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Auschwitz

Auschwitz:Entrée d'Auschwitz II - Birkenau
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Entrée d'Auschwitz II - Birkenau

Auschwitz (Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau) était le plus grand camp de concentration et d'extermination nazi. Il se situe dans la ville d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) à 60 kilomètres à l'ouest de Cracovie (en Petite-Pologne, région de Pologne, pays alors occupé par l'Allemagne). Il fut créé en mai 1940 et opéré par les SS, puis libéré par l'armée soviétique le 27 janvier 1945.

Auschwitz:Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »).
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Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »).

En 5 ans, pas moins de 1,3 million d'hommes et de femmes trouvèrent la mort à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains de la mort, à Auschwitz-Birkenau : soit emmenés dans les chambres à gaz, soit abattus. Le reste des prisonniers finissait par mourir de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements, d'expériences médicales voire de gazage après tous ces sévices.

Auschwitz, pour être le plus grand camp d'extermination de tous les temps, est considéré comme le symbole des meurtres en masse nazis, du génocide dans lequel près de 6 millions de personnes perdirent la vie, dont 90% de juifs : le symbole de la Shoah.

A l'instar des autres camps de concentration, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler et de ses SS. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höß jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer. Höß fournira des descriptions détaillées du fonctionnement du camp dans son autobiographie mais aussi lorsqu'on l'interrogera lors du procès de Nuremberg. Retrouvé par les Alliés en Bavière, où il se cachait sous une fausse identité, il est condamné à mort par un tribunal polonais et pendu en 1947 face au crématorium d'Auschwitz I.

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Sommaire

Auschwitz: un complexe de 3 camps

Auschwitz:Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944
Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944

Le complexe concentrationnaire d'Auschwitz était principalement constitué de trois camps :

Ces 3 camps étaient complétés d'une cinquantaine de petits camps dispersés dans la région et placés sous la même administration.

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Auschwitz I

La création du camp souche Auschwitz I est décidée par la SS en février 1940 sur l'emplacement d'anciennes casernes polonaises, vides depuis que la région a été annexée par le Reich. Les premiers prisonniers polonais arrivent en juin 1940. Auschwitz est à l'origine un camp de concentration et de travail forcé. Le camp accueille les hommes politiques et les intellectuels opposés au régime nazi avant d'accueillir des prisonniers de guerre soviétiques, des criminels allemands, des prisonniers politiques, ainsi que des « éléments asociaux » (vocable nazi) tels que les tziganes, les prostituées, les homosexuels, les témoins de Jéhovah et les Juifs. En 1940, le camp interne compte entre 13 000 et 16 000 hommes. Le nombre de détenus ira jusqu'à 20 000 en 1942.

Auschwitz:Vue du camp Auschwitz I en hiver
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Vue du camp Auschwitz I en hiver

L'entrée dans le camp se fait par un portail qui porte l'inscription, reprise de Dachau, Arbeit macht frei : « Le travail rend libre ». Chaque jour, lorsque les prisonniers quittaient le camp pour aller travailler, c'était au rythme d'une marche mise en musique par un orchestre de détenus. Il en allait de même lorsque de nouveaux trains arrivaient : la musique continuait.

Pour surveiller les détenus, les SS puisaient parmi les plus violents des criminels allemands reconnus pour des actes de violence. Ce sont les Kapo. Les détenus étaient identifiés par un symbole cousu sur leur combinaison de bagnard : prisonnier politique, juif... Ces derniers étant les plus mal traités.

Les prisonniers travaillaient pendant 6 jours, si ce n'est 7 par semaine. Le dimanche était réservé à la toilette personnelle. Ce qui causa rapidement de nombreux décès pour malnutrition et manque d'hygiène.

