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Astrologie scientifique:Effet Mars: Distribution de Mars dans le ciel de naissance d'athlètes, d'après Gauquelin.
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Effet Mars: Distribution de Mars dans le ciel de naissance d'athlètes, d'après Gauquelin.

L'astrologie scientifique est une étude scientifique et expérimentale de l'astrologie, qui vise à déterminer par des tests statistiques si une corrélation peut ou non être observée entre les phénomènes étudiés par l'astrologie (planètes, signes, domification, aspects, transits...) et des évènements factuels dans la psychologie ou la destinée humaine.

Question polémique

Ce domaine de recherche est très polémique.

Les chercheurs de ce domaine qui ont revendiqué des résultats positifs alimentent cette polémique, se posant souvent à la fois comme victime de l'hostilité scientifique et pourfendeur de l'obscurantisme astrologique traditionnel.

Epistémologie et Sociologie des sciences

Ces polémiques présentent un "cas d'école" d'un intérêt indéniable pour la sociologie des science. L'hostilité du monde scientifique est un bon exemple soulignant la différence (et parfois l'opposition) entre la "science" officiellement admise (et potentiellement dogmatique) et la liberté revendiquée par la "recherche" de choisir son propre sujet. Sur le plan épistémologique, l'attitude des astrologues est l'exemple typique retenu par Poper d'un discours qui refuse sa propre falsification, interdisant ainsi une critique objective de ses affirmations.

Résultats de recherche

Pour ce qui est du fond, ce domaine n'a produit en un siècle d'existence que peu d'études. Les données statistiques sont assez difficile à collecter (dates, heures et lieux de naissance d'un échantillon de population "représentatif") par rapport à un sujet d'investigation qui ne reçoit aucun financement public. Ces études sont par ailleurs très contestées. Sur le plan statistique, les analyses de corélations sur des dates et heures de naissances contiennent de nombreux biais potentiels, généralement mal maîtrisés. Les critères de sélection de l'échantillonage sont souvent subjectifs et facilement contestables. Enfin, l'appréciation de l'effet à mesurer (souvent un succès professionnel ou un trait psychologique) n'est pas toujours facile à caractériser.

Les premiers pas

Après que la science moderne ait enterré la pratique divinatoire et prédictive de l’astrologie au siècle des Lumières, la doctrine astrologique a été remise au goût du jour, au début du XXe siècle par les travaux de Paul Choisnard, un polytechnicien français, officier de l’armée, formé aux statistiques. Ce dernier effectue les premières études statistiques sur l’astrologie et présente des conclusions qui seraient favorables à la doctrine astrologique au travers d’une enquête sur 1500 personnes ayant acquis une réputation d’où il tirerait une fréquence anormalement élevée de la présence de Jupiter à la position appelée milieu du ciel. Il pose ainsi les bases de l'astrologie scientifique, c'est à dire de l'astrologie étudiée avec des moyens scientifiques, mais ne prend pas en compte les biais astronomiques, démographiques et sociologiques dans ses calculs et tire souvent de fausses conclusions.

Le « fait » de Paul Choisnard est ténu, sa méthode incomplète et ses résultats contestables, mais ces travaux ouvrent la voie à une « astrologie scientifique » qui se distingue des pratiques divinatoires et prédictives et se concentre sur une tentative de vérification de la tradition astrologique au moyen d’une démarche scientifique, démarche poursuivie en France par Léon Lasson dans les années 20 et 30 et qui s’étend en Allemagne. Ce sont des ingénieurs qui se penchent outre Rhin sur la question et les échecs sont fréquents, comme l’étude exposée par Hans Ritter sur 2230 naissances de musiciens qui ne révèle « aucune corrélation absolue pour la composition musicale ».

Le suisse Karl Ernst Krafft, reprenant l’idée, s’investit dans la recherche mais avec la particularité de se soustraire des présupposés de la tradition astrologique pour n’en garder que les principes fondamentaux. Il développe un concept de recherche fondamental dont il tire une nouvelle idée, abordée par Choisnard, l'hérédité astrale, qui reste à l’état de recherche embryonnaire.

L'apport des Gauquelin

Un psychologue français, Michel Gauquelin, travaillant avec sa femme Françoise Gauquelin, reprend les travaux de Choisnard en les critiquant et en les corrigeant dans les années 1940. Il publie dans les années 1950 et 1960 les premiers résultats de ses propres travaux d’où il tirerait une corrélation entre la position de Mars dans le ciel et une population de sportifs. Il ravive ravive aisni le débat en publiant ses résultats sur l’Effet Mars qui voudrait que les sportifs aient une fréquence plus élevée que la moyenne, de présence de Mars dans certains secteurs du ciel.Très critiqué, son "Effet Mars" fait l’objet de plusieurs vérifications scientifiques controversées jusqu’à la fin du XXe siècle.

Michel Gauquelin, en collaborant aux vérifications de ses travaux avec des organismes scientifiques rationalistes et septiques, tirera de son expérience, des corrections de ses études et des règles fiables pour étudier scientifiquement l’astrologie. Il affermit les bases posées par Choisnard et fait école.

Cette fois, c'est la communauté scientifique qui développe la controverse au travers de vérifications menées par des organismes qui luttent contre les pseudo-sciences et les superstitions. Les vérifications aboutissent à des conclusions controversées à la fin des années 80.

