future grossesse alors qu'elle était nonagénaire. Ce rire insistant d'incrédulité au verset 15 souligne la prise de conscience difficile de Sarah, qui est ménopausée et ne couche plus avec son mari.

La promesse se réalise pourtant et Isaac naitra au chapitre 21.

Au cours de la même visite, la destruction de Sodome et Gomorrhe est annoncée à Abraham.

Sodome et Gomorrhe

Les chapitres 19 et 20 s'intercalent, comme s'il fallait séparer le plus possible la conception d'Isaac de sa naissance. Le texte enchaîne sur la condamnation de Sodome et Gomorrhe. Sodome est une ville où règne la confusion sexuelle. Des enfants naissent, mais il n'est pas possible de leur attribuer de père. Or pour qu'une ville se perpétue, il est fondamental qu'y siège un tribunal qui reconnaisse les filiations. Au verset 22 se mettent en place les deux interlocuteurs d'un marchandage entre Abraham et l'Eternel. Abraham marchande le nombre de membres du Tribunal: 50, 45, 40, 30, 20? Finalement, dix Justes auraient suffi pour sauver Sodome et en faire un être transcendant, qui préexiste aux individus qui la forment, survive après leur mort, et en garde le nom et la mémoire. Le "miniane", le quorum nécessaire à toute cérémonie juive, est de dix membres.

Le Sacrifice

Abraham:L'ange intervient pour stopper le sacrifice d'Isaac, peinture de Le Caravage
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L'ange intervient pour stopper le sacrifice d'Isaac, peinture de Le Caravage

Au chapitre 21, Isaac naît enfin. Il est nommé du nom accepté en commun par Abraham et Sarah, il est circoncis au huitième jour. Isaac grandit. Un jour, voyant Ismaël se moquer d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Agar et son fils Ismaël. Aux versets 12 et 13, Dieu réconforte Abraham sur l'avenir de son fils Ismaël. Il en fera une grande nation mais c'est à la descendance d'Isaac qu'est réservée l'Alliance. Il l'encourage ainsi à réaliser tout ce que Sarah t'a dit. Abraham renvoie donc dans le désert sa servante Agar et son fils, Ismaël, qui manque d'y périr. Un ange apparaît alors à Agar, sauve son fils et lui promet d'en faire le "père d'une grande nation".

Suite à cet épisode, au chapitre 22 Dieu (Elohym) met Abraham à l'épreuve et lui demande de lui « rendre » Isaac, de le sacrifier. Il accepte. Ce faisant, il reconnaît ainsi Celui dont il tient l'enfant. Le nouveau testament ajoute (Hébreux 11:19) « Il (Abraham) pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts; aussi le recouvra-t-il par une sorte de résurrection ». Comme le jeune garçon, au verset 7, l'appelle aby, « mon père », et que lui répond bény, «mon fils», ils se sont aussi reconnus mutuellement. Dieu (YHWH) intervient et sauve le garçon, attaché sur l'autel, de la lame de son père, et lui promet à son tour d'être le père d'une grande nation. Un bélier est sacrifié à sa place. La tradition juive place ce sacrifice interrompu à l'emplacement actuel du Dôme du Rocher à Jérusalem. Le désaccord avec le Coran porte sur l'identité de l'enfant (voir plus loin).

Dans la tradition juive, le sacrifice d'Abraham est plutôt désigné comme la "ligature d'Isaac" (Akeda). Le souvenir de ce sacrifice est commémoré à chaque nouvelle année juive, lors de la fête de Rosh Hashana.

C'est une scène souvent représentée dans l'iconographie chrétienne (Rembrandt..., Jean Goujon...) Cf [1]

Voir dossier pédagogique de la BNF

La grotte d'Hébron

A la mort de Sarah, Abraham achète des terres et une grotte à Hébron, afin d'y enterrer son épouse Sarah. Il ordonne à son serviteur Éliézer d'aller en Mésopotamie (Aram) pour trouver une femme à Isaac. Éliézer rencontre Rébecca, fille de Betouel, près d'un puits de Paddan Aram, et rentre avec elle à Hébron.

Après avoir marié son fils, Abraham prend une nouvelle épouse, Ketourah, dont il a de nombreux enfants. Puis il meurt à l'âge de 175 ans « dans une vieillesse heureuse». Il est enterré aux côtés de Sarah.

Abraham:TablesdelaloiPatriarches Abraham:Tablesdelaloi
Enfant de :
Terah
Abraham (-2000--1825)*
concubine Agar,
épouse
Sarah
Parent de :
Ismaël
Isaac


Selon la tradition musulmane

Ibrahim au sein de l'Islam est un envoyé de Dieu, aux Hommes pour les remettre sur le droit chemin. Il est aimé et chéri comme tous les autres envoyés de Dieu comme Moise (Mûsâ en arabe), Jésus ('Îsâ) et bien d'autres cités dans la Bible.

Abraham est cité plusieurs fois dans le Coran et il existe une sourate qui porte son nom.

Le récit est beaucoup plus bref, morcelé. La sourate XXXVII ne nomme aucune des deux femmes, et nomme Isaac au détour d'une phrase.