Afin d'accélérer le processus de mort, les SS testèrent dès septembre 1941 un gaz pesticide, le Zyklon B, dans les caves du block 11. 600 prisonniers de guerre sovietiques et 250 prisonniers politiques polonais furent ainsi gazés. Les SS utilisèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire composé de 3 fours. Cette installation fut en service entre 1941 et 1942, avant d'être transformée en bunker de protection en cas d'attaque aérienne. Pour cette raison, le bâtiment n'a pas été détruit par les nazis. Le four crématoire actuellement visible y a été reconstruit après la guerre à partir du matériel original resté sur place.

En 1942, le camp vit également l'arrivée des premières femmes. Entre avril 1943 et mai 1944, les femmes juives servirent de cobaye pour des expériences de stérilisation pour le Professeur Carl Clauberg. Le docteur Josef Mengele, quant à lui, faisait toute sorte d'expérimentations sur tout type de détenu, surtout sur des enfants jumeaux. Lorsque les prisonniers ne guérissaient pas assez rapidement, ils étaient alors tués par injection de phénol au coeur.

Sur les ordres de Himmler, le block 24 fut transformé en bordel pour récompenser le personnel de surveillance.

Auschwitz II Birkenau

Auschwitz:Le parcours des déportés vers la chambre à gaz
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Le parcours des déportés vers la chambre à gaz

Ce que beaucoup nomment « Auschwitz » est en fait le camp de Birkenau, qui comprend le centre d'extermination ainsi qu'un gigantesque camp de travail forcé. C'est là que périrent 1,1 million d'individus, principalement des juifs et des Tziganes.

Le camp se situe, à 3km d'Auschwitz I, à l'emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand) détruit pour construire le camp. D'une capacité théorique de 100 000 détenus, il s'étend sur une superficie de 170 hectares. Il comprend, dans sa configuration finale, 3 parties ou Lager : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée. Chacun des Lager est entouré de murs de barbelés électrifiés à haute tension. Certains détenus désireux de se suicider se jetaient sur ces fils de fer.

Dans un premier temps, Himmler avait pensé Birkenau comme une extension d'Auschwitz destinée à accueillir des prisonniers de guerre soviétiques dans le cadre de l'invasion de l'Union soviétique. Ce sont d'ailleurs ces prisonniers soviétiques qui commencent à construire les baraquements en brique qui deviendront plus tard le camp des femmes. Le rôle principal de Birkenau, défini dès fin 1941, a ensuite été d'appliquer la solution finale de la question juive, c'est à dire la mise à mort systématique et programmée des Juifs d'Europe. Dans ce but les nazis firent construire à Birkenau 4 complexes de chambres à gaz-crématoriums (K II, K III, K IV et K V). La construction débuta en 1942. Le K I est l'ensemble chambre à gaz-crématorium d'Auschwitz I. Les ont précédé deux anciennes fermes situées à proximité du camp et transformées en chambres à gaz, nommées la maison rouge et la maison blanche. C'est dans ces fermes (bunker I et II) que sont mort une part importante des juifs déportés de France.

Les détenus arrivaient de toute l'Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bétail. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore asphyxiés.

Pendant la plus grande partie du fonctionnement du camp, les déportés arrivaient au niveau de l'ancienne gare de marchandise d'Auschwitz (la Judenrampe) et marchaient jusqu'à Birkenau. La voie fut prolongée au printemps 1944 pour terminer son trajet a l'intérieur de Birkenau, au plus près des dispositifs de gazage.

Auschwitz:Photo extraite de L'album d'Auschwitz, prise fin mai 1944 par un gardien SS. Sélection des nouveaux Juifs déportés sur le quai à Auschwitz-Birkenau.
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Photo extraite de L'album d'Auschwitz, prise fin mai 1944 par un gardien SS. Sélection des nouveaux Juifs déportés sur le quai à Auschwitz-Birkenau.

A peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « sélection ». D'un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l'autre, les adultes (en théorie à partir de 16 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Souvent, le docteur Josef Mengele se servait parmi les nouveaux venus pour conduire ses expériences.

Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu'on stockait dans des entrepôts appellés « Canada » dans le jargon du camp. Ces objets personnels étaient ensuite pour la plupart envoyés en Allemagne.

