Cisjordanie
La Cisjordanie est une région du Proche-Orient, entre Israël et la Jordanie, dont le statut est sujet à discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne. Elle est considérée comme n'étant sous aucune souveraineté de jure.
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Dénominations
Étymologiquement, "Cisjordanie" désigne « la région en deçà (cis-), de fait à l'ouest, du Jourdain ». Les anglophones utilisent généralement « West Bank », la « rive ouest » (du Jourdain). En Israël, le gouvernement et certains Israéliens adoptent la dénomination de "Yehuda véShomron" "יהודה ושומרון" (littéralement "Judée et Samarie"), en référence aux territoires bibliques des deux royaumes issus du schisme entre la Judée (capitale: Jérusalem) et Israël (capitale: Samarie). D'autres utilisent en hébreu l'expression "haGada haMa'aravit" "הגדה המערבית". Enfin, du côté de l'arabe qui est la seconde langue officielle en Israël, on retrouve parfois pour la désignation de cette région le terme فلسطين (Palestine).
Un certain nombre de personnes de sensibilité pro-israélienne préfèrent utiliser, en français ou en anglais, les termes de Judée-Samarie ou de Judea and Samaria, adaptés de l'expression gouvernementale israélienne pour rappeler le lien historique entre l'identité juive et ce territoire. L'ONU elle-même a également utilisé les termes de Judea et Samaria dans le texte de la résolution 181 de novembre 1947.
Le terme de Cisjordanie est apparu entre 1948 et 1967 en rapport à ce que l'on appelait encore à l'époque la Transjordanie, royaume créé artificiellement dans les années 1920 et transformé par la Société des Nations en mandat britannique, comme la Palestine. La Transjordanie a annexé la Cisjordanie après la guerre israélo-arabe de 1948 et s'étendait sur les deux rives du Jourdain. La guerre des Six Jours entre Israël et ses pays voisins a fait perdre au royaume de Transjordanie, renommé depuis Jordanie, les territoires qu'il contrôlait à l'ouest du Jourdain: la Cisjordanie.
C'est en juillet 1988 que le royaume de Jordanie a officiellement renoncé aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la représentation électorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui.
Des personnalités publiques comme Hugh Fitzgerald [[1]], vice-président du Jihad Watch Board remettent en question l'utilisation du terme "West Bank" en expliquant que l'expression est imprécise et que potentiellement la totalité de l'État d'Israël (à l'exception peut-être du Néguev) est à l'ouest du Jourdain. Selon eux, il faut préférer utiliser une expression comme "Judée-Samarie" qui est plusieurs fois millénaire, plutôt que "Cisjordanie" qui ne date que de l'occupation jordanienne. Pour d'autres comme le professeur de linguistique Lewis Glinert [[2]], « la bataille des mots est perdue pour les Israéliens » sur l'utilisation de ce terme car « Jordaniens, Britanniques et potentiellement le monde entier » utilisent déjà ce terme.
Israël et la Cisjordanie
Les frontières entre l'État d'Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement tracées et résultent des accords d'armistice israélo-arabes de 1949 suite à la guerre israélo-arabe de 1948. La Cisjordanie a été annexée et occupée par la Jordanie de 1949 à 1967, puis Israël en a récupéré le contrôle durant la guerre des Six Jours. Les Palestiniens considèrent qu'Israël occupe les territoires de Cisjordanie, alors que du côté israélien, on préfère parler de « contrôle » et de territoires «disputés» plutôt que d'occupation.
Au niveau international, cependant, il est généralement admis que la Cisjordanie est un territoire occupé, et qu'à ce titre les implantations de populations israéliennes y ont un caractère illégal en raison de la Convention de Genève. Israël a toujours vigoureusement contesté cette vision des choses, argumentant que ce territoire était sous occupation jordanienne avant 1967.
En juin 2005, dans le processus lié à la décision israélienne de se «désengager» d'une partie de la Cisjordanie et de Gaza, la Cour Suprême de l'État d'Israël a déclaré que ces territoires étaient occupés par fait de guerre et ne faisaient pas partie du territoire national.
La Seconde Intifada en Cisjordanie
Depuis le début de la seconde Intifada, de nombreuses incursions israéliennes ont eu lieu en Cisjordanie en représailles aux attentats-suicides palestiniens.
La plus importante de ces incursions (nommée « Opération Rempart ») a été déclenchée suite à un attentat palestinien particulièrement meurtrier dans la ville de Netanya (« le massacre de Pâques ») le 27 mars 2002 - revendiqué par le mouvement intégriste islamiste Hamas. L'attentat a fait au final 30 morts. « Rempart » a consisté en une réoccupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (où le complexe présidentiel de Yasser Arafat a été largement détruit, ainsi que le centre de la sécurité préventive palestinienne situé à Beitounya), Naplouse (où des combats particulièrement violents dans la casbah ont occasionné la mort de 78 Palestiniens), et Jénine. (Voir l'article concernant la polémique autour des événements qui se sont déroulés à Jénine).
