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Archevêché d'Arles

Si la date de la fondation du diocèse d'Arles est inconnue, il n'en est pas moins vrai que la création de ce diocèse remonte au tout début de l'installation de l'Église en France. Ainsi une légende raconte que vers 220-240, saint Trophime aurait été le premier prélat de la cité. Plus probant, une correspondance papale mentionne l'évêque Marcianus en 254. C'est ce Marcianus qui reste à ce jour le premier chef historiquement connu de l'épiscopat arlésien.

En 794, au concile de Francfort, l'archevêché d'Arles est réduit une première fois par déduction des diocèses d'Embrun et d'Aix, puis en 1475 à la mort de Philippe de Lévis, le pape Sixte IV réduit une seconde fois le diocèse : il détache le diocèse d'Avignon de la province d'Arles, l'érige en Archevêché et lui attribue comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison.

Cet archevêché va exister jusqu'à la Révolution, mais le 12 juillet 1790 l'Assemblée Nationale décide d'abolir le siège archiépiscopal d'Arles ainsi que son Chapitre. Deux ans plus tard, en septembre 1792, disparaît le dernier archevêque d'Arles, Monseigneur du Lau assassiné aux Carmes (Paris).

Finalement, cet archevêché est rattaché à celui d'Aix en 1801.

Toutefois, l'histoire a failli ne pas s'arrêter là : le 11 juin 1817, un projet de Concordat rétablissant les sièges épiscopaux, propose Jean-Claude Le Blanc-Beaulieu, évêque de Soissons sur le siège d'Arles. Devant l'opposition des Chambres, le projet est retiré puis repris partiellement dans la loi du 4 juillet 1821 , loi qui sera cette fois-ci définitivement funeste à l'archevêché d'Arles.



Sommaire

Liste des évêques et archevêques d'Arles

IIIe siècle

Naissance probable du diocèse d'Arles; une lettre de Saint-Cyprien (Epistula LXVIII) adressée au pape Etienne pour la défense des chrétiens repentants de la ville d'Arles (après les persécutions de Dèce) mentionne pour la première fois le nom d'un évêque, Marcianus. Cette lettre est datée de 254 [1].

IVe siècle

Au début du siècle en 303 - 304, les persécutions de Dioclétien contre les chrétiens sont à l'origine d'une légende probablement vraie : le martyr de l'arlésien Saint-Genest. Cette anecdote rappelle l'implantation précoce du christianisme dans la cité. Parallèlement à cette présence, l'importance de l'archevêché d'Arles au IVe siècle est illustrée par les conciles qui s'y tiennent respectivement en 314 sous la présidence de Marin et en 353 sous celle de Saturnin à la demande des empereurs romains.

Ve siècle

Au Ve siècle, les évêques d'Arles profitant du nouveau statut de leur cité s'efforcent d'unifier l'Église des Gaules sous leur seule juridiction apostolique.
Ils y réussissent temporairement une première fois le 22 mars 417, lorsque le pape Zosime élève l'Église d'Arles au rang de primatiale des Gaules en faveur de son évêque Patrocle. Le pape confirme ainsi le rôle important que tient alors Arles, nouvelle préfecture du prétoire des Gaules. Patrocle, devenu vicaire en Gaule, est investi du pouvoir de délivrer aux évêques les " lettres formées " sans lesquelles ils évêques ne peuvent s'absenter de leur diocèse et se présenter à Rome.Par ailleurs, par édit du 17 avril 418, reçu à Arles le 23 mai, cette cité est choisie comme lieu d'assemblée annuelle des sept-provinces du diocèse de Viennoise (Viennoise, Narbonnaise I et II, Aquitaine I et II, Novempopulanie et Alpes-Maritimes), laquelle assemblée doit se tenir chaque année entre le 13 août et le 13 septembre, en présence du préfet du prétoire, des gouverneurs des provinces, des nobles revêtus de dignités officielles et des députés des curies.
Toutefois le privilège de Patrocle est annulé dès 418 par Boniface Ier, le successeur de Zosime.
L'Église d'Arles qui est alors investie par des moines-évêques de l'abbaye de Lérins fondée vers 404 par Honorat, est ensuite sanctionnée en 445 par le pape Léon 1er à la suite d'interventions imprudentes de son évêque Hilaire.
Néanmoins dès 450, à la l'initiative de dix neuf évêques de Viennoise, Narbonnaise seconde et Alpes maritimes, il est demandé au pape Léon Ier de reconnaître à nouveau la pleine et entière primatie d'Arles et de son évêque Ravennius sur les Gaules. Ce qu'il fait en partie.
Et à la fin du siècle, en mars 492, lorsque le pape Gélase Ier, écrit à Eone l'archevêque d'Arles, pour lui faire part de son élection et pour le charger d'en informer les évêques des Gaules, il reconnaît encore comme son prédécesseur la primatie de l’Eglise d’Arles.

