Auvergnat (dialecte)
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| Parlé en | France | |||
| Région | Sud de la France | |||
| Nombre de locuteurs | 1,5 million | |||
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| Typologie | SVO | |||
| Classification par famille | ||||
| - Langues indo-européennes - Langues italiques (Classification SIL - simplifiée) | ||||
| Statut officiel et codes de langue | ||||
| Langue officielle de | ||||
| Régi par | Conselh de la Lenga Occitana (norme classique), Cercle Terre d'Auvergne (norme bonnaudienne) | |||
| ISO 639-1 | oc | |||
| ISO 639-2 | oci | |||
| ISO/DIS 639-3 | auv(en) | |||
| SIL | AUV | |||
Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat mai en dreit. Son dotadas de rason mai de consciéncia mas lor chau agir entre elas amb un esperit de frairesa.
Ta la proussouna neisson lieura moé parira pà dïnessà mai dret. Son charjada de razou moé de cousiensà mai lhu fau arjî entremeî lha bei n'eime de freiressà. </div> | ||||
| Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur | ||||
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Sommaire |
Définition
L'auvergnat est un dialecte de l'occitan ou langue d'oc, parlé essentiellement en Auvergne.
Répartition géographique
Les limites de l'auvergnat ne coïncident pas avec celles de l'actuelle région Auvergne ni avec celles de la province traditionnelle d'Auvergne .
Elles englobent:
- tout le département du Puy-de-Dôme,
- la plus grande partie du département du Cantal (sauf le pays d'Aurillac qui parle languedocien),
- la plus grande partie du département de la Haute-Loire (sauf le pays d'Yssingeaux qui parle vivaro-alpin),
- la moitié sud du département de l'Allier ou province du Bourbonnais, vers Montluçon et Vichy (la moitié nord, vers Moulins, est traditionnellement de langue française).
- une large frange à l'est du Limousin, dans les départements de la Creuse surtout, mais aussi de la Corrèze, jusqu'aux alentours d'Aubusson et Ussel. Il s'agit d'une zone de transition entre les dialectes auvergnat et limousin.
- les communes de Noirétable et La Chamba, à l'ouest du département de la Loire.
Si l'on part du cadre de l'actuelle région Auvergne, donc, on parle occitan partout, sauf dans le nord de l'Allier qui est de langue française (ou langue d'oïl). L'occitan est parlé en Auvergne sous la forme de l'auvergnat en général, du vivaro-alpin vers Yssingeaux et du languedocien vers Aurillac.
Vitalité et conscience linguistiques
On peut se faire une idée du degré de vitalité de l'auvergnat d'après un sondage de 2006, réalisé dans la région Auvergne (enquête de l'IFOP pour le compte de la section auvergnate de l'Institut d'études occitanes, 2006).
La dénomination la plus répondue pour l'une ou l'autre des deux langues parlées en région Auvergne est le terme patois (78% de la population) au côté de termes plus régionalisés (auvergnat, bourbonnais, vellave). Néanmoins, une certaine conscience des identités culturelles émerge au travers de dénominations telles que bourbonnais (5%) et langue d’oc ou occitan (12%).
La langue régionale, qu’elle soit occitane (dans l'ensemble de la région Auvergne) ou d'oïl (au nord de l'Allier), représente une forte réalité de la région :
- 61% déclarent comprendre plus ou moins bien leur langue régionale dont 22% facilement ou parfaitement ;
- 42% déclarent savoir la parler plus ou moins bien dont 12% facilement ;
- 29% déclarent la lire plus ou moins bien dont 10% assez facilement ;
- 17% déclarent l’écrire plus ou moins bien don 4% facilement.
Malheureusement une bonne partie de la population qui comprend ou parle un peu ou couramment, ne sait pas lire ni encore moins écrire.