Les survivants à ce premier tri étaient organisés en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d'oeuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l'intérieur du camp.

Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 2000 personnes à la fois. Une pièce, espace douche factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d'où le zyklon B était jeté. C'était la mission du Sonderkommando choisi parmi les prisonniers. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoriums contigus. Vers la fin de la guerre, alors que les crématoriums tournaient à plein régime, les nazis tuèrent encore plus et brûlèrent les corps dans des fosses.

En mars 1944, 440 000 juifs hongrois sont déportés à Auschwitz-Birkenau après que la Wehrmacht eut pris le contrôle de la Hongrie. 250 000 d'entre eux furent assassinés, les autres envoyés dans des camps de travail.

Le 7 octobre 1944, des membres du Sonderkommando, 250 prisonniers responsables des corps des personnes après gazage, se soulèvent. Ils s'étaient procuré des explosifs subtilisés par un kommando de jeunes femmes juives, assez pour détruire partiellement le crématoire IV. Après l'explosion ils coupèrent les barbelés électrifiés à l'aide de pinces d'électricien fabriquées à la hâte, et s'échappèrent dans la forêt. Mais leur fuite échoua et la plupart du groupe fut liquidé, peu survécurent.

Auschwitz III Monowitz

Le gouvernement nazi travaillait avec les industriels allemands (fonderie, industrie chimique, armement...). L'usine IG-Farben de la Buna à Monowitz utilisait 10 000 détenus d'Auschwitz. Sous-alimentés et maltraités, ces derniers finissaient par mourir au travail, si ce n'est dans les chambres à gaz à l'occasion d'une sélection ou dans des expériences médicales.

Ce que savaient les Alliés

Auschwitz:Vue aérienne du camp d'extermination
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Vue aérienne du camp d'extermination

Entre 1940 et 1942, les informations arrivent au goutte à goutte, notamment concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’est, premier mode d’extermination des Juifs par des commandos. La crédibilité de la politique d’extermination est garantie à l’été 1942 avec le célèbre télégramme Riegner du 8 août 1942.

A l’automne 1942, des rescapés des horreurs nazies témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Et le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques, et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant de représailles leurs auteurs.

Les forces alliées savaient, c’est la thèse de la majorité des historiens, et pourtant ils n’ont sauvé que quelques dizaines de milliers de Juifs par voies diplomatiques, sans avoir recours aux moyens militaires. L’inaction sur Auschwitz a été un choix, ce qui est bien difficile à admettre sans ternir le portrait idyllique des Alliés brossé par l’Histoire. Deux angles servent généralement d’étude à la question : la stratégie militaire et les inerties politiques.

Les Alliés étaient au courant de l'existence des camps d'Auschwitz avant 1944 mais ne croyaient pas à la thèse de l'extermination de masse. Jusqu'à ce que deux prisonniers échappés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, leur fassent un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort, peu de temps avant le débarquement en Normandie.

Il a fallu attendre 2003 pour que la Royal Air Force dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherchait des installations militaires ne s'attarda pas sur les camps… L'information arriva pourtant jusqu'aux oreilles de Winston Churchill qui se décida finalement pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par une attaque aérienne.

Les travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les Alliés avaient connaissance de la solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et à moindre titre la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les Nazis s’acharnaient à dissimuler.


Auschwitz, une cible militaire inexistante

Le camp à portée de tir

Les Alliés ont attaqué Monowitz le 13 septembre 1944, usine de fabrication de pétrole synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz. Certaines bombes sont mêmes tombées sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid est la démonstration absolue qu’un assaut aérien sur Auschwitz était dans la capacité des Alliés. En 1942, Churchill, sous la pression du Parlement et de l’Église anglicane, avait donné l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui a été répondu que les cibles étaient hors de portée d’action.