Vers l'an 500, la cité archiépiscopale comprend trois églises :

  1. la basilica Constantia, sur laquelle nous avons très peu d'informations mais il pourrait s'agir d'une ancienne église du début du IVe siècle (lieu du concile de 314 ?) batie sur un temple romain et devenue ensuite Sainte Marie Majeure, puis Notre Dame de la Major,
  2. l'ecclesa publica, l'ancienne cathédrale construite au milieu du IVe siècle dans la partie sud-est de l'Auture et dont les traces archéologiques ont été découvertes en décembre 2003,
  3. et la basilica beati et primi martyris Stéphani, bâtie au Ve siècle et qui devient à la fin de ce siècle la cathédrale de la ville (elle deviendra plus tard Saint-Trophime),


VIe siècle

En 513, le pape Symmaque donne à Césaire le droit de porter le pallium et fait de lui son représentant en Gaule. Des liens particuliers sont alors établis entre la royauté et l'évêché; il faut en effet se rappeler que la désignation des évêques par les rois mérovingiens est devenue la règle au milieu du VIe siècle. Toutefois Arles perd peu à peu de son influence et, après de nombreux rebondissements (Aurélien en 548, Sapaudus en 557, Virgile en 595), le patriarche de Lyon devient le seul chef de l'Église des Gaules. Il est possible que cette perte d'influence résulte du déplacement du pouvoir politique vers le nord de la France à la suite du rattachement, pourtant souhaité par les archevêques d'Arles, de la Provence aux Francs en 536.

VIIe siècle

L'Eglise d'Arles tombe au fil du VIIe siècle dans une profonde décadence alimentée par la brutalités des moeurs et l'ignorance de plus en plus grande des clercs. Si en 613, Forianus se voit encore conférer le pallium et le vicariat, l'archevêché d'Arles s'efface progressivement dans les années qui suivent. On mentionne encore un concile tenu à Arles en 682 sous la direction de Felix, puis après 683, plus rien. Les patrices mettent la main sur la plupart des biens ecclésiastiques et il est probable que le diocèse d'Arles ait été sans évêque pendant de longues années. En tout cas, la liste des archevêques comporte de grandes lacunes dans ce siècle et le suivant.

VIIIe siècle

Charles Martel après avoir ravagé la Provence distribue les biens ecclésiastiques à ses leudes. Les évéchés en ruines sont dans les mains des laïques et les monastères sont dévastés par les bandes de mauresques. A Arles un seul évêque est connu de cette période : Elifantus.