La rigueur des travaux de Michel Gauquelin, saluée dans la revue The Skeptical Inquirer (Voir note 3), a ouvert la voie à une vérification scientifique des principes soutenus par l'astrologie. La démarche se développe en France principalement autour du RAMS (Recherche en astrologie par des moyens scientifiques) et de André Barbault, et plus récemment, de Hervé Delboy et Didier Castille. La recherche de nouveaux "effets" n’arrive pas à lever entièrement le doute des biais à caractères sociologiques, culturels, héréditaires et autres. Ces recherches se sont aussi étendues aux USA, en Italie, en Allemagne…

Etudes récentes

En 1993 parait dans "Les cahiers conditionnalistes" une étude statistique [1] qui démontrerait une corrélation entre les aspects Mercure-Saturne et les qualités de joueur d'échec. Bien que l'objet théorique de cette étude soit fort restreint, la confirmation de sa validité contredirait le dogme de l'impossibilité d'une influence des astres.

Dans les années 2000, Didier Castille, statisticiens de l’INSEE mène la plus grosse étude scientifique sur une population de plusieurs millions de français d’où il tire une corrélation entre dates de naissance et dates de décès des individus[2] qui n'a pas été controversée à ce jour mais qui n'a pas été publié, à ce jour, dans une revue scientifique à comité de lecture. L'auteur lui-même remarque que la corrélation obtenue pourrait s'expliquer par exemple par un taux de suicide plus grand le jour des anniversaires, ou plus simplement par des accidents de voitures dus à des anniversaires trop arrosés. En somme, que des facteurs non liés aux astres mais bien reliés à la date de naissance, pourraient expliquer les corrélations mises en lumière.

Derniers développements

Les résultats des recherches en astrologie par des moyens scientifiques semblent avoir affecté la société civile qui ré-introduirait petitement l’astrologie, non pas comme science, mais comme une discipline méritant une forme nouvelle d’attention. Ainsi l’ouvrage « Astrologie » de la collection « Que sais-je ? » des éditions PUF, initialement rédigé par un astronome ouvertement hostile à l’astrologie, a été remplacé par un ouvrage de Mme Suzel Fuzeau-Braech, fondatrice du RAMS, pour changer à nouveau en 2005 (Voir note 1). Après 300 ans d’absence dans les universités, quatre actions universitaires dans le monde ayant trait à l'astrologie viennent de voir le jour, comme l’indique Jean Dommanget du Comité belge para dans son article L’Astrologie à l’assaut de l’Université, marquant un intérêt croissant des universités pour l'astrologie (Voir note 2).

Ces évènements récents ne doivent pas pour autant faire oublier qu’au jour d’aujourd’hui, les résultats d'expériences visant à démontrer la validité de l’interprétation des thèmes astraux par des astrologues ou des ordinateurs sont nuls. Il manque à l'astrologie l'observation formelle d'un éventuel « fait astrologique ». L'Effet Mars de Gauquelin a ouvert la voie de recherche d'un tel phénomène. Les études statistiques actuelles, de plus en plus longues et complètes, menées sur des millions d'individus par Didier Castille en France (Un Lien entre la Naissance et le Décès) semblerait mettre en évidence une corrélation entre des phénomènes astronomiques et terrestres.

Bilan actuel de l'astrologie scientifique

Mais à ce jour, aucune cause rationnelle ne saurait être établie entre la position et le mouvement des astres et les évènements terrestres. Si l’identification d’une causalité devient une préoccupation des partisans d’une recherche en astrologie par des moyens scientifiques (Voir Note 4), à l’aune de nos connaissances actuelles, les recherches observent et discutent d’effets réputés sans cause.

Le XXe siècle restera le siècle de l’entrée de la démarche scientifique dans l’astrologie. Cette approche nouvelle, même si elle n’est pas reconnue par l’ensemble des astrologues, ni des scientifiques, aura considérablement fait avancer la discipline en épurant sa doctrine, grâce au développement d’arguments contradictoires à caractère astronomique, sociologique ou démographique. Ainsi Françoise Gauquelin en notant dans une étude que les angles entre planètes qu’elle appelle « durs » (90° et 180°) sembleraient plus fréquents chez les personnes ayant effectué une carrière remarquable, extrait-elle de la tradition la superstition de "mauvais" et de "bons" aspects astrologiques pour redéfinir ce facteur sur un plan moins déterministe, tendance dont les astrologues modernes ne peuvent plus se départir. Yves Lenoble quand à lui rappelle l’influence considérable que le père de l’astrologie scientifique, Paul Choisnard, a eu sur la quasi totalité des praticiens et des chercheurs en astrologie d’aujourd’hui, en inventant la représentation graphique moderne des thèmes astraux avec leur forme astronomiquement plus juste, loin de l’abstraction ésotérique des représentations carrées et triangulaires d’antan.

Si l'inconstance des résultats de l'astrologie scientifique semble la rapprocher plus sérieusement des sciences humaines que du caractère d'exactitude de sciences physiques, sa démarche et ses apports ont pris une place prépondérante dans le développement de l'astrologie moderne.


Notes et références

Bibliographie

Articles réfutant l'astrologie

Articles réfutant la recherche de causalité pour valider l'astrologie

Articles acceptant l'étude scientifique de l'astrologie

Un siècle de statistiques astrologiques

Histoire de l'astrologie et de la science

Paul Choisnard

KE Krafft

Michel Gauquelin

Jean Barets

André Barbault

Suzel Fuzeau Braesch

Suzel Fuzeau Braesch & Hervé Delboy

Editions de L'Astrologie chez Que Sais-je, PUF

Organisations de recherche en astrologie

Catégories 


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