Abraham épouse Agar, la servante de sa première femme, il en a un fils Ismaël.

C'est alors que vient l'ordre divin de sacrifier Ismaël, ce fils unique qui a grande importance aux yeux d'Abraham. La tradition place cet évènement près de La Mecque, à l'emplacement nommé Mina. Le récit coranique ne nomme pas explicitement le fils sacrifié, mais le contexte suggère fortement que c'est Ismaël.

Ensuite, Dieu, en récompense, lui donne un fils de sa première femme, Isaac.

Abraham est donné comme le modèle du musulman car il se soumet à Dieu même lorsque l'ordre divin peut sembler absurde. Dieu vient de lui promettre une nombreuse descendance et lui demande dans le même temps d'immoler son fils unique.

Prophètes de l'islam dans le Coran
AdamHénochNoéHûdSâlihAbrahamLothIsmaëlIsaacJacobJosephJobAbraham:Mosque01
آدمادريسنوحهودصالحابراهيملوطاسماعيلاسحاقيعقوبيوسفأيوب
AdamIdrīsHūdSāliIbrāhīmLûtIsmâ`îlIshâqYa`qûbYûsufAyyûb

JethroMoïseAaronÉzéchielDavidSalomonÉlieÉliséeJonasZacharieJean-BaptisteJésus Mahomet
شعيبموسىهارونذو الكفلداودسليمانإلياساليسعيونسزكريايحيىعيسىمحمد
Chu`aybMûsâHârûnDhû'l-KiflDâwûdSulaymânIlyâsal-Yâs`aYûnasZakarīyāYahyâ`IsâMuhammad


Le sacrifice demandé à Abraham

La Bible et le Coran reprennent tous deux l'histoire d'Abraham acceptant d'immoler son fils en holocauste à Dieu. Ce geste est fondateur de l'acte de foi parfait demandé par Dieu à Abraham, auquel il vaut dans la Bible l'Alliance, et dans le Coran le fait d'être considéré comme le premier des musulmans, à cause de son acte de soumission totale à Dieu.

Mais alors que dans la Bible, l'identité du fils est claire - il s'agit d'Isaac - le Coran, lui, ne la précise pas, mais d'après les Hadiths le sacrifié était Ismaël. D'où la question posée par les commentateurs: s'agissait-il d'Isaac, fils de la femme libre, ou d'Ismaël, fils de la femme servante? La tradition musulmane la plus générale a fini par opter pour Ismaël. Dans cette tradition, Abraham s'apprête au sacrifice de son fils unique se privant ainsi de toute descendance, lorsqu'un ange arrête son bras et qu'Abraham aperçoit un bélier (ou un bouc) qu'il sacrifie alors à la place de son fils. Ce fils unique, avant la naissance d'Isaac, est Ismaël, né de Agar, servante égyptienne de son épouse Sarah. Quand Isaac naît de son épouse, celle-ci fait chasser Agar et Ismaël. Les Arabes considèrent que Ismaël est leur ancêtre. La tribu du prophète Mahomet ainsi que toutes les tribus arabes seraient des descendants directs d'Ismaël.

L'aïd al-Kebir

L'aïd al-Kebir (littéralement la grande fête), appelé aussi Aïd al-Adha, marque la fin du pèlerinage à La Mecque, au dixième jour du douzième mois du calendrier Hégérien musulman (Dhou l-Hijja). Cette fête du sacrifice est célébrée chaque année pour commémorer la soumission d'Abraham à Dieu lors de la tentative de sacrifice de son fils unique Ismaël, selon les musulmans (il existe un désaccord quant à l'identité du fils que Abraham doit sacrifier à son Dieu : le livre de la Genèse soutient qu'il s'agit d'Isaac). Chaque famille, dans la mesure de ses moyens immole un mouton en l'égorgeant couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque,en citant le nom d'Allah.

Thèse de la fin des sacrifices humains

On peut voir dans cet épisode un acte de foi, de confiance totale en Dieu devant une demande déroutante.

Cependant, on a aussi émis l'hypothèse que le sacrifice d'Abraham signifierait la fin des sacrifices humains pour les juifs, pratique qui existe et perdure chez d'autres peuples sémitiques. Les phéniciens (carthaginois en particulier) continuèrent à sacrifier les premiers nés mâles en gage de fécondité dans les sanctuaires de Tanit et de Baal Hamon. Les lieux où se pratiquaient ces sacrifices sont appelés « tophets ». Ce rite se serait prolongé jusqu'au IIe siècle avant J.-C. d'après les fouilles effectuées en Sardaigne, en Sicile et à Carthage. Dans cette perspective, Abraham aurait accompli un rite ethnique cohérent avec la promesse d'une nombreuse descendance, au lieu d'observer un commandement divin déroutant.

Bibliographie

Abraham Segal: Abraham, enquête sur un Patriarche, Plon, 1995 ISBN 2-259-02664-8

Liens vers le récit biblique

Livre de la Genèse

Voir aussi

Agarènes

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Catégories 


Personnage de la Genèse | Prophète de l'Islam

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