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Carl Gustav Jung

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Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung (1875-1961) est un psychanalyste suisse.


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Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung:Au premier rang, de gauche à droite, Sigmund Freud, Stanley Hall et Carl G. jung
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Au premier rang, de gauche à droite, Sigmund Freud, Stanley Hall et Carl G. jung

Fils de pasteur, il naquit le 26 juillet 1875 à Kesswil dans une petite commune de Suisse.

Après des études au collège de Bâle, il entreprit des études de médecine puis se spécialisa en psychiatrie.

Élève d'Eugen Bleuler, il soutint une thèse de doctorat concernant « La psychopathologie des phénomènes dits occultes ». C'est sous sa direction qu'il a travaillé au Bürgölzi ou il a entre autre rencontré Sabina Spielrein dont il fut le psychiâtre, l'analyste et l'amant.

Il s'intéressait de près à l'œuvre de Sigmund Freud, qu'il rencontra en 1907 et dont il devint le dauphin. Cette rencontre avec Freud, de 19 ans son aîné, fut pour lui déterminante ; il écrit par exemple :

« Un coup d'œil superficiel sur mon travail suffit pour voir ce que je dois aux géniales conceptions de Freud. Je puis assurer qu'au départ, j'ai passé en revue toutes les objections qui ont été lancées par les spécialistes, contre Freud. Mais je me suis dit qu'on ne pouvait réfuter Freud qu'à condition d'avoir soi-même utilisé souvent la méthode psychanalytique et d'avoir vraiment fait des recherches de la même manière que Freud, c'est-à-dire en considérant la vie quotidienne, l'hystérie et le rêve de son point de vue à lui, sur une longue période et avec patience. Si on ne peut pas le faire, on n'a pas le droit de porter un jugement sur Freud à moins de vouloir agir comme ces fameux hommes de science qui refusaient de regarder à travers la lunette de Galilée. »

En 1912, il se fâche avec Freud et la psychanalyse freudienne. La raison scientifique de la rupture est l'approche que Jung fait de l'inceste, qu'il considère comme étant un désir de retour à la mère avant d'être un désir génétal visant le parent de sexe opposé. Ceci remet en cause la primauté de la sexualité de la libido freudienne. Jung introduira plus tard le terme d'inconscient collectif que Freud a toujours considéré comme inutile.

Après une grande période de solitude et de doutes, Jung poursuit des recherches personnelles, fondant une approche de l'âme humaine qu'il dénomma psychologie analytique. Les relations entre les tenants de l'approche freudienne et ceux de l'approche jungienne ont été (et sont encore parfois) bien plus passionnelles que scientifiques.

Carl Jung meurt le 6 juin 1961 à Küsnacht Suisse. Il est enterré au cimetière de l'église protestante à Küsnacht.

Le créateur de concepts

Jung poursuit, tout au long de sa vie, une analyse de la psychologie humaine qui le fait s'intéresser à la psyché de la personne normale avant de s'intéresser à la psyché de la personne névrotique ou psychotique. Cette différence fondamentale dans l'approche lui permet de mettre en lumière des concepts psychologiques majeurs, parmi lesquels les archétypes psychologiques, l'inconscient collectif (à partir de ses études de la mythologie, de l'alchimie et à partir d'un rapprochement entre pensée orientale – Kundalinî Yoga – et théories psychanalytiques), la persona, l'animus et l'anima. Il contribue aussi à la psychologie par sa théorie des types psychologiques : c'est lui qui invente les notions d'introversion et d'extraversion. Il développe aussi les concepts de soi et d'individuation, stade final de la psychanalyse junguienne.

Pour ce qui est de l'introversion et de l'extraversion, Jung reprend les catégories platoniciennes d'extraversion et d'introversion pour décrire la "surdétermination" externe ou interne du comportement. Voici comment Jung décrit le type extraverti :

"Qui pense, sent, agit, bref, qui vit en accord immédiat avec les conditions objectives et leurs exigences, en bonne comme en mauvaise part, est un extraverti... sa conscience toute entière regarde vers l'extérieur parce que c'est toujours là que vient la détermination importante décisive. Non seulement les personnes, mais aussi les choses le captivent. Aussi agit-il sous l'influence des personnes et des choses...".

