Cohen (judaïsme)
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Cohen (héb. כהן, plur. cohanim) est un titre conféré à Aaron, le frère de Moïse de la tribu de Lévi, et à sa descendance masculine, afin de les désigner comme "dévoués" (sens originel de כהן) au service du Temple. Il s'agit donc des membres du clergé hébreu, qui réalisaient les sacrifices et autres services dans le Temple de Jérusalem, sous l'autorité du Cohen Gadol (Grand Prêtre). Le premier Cohen Gadol fut Aaron lui-même.
Le Cohen Gadol tenait un rôle particulier, notamment dans l'office de Yom Kippour.
Depuis la destruction du Temple, le nom a continué à se transmettre de père en fils. Les cohanim continuent à jouir d'un statut personnel distinctif dans le judaïsme, et sont astreints à des règles et lois particulières, du moins dans les communautés orthodoxes.
Sommaire |
Sources bibliques
Qualifications et disqualifications
Le Cohen Gadol
Impureté rituelle
Les Cohanim formaient un groupe saint, dont le rôle était d'appliquer les rites cultuels et sacrificiels énoncés dans la Torah.
Afin de les protéger contre l'impureté rituelle (qui ne se confond pas avec l'hygiène corporelle), la Torah leur a imposé des règles de pureté rituelle stricte. Selon les Juifs orthodoxes, ces lois sont toujours d'application de nos jours.
La mort et le deuil
La Torah étant "une Torah de vie", la mort et ceux qui la portent sont considérés comme impurs (pas seulement pour les Cohanim). Un Cohen n'a donc pas le droit :
- de toucher de cadavres (ce qui leur interdit théoriquement d'apprendre l'anatomie, donc la biologie et la médecine, humaine ou vétérinaire), ni de réaliser les rites funéraires, comme la tahara (purification) ou la levaya (enterrement). Il peut néanmoins (et doit) se rendre impur pour ses 7 parents proches : père, mère, frère, soeur (uniquement si célibataire), fils, fille, conjoint.
Un Cohen Gadol n'a pas le droit de se rendre impur, même pour ses parents proches, mais en l'absence de Temple, il n'y a pas de Cohen Gadol de nos jours.- À propos des études de médecine, si les autorités orthodoxes y sont globalement défavorables, on note un assouplissement des tendances plus libérales, qui estiment qu'en l'absence du temple, tous les Cohanim ne sont que présumés Cohanim, et qu'ils ne devraient pas être privés de la mitzvah de sauver une vie.
- de pénétrer dans un lieu ou un périmètre dans lequel pourrait se trouver un cadavre ou une partie de cadavre (Lev. 10:6, Lev. 21:1–5; Ezek. 44:20-25). Ceci lui interdit l'accès à un cimetière, la participation à un enterrement, de se trouver sous le même toit (dans une maison, un hôpital, voire un home ou une maison de deuil d'une personne ne faisant pas partie de ses sept proches, tant que le cadavre se trouve sous le même toit) qu'un cadavre, sauf lors d'une veillée funèbre de l'un de ses sept proches, auquel cas il ne porte pas attention à la présence d'autres cadavres.
Il est de coutume d'enterrer les Cohanim au bord des cimetières ou au bord des allées afin de permettre à leurs proches Cohanim de se rendre sur leur tombe (à une distance d'au moins quatre coudées, c'est-à-dire deux mètres) sans risquer d'entrer dans le périmètre d'autres tombes, ce qui les rendrait rituellement impurs.- Le centre médical Hadassah a résolu ce problème, en dotant certains secteurs de doubles cloisons. Techniquement, le mortuarium et les chambres des patients peuvent donc être considérés comme deux bâtiments différents.
- de toucher quiconque ou quoi que ce soit qui a été rendu impur par contact avec un mort.
Sont dispensés de ces règles :
- un enfant qui n'est pas en âge de comprendre son statut ni la particularité qu'il lui confère.
- la fille d'un Cohen célibataire.
- l'épouse d'un Cohen, qu'elle soit ou non elle-même fille d'un Cohen.
En résumé, les règles et réglementations précises de l'impureté rituelle sont assez complexes, et il est préférable de consulter une autorité rabbinique compétente pour déterminer la conduite à tenir au cas par cas. Une règle générale est d'éviter de se trouver à moins de deux mètres d'un cadavre. La proximité du cadavre d'un non-Juif porte à de moindres conséquences, et le problème ne se pose qu'en cas de contact avéré.
le mariage
- Un (homme) Cohen ne peut se marier avec une femme divorcée, prostituée ou déshonorée (Lev. 21:7). Tout Cohen outrepassant ces interdits perd son statut tant qu'il n'a pas divorcé. Il s'agit de situations involontaires, un Cohen n'ayant pas le droit de se défaire volontairement de son héritage afin d'épouser une femme qui lui est prohibée (Lev. 21:6–7).
Selon le Talmud, un Cohen marié en dépit de ces interdictions ne voit pas son mariage invalidé, et ses enfants ne sont ni illégitimes, ni "bâtards" (mamzer). Toutefois, ils sont 'hallalim[1], "vides" de leur statut de Cohen de façon permanente.
- Le Cohen Gadol doit épouser une vierge.
Autres limitations
Durant la période du Temple, les cohanim étaient priés de s'abstenir de boissons fortes et durant leur charge sacerdotale (Lev. 10:9; Ezek. 44:21).
Exceptions aux règles d'impureté
Le Talmud prescrit à tout cohen—y compris au Cohen Gadol—qui trouverait un cadavre sur la route, et ne trouverait personne d'autre à portée pour l'enterrer, de l'enterrer lui-même (met mitzvah).
Le Talmud raconte aussi que lorsque Rabbi Juda HaNassi décéda, les lois d'impureté rituelle au contact d'un cadavre furent suspendues pour la journée. Cette exception s'applique à la mort de tout Nassi ("président", dirigeant rabbinique du Sanhédrin, puis d'une académie religieuse).
Les Cohanim de nos jours
Montée à la Torah
La bénédiction sacerdotale
Statut personnel
Lignées sacerdotales dans la Torah
Cohen en tant que patronyme
En dehors du judaïsme
Notes
Voir aussi
- Cohen (homonymie)
Sources
- Grand Rabbin Jacques Ouaknin,"L'âme immortelle. Précis des lois et coutumes du deuil dans le judaïsme", éditions Bibliophane-Daniel Radford 2002, publié avec le concours du Consistoire de Paris ISBN 2-86970-059-8
- Rav Alfred J. Kolatch,"Le Livre Juif du Pourquoi?", traduit par le Dr A. Kokos, Collection Savoir,
- Tome I éditions MJR 1990 ISBN 2-88321-002-0
- Tome II éditions MJR 1996 ISBN 2-88321-018-7
Catégories
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