IXe siècle

La renaissance carolingienne améliore le triste état de l'église arlésienne. Sur l'ordre de Charlemagne le concile d'Arles de 813 contribue à la restauration du temporel des l'églises provençales d'Arles et de Marseille.
L'empereur associe étroitement les évêques à l'administration et à partir de cette époque, les prélats arlésiens participent aux assemblées des grands et aux luttes liées à la désagrégation de l'Empire.
Finalement à la fin du IXe siècle, le pouvoir temporel et le prestige des archevêques d'Arles dominent l'Église provençale. Ainsi au printemps 878, Boson et l'évêque d'Arles Rostang accueillent à Arles le pape Jean VIII qui fuit l'Italie. A cette occasion, Rostang reçoit le pallium. Peu de temps après, en octobre 879, à Mantaille (près de Valence), Boson se fait sacrer Roi de Provence avec l'appui de l'évêque d'Arles. Seuls trois prélats provençaux, dont l'archevêque d'Arles, sur vingt-trois au total et onze présents soutiennent cette prise de pouvoir ce qui souligne l'engagement fort de l'épiscopat arlésien auprès des princes bourguignons dès cette époque. Quelques années plus tard en 890, le même prélat participe activement à la réunion de Valence qui organise un royaume de Provence autour du roi Louis III, le fils de Boson.

Xe siècle

On a pu parler de la « prépondérance écrasante de l'archevêque d'Arles » (J.-P. Poly). L'archevêque d'Arles devient le seul métropolitain en Provence. Il réussit à placer à la tête des évêchés des clercs de son entourage. Les évêques de Fréjus, de Vaison, de Venasque, résident à Arles et exercent les fonctions de prévôt du chapitre. Les évêques ne jurent plus fidélité au roi, mais à l'archevêque d'Arles.

XIe siècle

Alors vinrent des évêques qui n’en étaient pas, mais bien des loups rapaces, envahisseurs simoniaques, publiquement mariés… c’était là non des pasteurs, mais des mercenaires ; ils ne gardaient pas les brebis, mais tondaient la laine et suçaient le lait.
Cette notice, rédigée lors d'un concile d’Avignon est révélatrice de la situation de l’Église provençale tombée aux mains des laïcs. Les familles de la région mettent la main sur les sièges épiscopaux et sur les chapitres.
Toutefois, le XIe siècle, c'est aussi l'époque de la réforme de l’Église (Réforme Grégorienne) et à Arles comme ailleurs, les archevêques n’ont pas tous eu la même attitude

À propos de cette situation, le pape Urbain II de passage en France en 1095-1096 pour précher la première croisade (Concile de Clermont en 1095), sillonne les villes du Languedoc et de Provence (Montpellier, Nimes, Saint-Gilles, Avignon, Aix, ...) tout en évitant soigneusement la cité d'Arles alors aux mains d'un évêque banni.

XIIe siècle

Entre 1096 et 1119, l'Église profite de l'absence des dynasties locales, parties en croisade, pour mettre de l'ordre dans sa hiérarchie, plaçant des réformateurs à la tête de ses évêchés. A Arles, la rebellion épiscole d'Aicard de la fin du XIe siècle entraine un déclin du diocèse arlésien jusqu'aux années 1150.
C'est également à cette époque que les archevêques d'Arles font de Salon-de-Provence leur résidence principale. La richesse du terroir, la protection offerte par le château de l'Empéri d'une part et l'agitation urbaine d'Arles avec la création du consulat d'autre part, expliquent ce choix dans une période troublée par les guerres et les révoltes. La ville et son château sont ainsi liés pendant sept siècles à la temporalité de l'Église d'Arles.
En Provence, on assiste alors après les graves tensions de la période grégorienne à une normalisation des relations entre les évêques et les grands laïcs de manière concomittante à la diffusion des usages féodo-vassaliques au bénéfice des seigneuries ecclésiastiques. A Arles toutefois, la féodalisation des relations entre l'archevêque d'Arles et les Baux évidente dès les années 1180, s’applique avec une particularité : l’augmentation des domaines inféodés à cette grande famille.
A partir de 1180, l'importance de l'archevêché d'Arles passe progressivement au second rang, derrière celle d'Aix où les comtes de Provence viennent de s'installer.

XIIIe siècle

L'épiscopat de Jean Baussan marque un tournant dans l'histoire de l'archevêché d'Arles : à la suite des troubles de 1236-1237 puis de 1245-1250, l'archevêque qui a demandé l'aide du comte de Provence Charles Ier d'Anjou dans son conflit avec le pouvoir urbain de la cité, perd la plupart de ses prérogatives temporelles sur la ville.