Voici maintenant le portrait de l'introverti :

"Chez lui, il se glisse entre la perception de l'objet et sa propre action une opinion personnelle qui empêche l'action de prendre un caractère correspondant à la donnée objective. La réaction habituelle de l'introverti est une réaction d'arrêt, de critique, de retour de soi-même. ".

Jung a laissé, dans la psychanalyse, une démarche originale et érudite de l'étude de la psyché. En particulier, il contribuera toute sa vie à une représentation de la psyché humaine dans sa complexité, à savoir ses rapports à la société, aux mythes, aux archétypes mais aussi à la spiritualité et au Transpersonnel.

Son apport

Par rapport à Sigmund Freud (1856-1939), introducteur du concept moderne d'inconscient, Carl Gustav Jung apporte la notion d'inconscient collectif. Il déplace le fondement de la dualité pulsionnelle freudienne sur une double dualité, qu'il considère comme archétypique : la dualité créativité/destructivité et la dualité Instinctivité/spiritualité, ces deux dualités n'étant pas superposables (il y a, par exemple, des dynamiques spirituelles destructrices).

Les théories de Jung sur l'inconscient collectif et les rapports entre la conscience et l'inconscient ont eu toutes sortes d'application, pour la clinique et jusqu'à des dérivés dans le domaine du coaching.

Il a créé le célèbre test des association de mots dont Katharine Cook Briggs (1875-1968) et Isabel Myers (1897-1980) se seraient inspirés pour développer le questionnaire MBTI ® (pour Myers-Briggs Type Indicator) utilisé dans certaines méthodes de coaching.

Par rapport au phénomène ovni, il est un des premiers auteurs, dans Un mythe moderne (1958), à suggérer l'importance d'étudier le témoin qui rapporte l'observation autant que l'observation per se ; et que l'explication du phénomène se situerait tout autant (voir plus) dans la psyché que dans le monde extérieur. De ce fait, il est un des précurseurs de ce que l'on nomme aujourd'hui l'hypothèse sociopsychologique.

Jung, le nazisme et l'antisémitisme

Bien que le champ de la psychanalyse fût à son époque dominé par des praticiens juifs et que Jung ait eu de nombreux amis et collègues juifs, une ombre pèse sur la carrière de Jung selon laquelle il aurait été un sympathisant nazi. En effet, en 1933, après la démisson de Ernst Kretschmer il accepta la présidence de la "Société médicale générale internationale pour la psychothérapie", dont il fit modifier immédiatement les statuts afin de permettre aux psychothérapeutes juifs allemands une affiliation individuelle : ils étaient interdits d'affiliation à une quelconque société savante en Allemagne. Mais il se retrouvait ainsi rédacteur en chef de la publication Zentralblatt fur Psychotherapie, dans laquelle fut inserré, à son insu, un éditorial recommandant aux psychothérapeutes de lire Mein Kampf. Jung affirma qu'il avait agi ainsi en accord et avec l'aide de ses collègues et amis juifs pour sauver la psychanalyse que les nazis considéraient comme une "science juive".[1]

Jung renonça au poste de président de la "Société médicale générale internationale pour la psychothérapie" en 1939 et rejoignit la cause alliée aux États-Unis. De plus en 1943 il aida l'"Office of Strategic Services".[2] Cette question reste toutefois l'objet d'une controverse.

L'expérience du nazisme a eu une grande influence sur le développement de l'archétype de l'ombre.

Notes

  1. Mark Medweth, « Jung and the Nazis », dans Psybernetika, Winter 1996. [lire en ligne]
  2. Article « Jung, Carl Gustav » [lire en ligne] de la Columbia Encyclopedia, 6e ed.

Oeuvres

Voir aussi

Articles connexes

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