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Genèse

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Pentateuque
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Genèse:Bereshit pereq aleph, premier chapitre du Livre de la Genèse, écrit sur un œuf, musée Israël.
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Bereshit pereq aleph, premier chapitre du Livre de la Genèse, écrit sur un œuf, musée Israël.
Le Livre de la Genèse (du grec Γένεσις, « naissance », « commencement », « source », « origine », « cause ») est le premier livre de la Torah (Pentateuque), donc du Tanakh (l'"Ancien Testament" chrétien). La tradition juive considérant qu'il a été écrit par Moïse, on l'appelle également parfois Le Premier Livre de Moïse.
Une croyance assez courante dans les fois abrahamiques veut qu'il ait été divinement inspiré (écrit par Dieu, ou plutôt dicté par Lui à un humain), et est donc Infaillible.

En hébreu, son intitulé est Bereshit (Bərêšîth, בראשית, signifiant « au début de ...»), d'après le premier mot de la première parasha du Livre. Ceci est dans l'habitude du judaïsme d'intituler les parashiot et les livres selon les premiers mots significatifs.

Le livre de la Genèse veut expliquer l'origine de l'homme et du peuple hébreu jusqu'à son arrivée en Égypte en l'éclairant par le projet de Dieu.
Il commence avec l'histoire de l'humanité pré-abrahamique : description de la création du monde par Dieu; Adam et Ève, et leur bannissement du jardin d'Eden; Caïn et Abel, le premier meurtre, qui détruisit un quart de l'humanité; histoire de Noé et du Déluge -- parmi sa descendance, un certain Abram et son épouse Saraï.

Le chapitre 12 commence avec l'appel d'Abram (le futur Abraham) et sa femme Saraï (qui deviendra Sarah), alors stérile, et leur départ depuis leur terre natale d'Ur (probablement en Babylonie) vers le pays de Canaan. Il implique qu'Abram a accepté et été accepté par Dieu, et rapporte la promesse divine que tous les peuples de la terre seront bénis par sa descendance (22:3).

Genèse relate ensuite les faits de ses descendants, Isaac, et Jacob (qui deviendra Israël), et leur famille, ainsi que, dans une moindre mesure, les "autres" descendants, qui formeront de grands peuples antagonistes d'Israël, à savoir Ismaël et Esaü (Edom). Lorsque le dernier verset termine, les descendants de Jacob, les Israélites, sont venus en Égypte, à l'invitation de l'un des leurs, Joseph, devenu par un "extraordinaire concours de circonstances" (que la Bible explique comme "le doigt divin") le plus important ministre auprès de Pharaon.

Le Livre de la Genèse contient les présupposés et bases historiques aux idées et institutions nationales et religieuses d'Israël, et sert de préface, introduction ou entête à son histoire, ses lois et coutumes.
Selon l'hypothèse documentaire, ce serait la composition non pas d'un rédacteur mais d'un ensemble de rédacteurs, qui ont raconté les traditions des Israélites, les combinant en un travail uniforme, tout en préservant les particularités textuelles et formelles incidentes à leurs différences dans l'origine et le mode de transmission.

Cependant, l'hypothèse dite documentaire a déjà été envisagée par les exégètes religieux, et des réponses cohérentes avec la tradition ont pu également être proposées. Selon l'hypothèse midrashique, la composition de la Bible est le résultat de calculs, c'est-à-dire de l'application conjointe de règles de logique, de prosodie, de guématrie etc, dites règles du midrash, qui auraient constitué la "Torah orale", remises à Moïse en même temps que la Torah écrite.


Sommaire

Autorité du Livre

Genèse, en tant qu'œuvre, ne mentionne aucune assignation à un auteur; c'est un article de la foi juive orthodoxe de croire que le livre fut dicté dans son entièreté par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï.
Pour de nombreuses raisons, cette assertion n'est plus acceptée depuis longtemps par de nombreux biblistes académiques et protestants libéraux. Ceux-ci se fondent au contraire sur une théorie, dont les racines sont basées sur l'évolution culturelle et le naturalisme philosophique, et qui enseigne que le texte du Livre de la Genèse tel qu'on le connaît aujourd'hui fut compilé aux alentours de 440 AEC, à partir de sources antérieures puisant dans les cultures environnantes, principalement de Sumer, dont les patriarches sont d'ailleurs supposés descendre. Voir l'entrée Hypothèse documentaire pour plus d'information.