XIVe siècle

Si le XIIIe siècle s'est terminé de façon catastrophique pour l'archevêché d'Arles avec la perte du pouvoir temporel, le XIV siècle ne lui est pas plus favorable : recul démographique affectant les clercs et entrainant la disparition de paroisses urbaines (peste de 1347-1348), destruction des églises du faubourg (guerres de 1355 à 1398), et surtout installation de la papauté à Avignon, en 1309 avec le pape Clément V.
En résidant à Avigon et en se réservant le gouvernement de l'Église de ce diocèse, les papes deviennent des évêques suffrageants du prélat arlésien et affaiblissent donc son autorité de métropolitain. La proximité de la papauté affecte aussi le recrutement des archevêques. Autrefois d'origine provençale ou languedocienne, les prélats d'Arles sont désormais des compatriotes ou des parents dont on veut récompenser les services. Ils sont également des oiseaux de passage dans un diocèse qui n'est qu'une étape de leur carrière écclésiastique et plusieurs occupent même de hautes fonctions à la cour pontificale : à la Rote (Guillaume de la Garde), à la Chancellerie (Gaillard de Saumate), aux causes apostoliques (François de Conzié) et trois d'entre eux sont cameriers (Gasberg de Laval, Pierre de Gros, François de Conzié). Deux sont enfin cardinaux (Jean de Rochechouard et Pierre de Gros). Ils ont donc peu présents dans leur diocèse et Arles cesse d'être la résidence de ses archevêques.
A la fin du siècle, au début du Grand Schisme (1378-1418), les comtes de Provence profitent de la situation pour usurper des droits de l'Eglise d'Arles.

XVe siècle

Au début du XVe siècle, les archevêques d'Arles, principalement Jean Allarmet de Brogny et Louis Aleman, tous deux cardinaux, interviennent en première ligne dans les affaires de l'Église (conciles, conclaves, élections de papes et d'antipapes, etc.), secouée par le Grand Schisme puis par le concile de Bâle.

Quelques années plus tard en 1475, à la mort de Philippe de Lévis, le pape Sixte IV réduit le diocèse d’Arles : il détache le diocèse d'Avignon de la province d'Arles, l'érige en Archevêché et lui attribue comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison.
Les archiépiscopats d'Eustache de Lévis et de son successeur Nicolas Cibo marquent la fin du monnayage d'Arles.

XVIe siècle

XVIIe siècle

Le XVIIe siècle correspond à la Contre-Réforme. A Arles, ce mouvement se traduit par une phase d'embellissement du bati diocésain (Capucins, Carmes) et un regain d'évangélisation des campagnes, notamment en Camargue où de nombreuses nouvelles églises sont édifiées (Villeneuve, Galléjon, Boismeaux).

XVIIIe siècle

L'archevêché d'Arles disparait à la Révolution. C'est en effet le 12 juillet 1790 que l'Assemblée Nationale décide d'abolir le siège archiépiscopal et le Chapitre de cette cité.

Aujourd'hui

Depuis 1801, Arles appartient à l'Archidiocèse d'Aix et Arles.

Notes

  1. Lettre de Saint-Cyprien (Epistula LXVIII) adressée au pape Etienne
    Frère Cyprien à Etienne,
    Notre collègue Faustinus, de Lyon, un frère qui nous est très cher, m’a écrit à deux reprises en me disant que Marcianus qui est à Arles, porte contre les chrétiens repentants la très grave accusation d’hérésie, si bien que les serviteurs de Dieu qui se repentent, souffrent et implorent l’église dans les larmes, les gémissements et la douleur, se voient refusées la consolation et l’aide de la piété divine et de la douceur du Père ; alors qu’ils sont blessés, ils n’ont pas le droit de venir soulager leurs blessures, mais sans espoir d’apaisement et de communion, ils sont laissés en pâture aux loups et jetés en proie au diable.

Voir aussi

Articles connexes

Sur le web

Bibliographie

Catégories 


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