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Drehu

 drehu, lifou
(qene drehu)
 
Parlé enNouvelle Calédonie
RégionLifou
Nombre de locuteursenviron 12 000
ClassementPas dans le top 100
Typologie
Classification par famille
*Langues austronésiennes
    • drehu
(Classification SIL - simplifiée)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle de
Régi parAcadémie des langues de Nouvelle Calédonie
ISO 639-1
ISO 639-2
ISO/DIS
639-3
SILDEU
Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur

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Sommaire

Introduction

Le drehu (qene drehu) est une langue appartenant à la famille des langues austronésiennes. On y retrouve en effet les principales caractéristiques de ces langues

Elle est la langue kanak qui comporte le plus de locuteurs. Ils sont environ 12 000, essentiellement sur l'île de Lifou (Îles Loyauté). Elle a aujourd'hui le statut de "langue régionale" faisant partie des 5 parmi les 28 langues de Nouvelle-Calédonie à pouvoir être passées en option au bac, que cela soit sur place ou en métropole. La langue drehu est également enseignée depuis 1973 à l'Institut national des langues et civilisations orientales et depuis 2000 à l'Université de Nouméa.Langue de tradition orale, elle a été pour la première fois transcrite au milieu du XIXe siècle par les missionnaires britanniques et polynésiens de la London Missionary Society (LMS), avec l'aide des Lifous. Parmi ces missionnaires, citons Samuel Mac Farlane et Fao (ou Paoo), originaire quant à lui d'Aitutaki aux îles Cook et formé au collège de Takamoa, l'école pastorale de Rarotonga. Il existe également sur l'île une autre langue, le qene miny, utilisée autrefois pour s'adresser aux chefs bien que de nos jours peu de gens savent encore la maîtriser.


Phonologie

La langue drehu se compose de 30 phonèmes :

Il existe de légères nuances de prononciation et de tonalité entre le nord et le sud de l'île.

Les premières transcriptions faites par des anglophones ne faisaient pas la distinction entre les consonnes alvéolaires et dentales écrites alors indifféremment "d" et "t". Drehu était alors écrit "dehu". Parmi les différentes graphies ayant été utilisées par la suite, liées sans doute à des variations de prononciation, on trouve le "j" [ð] écrit un temps "dh" (ex : Dhozip pour Jozip) le "x" [x] écrit "ch" (ex : Chepenehe pour Xepenehe). La réforme du système d'écriture date des années 70 et est aujourd'hui acceptée par tous.

L'utilisation du son [ʃ] comme par exemple eashë (nous), shëshë (voler), ishola (épouse du chef)... est considérée comme étant du qene miny. Easë, sësë ou isola seront plus couramment utilisés

Déictiques personnels

Comme le plupart des langues d'Océanie, le drehu comporte un duel et un pluriel. Il fait également la distinction entre le nous inclusif et le nous exclusif.

'Singulier

Duel

Pluriel

Quelques marqueurs aspectuels

Vocabulaire de base

Bozu  : Bonjour (emprunt au français, « bonjour »). Les jeunes aiment aujourd'hui à dire uzob, ce qui est généralement mal vu par les vieux.

Talofa : forme plus ancienne de salutation (emprunt au samoan)

Hape ue lai ?  : Comment allez-vous ? (Une autre manière de dire est mare ? ou matre ?, un racourci pour matre troa la mel ?

Egöcatr(e) : Très bien, je vais bien. Une autre réponse possible est « pëkö », littéralement « rien du tout ». L'étiquette lifou fait que l'on ne doit jamais se plaindre de ses maux. Ne jamais répondre « tha loi kö », « cela ne va pas » ou eni a kucakuca, « je suis fatigué ».

Drei nyipë ?  : Qui êtes-vous? Comment vous appelez-vous ?

Ame ni tre...  : Je m'appelle ...

Elanyi hë  : salut, à demain

Edrae hë  : salut, à plus tard

Eö a u ? : Que fais tu ?

Eni a pi xen : j'ai faim

Ka madra : un blanc, un Européen. Littéralement le terme signifie « le rouge ». Il existe plusieurs versions quant à l'origine du terme. Il est probable que cela fasse référence à la couleur de la peau brûlée par le soleil des premiers Européens (des britanniques) à être passés sur l'île

Atre wiiwii : Un français. Nöje wiiwii  : la France. Wiiwii est le terme utilisé pour désigner les Français dans un grand nombre d'archipels, par exemple chez les Maori de Nouvelle-Zélande.

