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Arabe littéral

L'arabe littéral, littéraire ou encore classique est le nom que l'on donne à une variante de la langue arabe, celle qui est enseignée dans les classes. Il s'agit d'une langue moderne et standardisée. L'on considère que cette variété de l'arabe a sa source dans la langue poétique ainsi que dans la langue du Coran. La normalisation de cette variante de la langue fut généralisée par des grammairiens durant les premiers siècles de l'Islam. Il s'agit de la variété d'arabe retenue comme langue officielle dans tous les pays arabes, et comme langue commune entre pays arabes. Elle est également la langue employée dans la plupart des écrits et, à l'oral, dans les situations officielles ou formelles (discours religieux, politiques, journaux télévisés).

L'arabe littéral se distingue ainsi de l'arabe dialectal, qui est la langue parlée au quotidien et ce depuis la conquête arabe. Cette variété de la langue recouvre plusieurs dialectes locaux variant fortement d'un pays à l'autre. Dans tous les pays arabes, l'on parle un dialecte national composé par plusieurs dialectes locaux. Aucun d'entre ces dialectes n'est identique à l'arabe classique ou littéraire.

Cependant, avec l'élévation du niveau de l'éducation et la modernisation des modes de vie, l'écart entre la langue écrite standard et les parlers tend à se réduire. Dans la réalité des échanges linguistiques, il n'y a pas de séparation étanche entre arabe littéral et arabe dialectal, mais plutôt un continuum où dominent les formes mixtes, les locuteurs combinant, de manière variable selon les contextes, des éléments propres à leur parler et d'autres qui sont empruntés à la langue écrite.


Sommaire

Linguistique

Morphologie

L'arabe, tout comme l'hébreu, est une langue sémitique. Leur morphologie fonctionne sur le principe de radicaux principalement verbaux à trois consonnes (le plus souvent). Des voyelles s'y ajoutent pour former les différentes formes des flexions verbale et nominale ainsi que des dérivés, parfois au moyen d'affixes et d'alternances vocaliques (on retrouve là un fonctionnement proche de celui des langues indo-européennes, du moins au départ).

Par exemple, sur le radical ktb, « écrire », on peut former :

Ajouté au caractère flexionnel (et parfois introflexionnel) de la langue, il n'est pas facile de reconnaître rapidement un radical sans bien connaître la grammaire. Les recherches dans le dictionnaire ne sont donc pas facilitées.

Système phonologique

Voir phonologie de l'arabe.

Grammaire

L'arabe possède deux types de phrases : la phrase nominale et la phrase verbale.Dans le premier cas elle se compose d'un sujet et d'un attribut. Elle exprime une constatation ou une définition et le verbe est sous-entendu. L'attribut s'accorde en genre et en nombre si le sujet est au singulier, au duel et s'il s'agit d'un pluriel relatif aux êtres humains :

En revanche l'attribut prend la marque du féminin singulier s'il s'agit d'un pluriel d'animaux ou de choses inanimées ou encore s'il se rapporte à un nom d'unité ou à un nom collectif.

Les noms

L'arabe littéraire ou classique connaît un duel marqué ainsi qu'une flexion casuelle.

La terminaison des noms est déterminée par leur fonction. Il ne s'agit souvent que d'une modification de la dernière voyelle (donc invisible à l'écrit quand la graphie n'est pas vocalisée ; cf. Alphabet arabe). Exemples :

L'ordre des mots dans la phrase n'est pas libre comme dans d'autres langues connaissant une flexion casuelle telles que le gec et le latin.

Le possessif est indiqué grâce à un suffixe (madrasatuka : « ton école »).

Verbes

L'arabe possède deux aspects : l'accompli (expression du passé dans laquelle l'action est achevée), qui s'obtient par la suffixation d'éléments pronominaux à la racine du verbe et l'inaccompli, qui exprime le présent, le futur mais aussi toute action passée qui se prolonge au moment de la narration (l'inaccompli possède trois modes qui diffèrent par leurs désinences à certaines personnes).

Ainsi, contrairement aux langues indo-européennes (comme le français) qui privilégient la situation sur la flèche du temps, les langues sémitiques privilégient l'état accompli ou non. Cela donne un éclairage nouveau sur les textes bibliques : pour Dieu, une action accomplie peut se situer temporellement dans le futur. De telles choses sont difficiles à rendre dans une langue indo-européenne car si l'on choisit le futur, on perd la notion d'inéluctabilité, et si l'on choisit le passé, on fait un contresens.

On peut aussi mentionner :

Écriture

Voir alphabet arabe.

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Langue arabe | Langue liturgique

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