La transmission de la langue se fait pour l'essentiel dans le cadre familial (grands-parents à 61%, ou encore l’entourage à 50%) avec une part très faible par le réseau institutionnalisé qu'est l'école (10%). Ici se pose le problème du rôle de l'État dans celle-ci puisque 40% des gens qui n’ont pas appris la langue à leurs enfants regrettent maintenant de ne l'avoir pas fait. Ce regret est encore plus fort chez les générations montantes (58% chez les moins de 35 ans). De plus le souhait d'apprendre est très présent. Il est le plus fort chez les moins de 35 ans (23%). Le désir de voir la langue être proposée à l'école est le plus fort dans les départements suivants: Haute-Loire (53%), Puy-de-Dôme (51%) et Cantal (74%). Le souhait que ses propres enfants apprennent la langue est très fort (41%) et se renforce chez les jeunes générations (58% chez les moins de 35 ans). 71% des habitants de la région se déclarent favorables au maintien et au développement de la langue et de la culture régionales, encore davantage chez les moins de 35 ans (76%). Pour ce faire, ils souhaitent voir différentes institutions jouer leur rôle :
- France 3 Auvergne devrait proposer des émissions en langue régionale à 54% ;
- la région (54%), l'Éducation nationale (43%), le ministère de la culture (42%) et les communes sont vus par les habitants de l'Auvergne comme étant les acteurs légitimement en devoir de transmettre et de développer leur langue et leur culture.
Classifications de l'auvergnat: langue et dialectes
Au sein de l'occitan, l'auvergnat est inclus dans le groupe dialectal nord-occitan, conjointement avec le limousin et le vivaro-alpin. Un des traits les plus saillants du nord-occitan est le passage très ancien des syllabes ca et ga (restées telles quelles au sud) vers cha et ja (en nord-occitan).
On distingue deux variétés principales de l'auvergnat:
- le nord-auvergnat (ou bas-auvergnat) dans le Puy-de-Dôme et l'Allier (Bourbonnais) et la Haute-Loire au nord de Brioude.
- Dans le sud de l'Allier (Bourbonnais), le nord-auvergnat connaît une variété locale qui a reçu des influences particulièrement fortes du français, mais les traits linguistiques auvergnats (donc occitans) y restent dominants. Cette zone de transition vers le français, qu'on appelle le Croissant, englobe aussi la frange nord du domaine limousin. Voir aussi l'article bourbonnais.
- le sud-auvergnat (ou haut-auvergnat) dans le Cantal et la Haute-Loire (avec des zones de transition vers le languedocien dans l'ouest de l'Ardèche et la Lozère).
L'opinion selon laquelle l'auvergnat serait une langue indépendante, distincte de l'occitan, n'a trouvé que très peu d'écho parmi les linguistes et notamment parmi les spécialites de la linguistique romane. Elle est surtout défendue par les partisans de la norme bonnaudienne. Les partisans de la norme classique, au contraire, défendent la pleine appartenance de l'auvergnat à la langue occitane (voir ci-dessous: Normes, orthographes, standardisation).
Normes, orthographes, standardisation
L'auvergnat est codifié selon deux normes concurrentes.
- La norme classique, fixée au cours du XXe siècle, propose un système convergent entre l'auvergnat et les autres dialectes d'oc, ainsi qu'une continuité avec l'occitan classique médiéval, tout en respectant les traits essentiels de l'auvergnat moderne. La standardisation de l'occitan accepte des adaptations régionales (notamment en auvergnat), mais leur fixation est encore vague et assez théorique. La norme classique est utilisée notamment par l'Institut d'Études Occitanes et sa fixation est du ressort du Conselh de la Lenga Occitana.
- La norme bonnaudienne ou écriture auvergnate unifiée (EAU) est apparue en 1973. Elle est une rupture volontaire avec la norme classique. Son principal promoteur est Pierre Bonnaud, qui dirige le Cercle Terre d'Auvergne. Ce système propose une norme exclusivement centrée sur l'espace auvergnat. Il accentue les particularismes, rejette toute coordination avec le reste de l'occitan et se démarque des tendances internationales dans la création des néologismes. Ses promoteurs affirment que l'auvergnat serait une langue indépendante et que l'occitan n'existerait pas, même si cette opinion n'est pas retenue par la grande majorité des linguistes. La norme bonnaudienne accepte l'idée d'une unification partielle et prudente des parlers (auvergnat littéraire et pédagogique, ALEP) mais sans aller jusqu'à une véritable standardisation.