Atre papaale : un anglais ; qene papaale : l'anglais, la langue anglaise.

Mëëk(e) : la Gande Terre.

Eaj(e) : Ouvéa.

Mengon(e) : Maré.

Tixa : Tiga.

Kunie : île des Pins.

Kolo ka hapeu ngöne qene wiiwii la trenge ewekë ... : Que signifie en français la phrase...

xen(i)  : manger (un produit de nature végétale), eni a xeni la wahnawa : je mange une banane

ön(i) : manger (un produit de nature animale), eni a öni la gutu : je mange du poulet

tro  : aller, marcher ; nyipë a tro ië ? : Où allez-vous ?;

föe  : une femme adulte

trahmany(i)  : un homme adulte

Jajiny(i)  : une jeune fille (une adolescente)

Thöthi : un jeune homme (un adolescent) ; Ame la eni a thöthi tre  : Lorsque j'étais jeune...

Nekönatr(e) : un enfant

Qatr(e) : un vieux,un ancêtre

joxu : chef

angajoxu : grand chef. Ils sont au nombre de trois sur l'île. Le nom des trois grandes chefferies sont Lösi au sud, Gaica à l'ouest et Wetr au nord.

Uma : habitation (terme générique) ; uma meitro : case traditionnelle ; uma etë : maison en dur, en pierre ; uma itön  : magasin

Itön : acheter ; tro ni a itön la falawa : je vais acheter du pain

Hnanyijoxu : enceinte de la chefferie, lieu où habite le chef.

Huhnahmi : village chrétien. Traditionnellement, l'habitat était dispersé. Ce sont les missionnaires qui regroupèrent la population de chaque tribu au sein de villages créés à cet effet

Hmitrötr(e) : interdit, sacré, tabou; Kola hmitrötre troa qaja.. : il est interdit de dire... ; thina ka hmitrötr : avoir une conduite incorrecte

Thoi : mensonge ; qeje thoi : mentir

Nyipici : vérité, vrai

Koko : igname (terme générique). Il existe également des termes précis pour chaque variété d'ignames.

Wene gee : calebasse

Nu : cocotier

fiji : moule

eötr(e) : requin

helep(u) : l'intérieur des terres

Lexique (à classer)

Quelques proverbes

(Source : Emma Hadfield, "Among the natives of the Loyalty Group" 1920)

Qali ne nu  : (littéralement "C'est un cocotier tordu"), au sens d'on ne peut pas changer les gens car on ne redresse pas un cocotier tordu

Tulu kö tulu : (litt : "une mesure pour une mesure"), c'est donnant donnant

Hnaho pi xetë a xetë : (litt. "la poule sultane donnera naissance à une poule sultane"), "les chats ne donnent pas des chiens".

Kuië wëtresiji hnengödraië : (litt. "lancer des étoiles dans le ciel") au sens de faire quelque chose d'inutile ou de perdre son temps. Le ciel est déjà plein d'étoiles, pourquoi en jeter d'autres ?

Me eö kö lai, nge qa shë kö la : (litt. "toi c'est comme cela et nous c'est ainsi"), à chaque pays sa façon de faire, à chacun sa méthode.

Munë ne wenge pë hë : (litt. "les restes de la pirogue", le bois non utilisé pour construre une pirogue - wenge), une "vieille fille", une "femme non mariée".

Sources

Cours de drehu de Wamo Haocas (INALCO), section langues océaniennes

Ecouter du drehu : http://lacito.archivage.vjf.cnrs.fr/archives/Nouvelle_Caledonie/Drehu/MU.mp3 récit de Wanum Maka recueilli par Claire Moyse-Faurie,CNRS, Lacito, sur l'arrivée de Tongiens à Mu, grande chefferie de Lösi.

Bibliographie

Drehu:Nuvola apps gaimPortail des langues – Accédez aux articles de Wikipédia concernant les langues.

Catégories 


Langue de Nouvelle-Calédonie | Langue malayo-polynésienne

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