Angoisse
- Pour les articles homonymes, voir Angoisse (homonymie).

L'angoisse peut être définie comme émotion, en tant que sentiment durable de peur, s'adressant à un objet, à la différence de l'anxiété. L'angoisse est souvent de nature irrationnelle, contrairement à la peur.
Les classifications psychiatriques en vigueur tendent à écarter cependant la distinction entre angoisse et anxiété.
Sommaire |
Sémiologie
Crise d'angoisse (attaque de panique). Une crise d'angoisse se caractérise par une période bien délimitée de crainte et de malaise intenses, avec au minimum quatre des symptômes suivants, survenant en moins de dix minutes.
- palpitations, battements de cœur
- transpiration
- tremblements
- impression d'étouffement
- sensation d'étranglement
- douleur, gêne thoracique
- nausée ou gêne abdominale
- sensation de vertige ou d'évanouissement
- déréalisation (sentiment d'irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi)
- peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou
- peur de mourir
- sensations d'engourdissement
- frissons ou bouffées de chaleur
Parmi les approches psychopathologiques, le DSM-IV et la CIM-10 proposent une catégorie:Trouble de l'anxiété, dont un trouble de l'anxiété généralisée.
Analyse
En psychanalyse
Freud a effectué plusieurs théorisations de l'angoisse, mais aucune n'annule l'autre.
On distingue généralement deux conceptions :
- La première considère l'angoisse comme secondaire au refoulement : l'affect délié de la représentation refoulée est transformé en angoisse.
- la seconde considère l'angoisse comme un signal devant l'imminence d'un danger, l'angoisse est donc ici un processus de défense mis en place par le Moi, face à l'afflux d'excitation pulsionnelle : l'angoisse précède donc le refoulement dans cette conception.
On peut distinguer à travers l'analyse des colorations qualitatives de l'angoisse, selon l'objet de crainte :
- l' angoisse de castration est propre à la névrose. (La discussion portera par exemple sur la description que fait Freud de l'inconscient comme ignorant la négation - ici ne pas avoir .)
- l'angoisse de type dépressif (Donald Winnicott) est crainte de perdre l'objet (et non nécessairement le phallus), elle se rapporte entre autres à la position dépressive. Elle se retrouve dans les organisations de type borderline, selon Jean Bergeret (psychanalyste).
- l'angoisse de mort, plus précoce, est de nature psychotique. On l'appelle aussi angoisse de morcellement : l'angoisse porte sur l'être, et non plus sur l'avoir. Le psychotique craint sa propre disparition, son éclatement en morceaux épars.
Voir aussi
À lire
- Lacan, L'angoisse, séminaire X
Lien externe
- Bibliographie sur l'angoisse
- Ansia: University of Milan
- Les urgences psychiatriques, article du Généraliste n°2252 (13 juin 2003), format PDF (7p, 197 ko)
Catégories
Métapsychologie | Émotion