Les deux normes sont basées sur un fonds linguistique commun (grammaire de base, mots courants et traditionnels). Elles divergent artificiellement par l'orthographe, par la forme orale de certains mots (notamment dans la création des néologismes) et par les recommandations d'ordre stylistique.
- Signalons que la norme mistralienne (voir provençal) a connu un usage important à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, grâce à l'expansion du Félibrige. Mais depuis la seconde moitié du XXe siècle, son usage a presque disparu en auvergnat: elle a laissé peu à peu la place à la norme classique au cours du XXe siècle, puis à l'actuelle concurrence entre les normes classique et bonnaudienne depuis 1973.
Considérations diverses
NB - Cette partie regroupe des passages très contestés qui caractérisaient une version antérieure de l'article.
Usage de la langue
Tous les locuteurs de l'auvergnat étant également francophones, l'usage de la langue a tendance à décliner, surtout pour les dialectes bas-auvergnats parlés dans le nord de la région.
Selon toute vraisemblance, l'évaluation présentée par le site Internet Ethnologue - environ 1,3 million de locuteurs en 2004 - regroupe à la fois les habitants de la région et les "émigrés", notamment vers Paris (dont les fameux "bougnats").
Des revues sont en auvergnat à 100 %: "La Cabreta" (cité Clairvivre, Aurillac), bimestrielle, et "Lo Convise"
Pour la Basse-Auvergne la revue "Bizà Neirà" (Chamalières) est partiellement en Bas Auvergnat, et majoritairement en français.
Exemples de conjugaison :
Verbe être "èsse" au présent, imparfait, passé simple, futur (avec entre // la prononciation du Cantal auvergnat en transcription phonétique française):
Sèi /chèï/ ès /è(h)/es /i/sem /chon, chin/sètz /chè/sou /chou/
èrières, saies /èrih; chayih/èroeromeratz /era/èrou , saion /èrou, chayou/
Fouguèrifouguèresfouguetfougueromfougueratzfouguèrou
Sarèi Saras /sara/SaròSarim Sarés /chari(h)/Sarau /saraw/
verbe chanter "chanta" aux même temps:
Chantichantes /tchantih/chantochantomchantatzchantou
Chantavichantaveschantavochantavomchantavatzchantavou
Chantèrichantèreschantetchanteromchanteratzchantèrou
chanter au futur:
Chantarèichantaras /tchyantara/chantaròchantarim /tchantarin/chantarés / tchantari(h)/chantarau.
Verbe faire au présent, imparfait, prétérit et futur:
Faufas /fa/fo fasem /fajom, fajin/fasetz /fajé/faun /faw, fow/
fasiofasies /faji(h)/fasiofasiomfasiatz /fajia/fasiou
Faguèrifaguèresfaguetfagueromfagueratzfaguèrou
farèifaras /fara/farò farimfarés /fari(h)/farau
Les verbes ayant la diphtongue "au" dans le radical voient celle-ci changer de prononciation au fil de la conugaison.
Verbe sortir "sauta" /chouta/
Sauti /chawti/sautes /chawtih/sauto /chawto/sautom /choutom/sautatz /chouta/sautou /chawtou/
Même processus pour les verbes: sauva, chaler (falloir) - chau /tchyaw/= il faut Chaudrò /tchoudro/ = il faudra - pausa, prepausa, chauma…
La cigale, ayant chanté tout l'été, se trouva mal barré quand arriva le mauvais temps, plus le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau: elle alla crier famine chez la fourmi sa voisine. Elle l'a pria de lui donner quelques grains à manger d'ici le printemps nouveau.