C’est donc seulement à partir de 1944, lorsque les forces de frappe américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps peuvent être détruits. La Luftwaffe est inopérante depuis bien longtemps, les Alliés contrôlent totalement les airs. Les quelques doutes pouvant subsister sur l’ampleur des atrocités, les exterminations systématiques sont désormais dissipés en 1944. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leur colonne de la solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz.

Le Secrétaire d’État à la guerre John Macloy refuse car la cible n’est pas militaire.

Mise en doute de l’efficacité d’un bombardement

Les historiens réfutant l’hypothèse d’une négligence intentionnelle des Alliés se fondent sur un argument majeur : les bombardements auraient tué des dizaines de milliers de Juifs sans forcément atteindre les chambres à gaz. Le raid aurait été massif, et aurait tué seulement quelques SS sans mettre hors d’état de nuire la machine à tuer allemande.

Mais de telles controverses militaro-stratégiques restent extrêmement hypothétiques pour la simple raison que le département de la Guerre n’a jamais pris la peine d’effectuer une telle étude, l’armée se tenant à un principe strict à savoir qu’Auschwitz ne pouvait constituer une cible militaire. Pourquoi ?

Une véritable opération efficace aurait nécessité des moyens colossaux aux Alliés, qui ne pouvaient se permettre de détourner leur machine de guerre des objectifs militaires. La défaite allemande n’était pas encore évidente à l’hiver 1944, les bombardiers se concentraient donc sur les ressources d’énergie du Reich. Un assaut efficace d’Auschwitz aurait été une opération difficile, mobilisant du temps et de la patience dont ne disposaient pas les Alliés.

Les causes humanitaires passaient au second plan, selon la logique plus vite la guerre sera finie, plus vite les peuples seront délivrées de la tyrannie nazie. Albert Speer, ministre de la guerre nazie confirmait à la fin du conflit la redoutable efficacité de cette stratégie. Pourtant comme l’a si bien souligné le philosophe Elie Wiesel « le temps à Auschwitz ne s’écoulait pas à la même vitesse qu’en dehors ». De toute façon, l’opinion publique aurait désapprouvé. La communauté juive américaine elle-même redoute une remontée de l'antisémitisme dans son propre pays et craint d'alimenter la propagande ennemie qui fulmine contre la « guerre juive »[1]. Les critiques risquaient de pleuvoir sur Roosevelt déjà accusé de favoriser les juifs avec son New Deal (baptisé par les antisémites Jew Deal, jeu de mots où jew signifie juif en anglais). La propagande nazie en ferait ses choux gras, ou pire, les nazis après-guerre tenteraient de partager la responsabilité des crimes avec les Alliés.

On touche au nœud du problème, beaucoup d’historiens n’hésitant pas à qualifier la question du bombardement d’Auschwitz comme un anachronisme. Car aujourd’hui nous savons la spécificité de la Shoah mais, à l’époque, la question juive était beaucoup trop sensible pour qu’une intervention spécifique sur Auschwitz soit programmée.

Auschwitz, au centre de la question juive

Les circonstances politiques de l’holocauste : l’antisémitisme diffus.

Comme le montre l’historien R. Breittman, les Alliés auraient pu sauver des centaines de milliers de Juifs s’ils en avaient eu la volonté. Se doutant très tôt des persécutions nazies, il aurait suffit de laisser entrer les réfugiés juifs dans les pays neutres, à savoir la Suède, la Suisse, la Turquie. Cette solution était possible si les Alliés avaient garanti aux pays neutres une aide humanitaire, et s'ils avaient eux-mêmes consentis à ouvrir leurs frontières. Or rien de tout cela n’a été fait. Les États-Unis et la Grande-Bretagne craignant une déstabilisation interne et refusant de faire le jeu du Reich.Les Britanniques auraient pu ouvrir les portes de la Palestine aux Juifs d’Europe comme le réclamaient nombre d’organisations juives mais cela aurait été au péril de leur mandat là-bas, les Arabes faisant sentir leur colère face à l’arrivée massive de juifs.David Ben Gourion, principal responsable du Yishouv, l'autorité juive de Palestine, compris que la situation était sans issue pour les juifs ashkenazes, et se concentrera sur la création d’un Etat pour les Juifs d’Afrique du Nord, les sépharades.