Les conditions de vie
Les conditions de vie des populations palestiniennes en Cisjordanie suscitent de plus en plus d'inquiétude. Plusieurs missions mandatées par l'ONU, ainsi que d'innombrables témoignages, indiquent une régression spectaculaire du niveau de vie, du niveau d'éducation, et du suivi sanitaire des populations. Le principal facteur cité est la très sévère restriction de circulation des biens et personnes mise en place par l'armée israélienne. Certaines villes (Jéricho ou Jénine par exemple) sont entourées d'un fossé interdisant toute entrée ou sortie de la ville, à l'exception de points de passage ou « Checkpoints » contrôlés par l'armée. Il y a aussi plus d'une centaine de ces checkpoints disséminés sur les routes de Cisjordanie, et d'innombrables contrôles mobiles. Israël de son côté assure que ces checkpoints sont indispensables à la protection de ses citoyens, en Israël comme en Cisjordanie. De plus, la présence et l'agrandissement continu des colonies israéliennes ajoutent des sources de conflits et d'incidents graves.
La barrière de séparation
Voir l'article détaillé Barrière de séparation israélienne
En 2002, le gouvernement israélien (à l'époque un gouvernement de coalition contenant aussi bien le Likoud que les travaillistes) a décidé la construction d'une barrière de séparation dont le but annoncé est de protéger les citoyens israéliens des attentats terroristes palestiniens. Une controverse a immédiatement explosé, alimentée par le tracé du passage de la clôture. Celui-ci, empiétant parfois largement hors des frontières de 1967, est considéré par les Palestiniens comme une tentative d'appropriation de terres par le biais d'un fait accompli sur le terrain. Cette controverse a culminé lors de l'intervention de la Cour Internationale de Justice sur le sujet, qui a déclaré le mur illégal. Il est à noter qu'Israël n'a pas ratifié le traité créant cette Cour, et ne reconnaît pas son autorité.
Cette barrière aggrave significativement les problèmes économiques des populations palestiniennes et, dans un certain nombre de cas, crée des obstacles à l'accès aux soins et à l'éducation. Elle a cependant apparemment eu un impact significatif sur le nombre d'attentats-suicides perpétrés sur le territoire israélien. Fin novembre 2004, la Cour Suprême de l'état d'Israël a ordonné des changements notables du tracé de la clôture, la rapprochant des frontières de 1967. Cependant, des « blocs » de colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens sont encore englobés dans le tracé modifié.
Voir aussi
Palestine (région, terminologie, histoire générale)
- Palestine, Palestine (homonymie), Palestine mandataire
- Pays de Canaan, Judée, Samarie, Bande de Gaza, Cisjordanie, Transjordanie
- Histoire de la Palestine, Israël (Bible), Philistins, Royaume d'Israël, Royaume de Juda, Royaume de Jérusalem, Empire ottoman
- Accord Sykes-Picot, Déclaration Balfour, Plan de partage de la Palestine
Palestine (arabe)
- Palestine (État revendiqué), Territoires palestiniens, Jérusalem-Est
- Peuple palestinien, Culture palestinienne, Politique palestinienne, Diaspora palestinienne, Septembre noir
- OLP, Autorité palestinienne, Fatah, Hamas, Jihad islamique, FPLP
- Yasser Arafat, Mahmoud Abbas
Israël
- Israël, Jérusalem, Tsahal, Histoire d'Israël, Sionisme, Histoire du sionisme, Histoire chronologique du sionisme,
- Likoud, Parti travailliste, Kadima, Shass, Shinouï, Yachad, La Paix Maintenant, Agoudat Israel, Moledet.
- Ariel Sharon, Shimon Peres, Yitzhak Rabin, Menahem Begin, Golda Meir, David Ben Gourion
- Diaspora juive, Birobidjan, portail Judaïsme
Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »
- Conflit israélo-arabe, Conflit israélo-palestinien, Réfugiés palestiniens, Réfugiés juifs des pays arabes, Ligue arabe
- Guerre israélo-arabe de 1948, Crise du canal de Suez de 1956, Guerre des Six Jours de 1967, Résolution 242 (1967), Guerre de Kippour de 1973, Guerre du Liban de 1982, les 2 Intifada, Prisonniers palestiniens en Israël
- Accords de Camp David, Accords d'Oslo, Sommet de Camp David II, Sommet de Taba, Feuille de route pour la paix, Plan de désengagement de la Bande de Gaza - 2005
- Colonie israélienne, Barrière de séparation israélienne, Plan de paix Elon
Liens externes
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