"La cigalo, agen chantat tout l'estiéu, se troubet mau plantado quand arribet la bufado, più lou mendre boucinet de mouscho ou de vermenet: se'n anet crida famino cha la fournijo vesino. La preguet de li presta quauques granet per minja d'aqui la primo nouvèlo"
/ la chigalo, ajin tchyanta tout l'ihtyïw, chi troubé maw plantada kand arribé la bufada, pyu lou mïndre bouchiné de mouchtchyo ou birmené: chi'n ané krida famino tchya la fournidja bijino. La prégué de li prihta kowké grani pir minjya d'atyi la prima noubèlo./
Les phonèmes et graphèmes:
lei voucalos / les voyelles:
"a" se lit comme en français.Dans quelques mots on le prononce /o/ "escoulan, efant". Mais la tendance est de plus en plus d'écrire ces mots directement "escoulon, efont"
"e" se prononce théoriquement /e/, mais très souvent aussi /i/ notamment dans le Cantal."ë" n'existe qu'en bas-auvergnat et se prononce comme le e français, mais jamais muet."è" se prononce comme en français."i" se prononce comme en français, mais aussi souvent /yi/. Ce /yi/ est noté systématiquement "ï" en graphie arverne (voir plus bas "les orthographes de l'auvergnat")"ï" se prononce /yi/ toujours: lou païs, l'Ucraïno, lou païsô"o" se prononce /o/ très ouvert à la tonique.quand il est atone, c'est à dire en fin de mot (fin absolue comme dans "la porto, la boucho…" ou fin d'un mot dans un mot composé comme: "Anglo-tèrro, primièro-men") il se prononce entre /o/ e /a/ ou même clairement /a/ (Grande Planèze, Velay)Les mots féminins pluriel reprennent une prononciation plus fermée /o/ ouvert:la chabro /la tchyabra/ lei chabros /ley tchyabro/
Dans les verbes: "passo, chanto…" sont prononcé /o/ ouvert. Seul le Velay maintient une prononciation /a/."ou" comme en français."u" comme en français. C'est, comme le i, une voyelle très palatalisante:"dur, vengut, vendut, vougut" (avec un accent aigu sur le o de vougut) se prononcent:/yür, bindyü, bindyü, buwdyü/Remarquez que "vengut" = venu et "vendut" = vendu, se prononcent de la même manière.
Il y a aussi les nombreuses diphtongues: ai, ei, èi, oi, oui /uy/, au, eu, èu, òu, ou (avec un accent aigu sur le o), et les triphtongues: uèi, iòu, iéu
lei counsounantos / les consonnes
"b" comme en français"c" comme en français devant a, o, u
plus chuinté devant i et e
"d" comme en français, mis à part que cette consonne est très soumise à la palatalisation:"dire, vendut" /yire, bindyü/"f" comme en français""g" comme en français devant e et icomme en français en général devant a, o, uavec cependant la particularité que le g fort (devant a o u) peut être dialectalement muet:"l'aigo, chastiga" = l'eau, punir
"h" seul est muet et ne sert qu'à séparer deux syllabes afin qu'elles ne soient pas prononcées comme des diphtongues: vehicul, trahi, rouhino
Associé à c, "ch" se prononce comme en espagnol en gros. /tch/ ou /tchy/ chau = il faut /tchyaw/.En basse Auvergne et Velay il y a une forte tendance à prononcer /ts/ devant "a".
Associé à l, "lh" se prononce comme "ll" en espagnol: la palho, la ralhado = la paille, la conversation"
Associé à n, "nh" se prononce comme "gn" en français: la mountonho.
Les auteurs patoisant l'associent à n'importe quelle consonne palatalisée: ainsi Francés de Murat dans son dictionnaire de 1792, écrivait-il "dhire, thita, tethino, esthima, esthino" = dire, quiter, tétine, estimer, dos.