Britanniques et Américains n'auront de cesse de se renvoyer la balle devant ce qui fut pour eux un véritable fardeau. Une lady anglaise écrivit à Churchill en 1943 : « l’Angleterre sombre dans une hypocrisie telle que les membres du Parlement montrent de la compassion pour la mort des Juifs et dans le même temps ses responsables les condamnent à mourir ».

Il est tentant d’accuser la bureaucratie américano-britannique d’antisémitisme. Le secrétaire particulier d’Anthony Eden, alors ministre des affaires étrangères écrivait à son propos dans son journal : « Il restera inébranlable au sujet de la Palestine car il aime les Arabes et déteste les Juifs ». Et le Secrétaire d’État américain Adolf Berle déclara en 1943 dans un discours à Boston : « C’est la première fois dans l’histoire contemporaine qu’un pays civilisé met à exécution un programme de meurtre national. Mais rien ne peut être fait pour sauver ces malheureux sans défense. Hormis l’invasion de l’Europe et la chute du pouvoir allemand, il n’y a pas d’autre solution ». Mais une telle accusation serait trompeuse, les Alliés n’ont aucune responsabilité dans la solution finale, ce sont les nazis et leurs complices qui doivent porter à jamais la charge de ce crime atroce. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu'ils furent aidés dans leur entreprise de mort par un antisémitisme profondément ancré dans une partie des populations des pays occupés.

Fallait-il bombarder Auschwitz ?

L’environnement politique face à cette question illustre à quel point la solution finale n’était pas une priorité pour les Alliés. Rien de concret n'a été fait dans le sens d’un bombardement d’Auschwitz tout simplement parce que cela représentait pour eux un enjeu mineur.

Certains pensent qu'en ne bombardant pas Auschwitz, les Alliés ont commis une faute morale. Tous les rescapés le clament « Nous priions pour que tombent des bombes. Nous étions prêts à mourir plutôt que d’être assassinées par nos tortionnaires dans les chambres à gaz, sort qui attendait tous les prisonniers juifs, nous le savions » raconte J. Rubinstein, un survivant. Hugo Gryn, autre rescapé raconte « l’un des aspect les plus pénibles de la vie dans le camp était le sentiment d’avoir été totalement abandonné de Dieu et des hommes ».

La solution finale est le produit de plusieurs siècles d’antisémitisme en Europe face à la question juive. Les Juif d'Europe se sont trouvé seuls, désarmés et abandonnés du monde face aux nazis, dont l'objectif était leur anéantissement pur et simple.

Evacuation et libération du camp

A partir d'août 1944, l'armée rouge est à 200 km d'Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, ainsi que cela avait déjà été fait pour les autres centres d'extermination situés plus à l'Est.

Aussi longtemps que cela a été possible, les Nazis ont continué l'extermination dans les chambres à gaz. Ce n'est qu'en Novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité (le crématoire IV est inutilisable depuis octobre à la suite d'une révolte du sonderkommando) sont dynamités. Avant cela, les Nazis prennent soin d'assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement ceux des Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. D'une manière générale les SS tentent, dans la seconde moitié de l'année 1944, de détruire et d'effacer les traces des crimes commis. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes.

Les Nazis ne mettent fin aux travaux d'agrandissement d'Auschwitz (camp souche et Birkenau) qu'à la fin de l'année 1944. Les travaux d'extension de certains des camps auxiliaires continuent pratiquement jusqu'à la libération.

Le camp se dépeuple progressivement. Les détenus évacués sont soit employés dans des usines d'armement situées plus à l'intérieur du Reich (principalement des Polonais et Soviétiques), soit, dans le cadre des marches et des transports de la mort, conduits vers d'autres camps de concentration. Les marches de la mort, réalisées par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents 67000 déportés dont 31800 à Auschwitz I et II et 35100 dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz.

Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée Rouge le 27 janvier 1945.

Le camp souche d'Auschwitz I et Auschwitz II - Birkenau sont libérés par les soldats de la soixantième armée du front ukrainien dans le cadre d'une offensive sur la rive gauche de la Vistule. Ceux-ci y pénètrent vers 15 h à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. 7000 déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu'à la libération. Les soldats soviétiques ont découvert sur place environ 600 corps de détenus, exécutés par les SS pendant l'évacuation du camp ou morts d'épuisement.

Illustres prisonniers

Auschwitz, un devoir de mémoire

Auschwitz:Chaussures volées par les nazis aux déportés juifs de Birkenau
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Chaussures volées par les nazis aux déportés juifs de Birkenau

Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décide en 1947 de faire d'Auschwitz un musée à la mémoire des victimes.

Le musée s'étend sur 191 hectares : 20 à Auschwitz I et 171 à Auschwitz II-Birkenau. Il ne reste rien aujourd'hui de l'usine IG Farben de Monowitz, Auschwitz III. Auschwitz-Birkenau fait partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le camp souche, Auschwitz I, a été restauré et ses blocks 4 et 5 utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui veut présenter les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d'objet récupérés dans les reste du Canada de Birkenau à la libération du camp. S'y trouvent notamment des effets personnels de déportés : vaisselle, lunettes, chaussures etc, exposés dans des vitrines. L'une d'elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes, devaient reservir et profiter au Reich. Depuis les années 1960, certains blocks hébergent des "expositions nationales" réalisées par les divers pays d'où les Juifs furent déportés à Auschwitz. Au rez de chaussée du block 20 se trouve l'exposition française, inaugurée en janvier 2005, d'une grande qualité muséographique.

Auschwitz II a volontairement été laissé en l'état comme témoin de l'ampleur du crime. Seule une rangée des baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. Un monument international à la mémoire des victimes, situé à proximité des crématoires II et III, a été inauguré en 1967. Il est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l'histoire de l'humanité.

Depuis peu des espaces en périphérie des deux camps principaux et en dehors de l'espace du musée sont mis en valeur. C'est le cas de la rampe ferroviaire (Judenrampe) située à 1,5 km de Birkenau, où sont arrivés les trains convoyant les déportés de mars 1942 à avril 1944. Ce n'est qu'à partir de la fin du printemps 1944 que la prolongation de la voie ferrée, décidée par les nazis pour accélérer l'extermination des Juifs hongrois, que les trains arrivent à proximité immédiate des chambres à gaz, à l'intérieur du camp.

Auschwitz:Les ruines d'une chambre chambres à gaz et d'un four crématoire
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Les ruines d'une chambre chambres à gaz et d'un four crématoire

Pendant la Guerre froide, les chiffres furent gonflés par le gouvernement communiste polonais. Le caractère essentiellement juif des victimes, dans un climat d'antisémitisme persistant, tendant à être nié ou du moins minimisé.


2005 est marquée par la célébration solennelle du 60e anniversaire de la libération du camp en présence des derniers survivants et de nombreuses personnalités du monde entier.

Sources

Auschwitz:Auschwitz I : « L'espoir après l'horreur »
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Auschwitz I : « L'espoir après l'horreur »

A l'approche des armées adverses, les nazis ont détruit le plus de preuves possibles : démontage des installations, destruction des documents, exhumation des corps pour les incinérer et dispersion des cendres, etc. Néanmoins, concernant Auschwitz, des preuves sont restées, en plus des témoignages de rescapés :

Voir aussi

Bibliographie

Témoignages de responsables nazis:

Témoignages de victimes:

Autour d'Auschwitz et de la Shoah:

Sur le débat autour de l'inaction des Alliés:

Autres articles sur Wikipédia

Liens externes

Notes et références

  1. Simon Epstein, Histoire du peuple juif au XXe siècle, Hachette littérature, 1998

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