La graphie littéraire ne note pas la palatalisation dans ces cas-là: dire, quitar,…, mais elle est bien prononcée /yire, tyita, tetyino…/
"j" se prononce comme en anglais /dj/: la jalina, jouve, jinte, la jençono…"k" n'existe que dans les noms propres étrangers, ainsi que dans quelques mots d'origine grecque :"kiloumetre, kilougramo…"
Nota: les dialectes méridionaux de la Langue d'Oc peuvent s'amuser à écrire, par excès de purisme nationaliste, "quiloumetre…". Ce graphème est impossible en auvergnat car il s'y prononcerait /tyilumetre/.
"l" comme en français, mis à part que cette consonne est très soumise à la palatalisation."m" comme en français" sauf dans les verbes, à la première personne du pluriel où il y a deux prononciations possibles: "parlam, fazem" se prononcent /parlom/ e /fajom/ ou /parlon/ et /fajin/Au futur, tout le monde prononce /n/: "parlarim, farim" /parlarin, farin/
"n" comme en français, mais les nasalisations sont très différentes."p" comme en français"q" se prononce comme en français devant a, odevant "i" il se prononce /ty/ : quita, esquiròu, quintaino, quinge sauf dans les mots semi-savants: equilìbri, equilibreou savant: equidistant, equatour
"r" apical normalement. Même si aujourd'hui une courte majorité d'Auvergnats prononcent ce r à la française, ils savent que ce n'est pas la prononciation normale. Ils acceptent les moqueries de ceux qui prononcent bien."s" comme en espagnol, c'est à dire un peu chuinté par rapport au français.
quelquefois il est aussi complètement prononcé /sh/: sabi, la sabo, lou sòu = je sais, la sève, le sou. (Dans ce cas le chuintement permet de différencier "lou sòu" /show/ = le sou, la monnaie de "lou sòu" /sow/ = le sol) Il y a un cas particulier. Dans des mots comme "espera, escouta, l'Esponho, establi…", le groupe "es" se prononce /ih/.
"t" se prononce toujours /t/"v" comme en français en Basse Auvergne et une grande partie du Velay
/b/ dans le Cantal et la Lozère.
"w" n'apparaît que dans les mots étrangers, ou techniques: "milo watts""y" est rare: "la yuno, lou yibre" = la lune, le livre"z" se prononce comme le "j" français: lou zèbre, la razou, dizou, dizi, fazio = le zèbre, la raison, ils disent, je dis, il/elle faisait /lu jèbre, la rajou, yiji, fajyo/
les orthographes de l'auvergnat
- La graphie moderne
que nous employons ici est la graphie des troubadours adapté à l'évolution phonétique. Elle apparaît en 1600.
- la graphie classique rénovée.
C'est une idée du romancier auvergnat Pèire Vidal:ou s'écrit "o" comme au Moyen Age mais se prononce /ou/ comme aujourd'hui.o s'écrit donc "ò" pour différencier du "ou".la voyelle féminine atone est écrite systématiquement "a": la pòrta, la chabra, lei chabrasVidal a rajouté par rapport aux troubadours les -n caducs qui ne se prononcent qu'en gascon et provençal: "lo chamin, lo pan, deman" (pour: "lou chami, lou pô, demô)
- la graphie arverne.
Créée par Piare Bounaud. Elle se différencie de la moderne par sa volonté d'être beaucoup plus phonétique.elle ne marque pas les -s du pluriel: làs chabrà / Las chabro"s" est toujours prononcé /s/: passà (pour: passo)Donc le "s" prononcé /z/ s'écrit "z": la rozà (pour: la roso)
Les consonnes muettes sont écrites selon la prononciation qu'elles ont en dérivation:
"Ei pourtad las valizà, ès curiouz de saber so que i à dedïn" pour"Ei pourta lei valisos, ès curious de saber so que i o dedins"
Les palatalisations sont marqués systématiquement par un tréma : dïre, la lünà, l'estïròu = dire, la lune, l'écureuil (graphie moderne; dire, la yuno, l'esquiròu)
Le plus curieux est le système vocalique:"à" représente le son entre /a/ et /o/, même à la tonique."ä" représente le son /è/ de la Limagne prononcé /a/ ailleurs. Prenons comme exemple le célèbre refrain: "Me vole pas fachä e me facharèi päs" /fatsè…pè/Ainsi les parlers de Limagne sont réintégré à l'ensemble auvergnat, et plus largement d'Oc.
Le non-dit des orthographes
Dans le numéro sur l'Occitanie du magazine "Geo" on disait que les auteurs auvergnats avaient tendance à colorer leur langue de provençal ou de languedocien. Cette affirmation fait bondir à première vue, mais est partiellement juste.
La graphie moderne cherche, non pas à provençaliser l'auvergnat, mais du moins à affirmer sa parenté avec le reste de la Langue d'Oc, et plus spécialement le provençal.
la graphie classique affirme plutôt cette union en rapprochant l'auvergnat du guyennais.C'est très net dans la revue "La Cabreta" où les articles sont en auvergnat et en guyennais (rappelons qu'Aurillac et son arrondissement parlent guyennais et pas auvergnat strictement).Cette attitude est consciente par exemple chez le majourau Joan Fay, Auvergnat ayant déménagé à Aurillac il y a presque 70 ans, initié à la littérature d'Oc par la lecture d'Ugèno Pagès, auteur aurillacois, et qui considère que le guyennais est le dialecte central et littéraire du Pays d'Oc.
La graphie arverne est une réaction au jacobinisme languedocien des occitanistes. Piare Bounaud est un ancien occitaniste, et on a des raisons de penser que lorsqu'il proclame que l'auvergnat est une langue à part de la Langue d'Oc, il le fait par pure stratégie.
Bien sûr, les gens n'utilisent pas tous ces orthographes par choix idéologique. Ils utilisent celle qu’ils connaissent.
-Disons qu’en gros, la graphie arverne est la graphie universelle de la Basse Auvergne, bien au delà des cercles Bounaldiens. Certains auteurs en graphie classique intègrent des éléments de la graphie arverne (voir La Cabreta) notamment le "à" prononcé /o/. Cela pose problème car ce "à" en graphie classique est justement un /a/ clair.De même, le "ï" apparaît assez souvent dans des textes en graphie classique pour noter la palatalisation.
- la graphie classique est celle de la revue félibréenne "La Cabreta".
- la graphie moderne est celle des Félibres de Lozère, de tout le Velay, et surtout de la seule école auvergnate d'immersion (en Velay toujours)
La graphie moderne est donc majoritaire.
Il y avait une autre raison de l'employer ici:Le premier auteur du premier article utilisait la graphie arverne.Continuer en graphie classique aurait été un véritable acte de guerre contre lui.Bref, on le voit, la graphie moderne est la graphie pacifiée, que tout le monde accepte, alors que les deux autres graphies sont minoritaires et violemment opposées.
D'ailleurs la revue "La Cabreta" n'est passée à la graphie classique qu'en 73 pour le titre, 74 pour le contenu total.
Il se trouve que depuis, les occitanistes ont adopté le système du collaborationniste Louis Alibert, système dissident de la graphie classique, système très complexe, et mal accepté dans le Cantal. il suffit de voire la graphie des lettres de lecteurs.
Bref le Felibrige d'Auvergne se bat un peu seul pour la graphie classique face aux alibertins, dans un combat perdu d'avance.
Il n'est pas irréaliste d'imaginer que dans dix ans la graphie moderne aura fait son retour dans "La Cabreta".
Variantes
Ta la proussouna neisson lieura moé parira pà dïnessà mai dret. Son charjada de razou moé de cousiensà mai lhu fau arjî entremeî lha bei n'eime de freiressà.(Bas-auvergnat)
Le Haut-Auvergnat, majoritaire dit:Touto las pirsouno naissou liéuro e egalo en drèit. Sou chargado de razou e de counsciencia e lour chau oubrà entre guisso dinc un ime de frairesso.(graphie mistralienne)
Voici la même phrase en graphie classique, plus employée que l'autre dans les trois départements de Haute-Auvergne. La prononciation reste inchangée:Totas las personas naisson liéuras e egalas en drèits. Son chargadas de razon e de consciencia e lor chau obrar entre guessas dinc un eime de frairessa.
quelques mots auvergnats:
le ciel = lou cèu /lou chèw/ (forme cantalienne,)lou cia /lou cha) (forme de la Haute-Loire et de la Lozère)la terre = la tèrrole soleil = lou souguilh /chouïl,chougui, chouguirh/ - le rh représente un r grasseyé. Ces trois prononciations ne sont pas des variantes dialectales. Ce sont des variantes de prononciation qu'un même locuteur peut employer en cinq minutes. En Lozère on dit "lou souguelh" /souguél/la lune = la yunoles étoiles = leis estiagos /ihtiago/la maison = l'oustau (forme cantalienne), l'ousta (forme de la Haute-Loire et de la Lozère)
là = aqui /atyi/il faut = chau /tchyaw/ (Cantalès et Mauriacois) cal (Planèze de Saint-Flour et jusqu'à…Thiers vers le nord !) cha (Haute-Loire et Lozère)Il pleut = plèuil fait soleil = souguilhoil neige = nèvola neige = la nèu (Cantalès et Mauriacois, Lozère), la nejo /nedza/ (Planèze et Haute-Loire)la pluie = la pluèio (Cantalès et Mauriacois), la plueja /ploedza/ (Haute-Loire) /plwèdjo/ (Lozère)l'eau = l'aigo /ayo/
les saisons: printemps, été, automn, hiver =lei sazous: primo, estiéu /ihtyïw/, daborio, ivèrhier, aujourd'hui, demain = ièr, auèi, demôla montagne = la mountonhola plaine = la plonola rivière = la ribèiroles arbres = lis aures (l'article en Lozère est "lous", donc "lous aures") le ruisseau = lou riéu /ryïw/la Dordogne = Dourdounho (sans article)la Maronne = la Marounola Doire = la Douirola Jordanne = la Jourdonola Loire = la Lèirol'Allier = l'Alaier
Mauriac = Mouriac /Mourya/ le -c est muet. Il n'est noté que parce que les habitants sont "li Mouriagués"Pleaux = PlèuArpajon = Lou PajouIssoire = Issouire (théoriquement) Li Souires (= les loups) (forme populaire)Yssingeaux = Eissinjaus (théoriquement) Iy Cinc Jaus (=aux cinq coqs) (étymologie et forme populaires)Clermont = QuiarmountLoubejac = Loubijac /loubijya/Mende = MendeAumont = AumouChaudes-Aigues = Chaldos-Aigos
le chien = lou chi /tchi/ (Cantal), lou chô (Lozère et Haute Loire)On dit aussi par influence aurillacoise "lou cô" dans le Cantal.C'est d'ailleurs de ce mot qu'est tiré le féminin la chienne = la conho.
le chat = lou chat /tcha/la poule = la jalino /djalino, jyalino/le coq = lou jal /jial, djal/le cochon, le porc = lou tessou, lou puorcle cheval = lou chaval /tchyabal/la jument = l'ègola vache = la vacho /batchyo/le bœuf = lou biòule taureau = lou taurela chèvre = la chabro / tchyabra/ les chèvres = lei chabros / tchabro, tchabrë/l'écureuil = l'esquiròu /l'ihtyirow/le sanglier = lou singlarla taupe = lou darbounla belette = la moustèlole blaireau = lou tais /tay/le poisson = lou pèis /pèy/
la télévision = la televistointernet = internet, intèr-ret, lou malhumla voiture = la veituro / biytyuro/l'avion = l'avioun /abyoun/
Voir aussi
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