Utilisation de la lecture littérale pour dater la création

Sur base des généalogies (toledot) dans le Livre de la Genèse et des parties ultérieures de la Bible, les érudits religieux juifs et chrétiens ont indépendamment estimé la datation de la Création du monde.
Cette approche suggérerait qu'elle se tînt aux alentours du quatrième millénaire AEC après les six jours au cours desquels Dieu créa les cieux et la terre (on suppose qu'il s'agit de jours de 24 heures, qu'Adam, Ève, et le jardin d'Eden ont existé, et qu'une trace complète des évènements depuis la Création jusqu'à une date historiquement vérifiable se trouve dans le compte-rendu biblique).

Beaucoup de biblistes académiques remettent en question l'exactitude du compte-rendu historique de la Bible, et son utilisation pour retracer les évènements présentés dans Genèse et dater l'histoire humaine a été rejetée par la grande majorité d'historiens et d'archéologues. De plus, des preuves scientifiques indépendantes dans des domaines aussi variés que la cosmologie, la géologie et la biologie est entièrement incompatible avec la ligne de temps décrite dans Genèse (p.e. l'âge de la Terre est estimé à plus de quatre milliards d'années).

Le sujet sera abordé plus précisément dans Bible et histoire et Créationnisme Jeune Terre.

Interprétations littérales vs allégoriques

Le Livre de la Genèse commence par un (ou des) récit originel. Comme une lecture littérale de celui ou ceux-ci peut sembler en conflit avec les théories scientifiques communément admises, comme le Big Bang ou la théorie de l'évolution, beaucoup de croyant considèrent le (les) récit(s) de la Création selon Genèse comme des allégories; toutefois, l'interprétation, sinon allégorique, non-littérale n'avait pas attendu Darwin, puisqu'elle commençait déjà avec Augustin d'Hippone.[1].

Ceux qui croient que les onze premiers chapitres sont à prendre au sens littéral font valoir que le style scripturaire de ceux-ci partagent les caractéristiques de passages habituellement considérés de nature historique, et qu'il n'est nulle part fait mention qu'il ne s'agirait pas d'une narration littérale (ce qui est le cas pour les prophéties de Balaam par exemple) [2].
De telles analyses, se basant sur une forte tradition d'infaillibilité biblique (le fait de ne pas remettre la Bible en doute, par principe), ont conduit de nombreux individus et organisations, issus des milieux scientifiques et religieux, à rejeter les théories scientifiques traditionnelles de l'origine de la vie et de l'univers pour des théories "alternatives", comme le créationnisme Jeune-Terre (Young-Earth creationism, en abrégé YEC). Les tenants du YEC utilisent leur connaissance approfondie du récit originel selon Genèse afin de fournir des réponses aux questions que posent l'évolution et l'origine ainsi que le sens de la vie, plutôt que de rationnaliser leurs positions au vu des théories faillibles des hommes.

Il existe cependant un nombre croissant de juifs et de chrétiens qui professent que les premiers chapitres de Genèse ne relatent pas le début de la création physique. Essayant de relire les Écritures à la façon des premiers destinataires de celles-ci (à savoir les anciens Israélites), ils pensent que ces premiers chapitres relatent la propagation de l'ordre divin sur le plan physique qui existait avant le début de la narration. Certains décrient même toute tentative d'interpréter les textes comme autre chose qu'une organisation de l'univers.
Cette interprétation était déjà celle d'Augustin d'Hippone, qui rejetait toutefois la suggestion que la Genèse soit une allégorie; selon lui, la "lumière" signifie tout le temps "ordre", illumination, plan supérieur d'existence; "jour" est un intervalle de temps indéterminé, qui n'est défini que par un paradigme central, comme dans l'expression "aube d'un nouveau jour". De ce point de vue, on peut rejeter l'objection des trois premiers jours (qui ont précédé l'attribution de la lumière avant le soleil), en faveur d'une interprétation "littérale" que l'univers fut créé tout d'une pièce, pour progresser du chaos à la lumière-"entendement", et non l'ensemble du spectre électromagnétique, puis aux cieux, etc.[3]
Actuellement, la Bible de Jérusalem indique, en annexe, que la Genèse correspond à une période commençant environ 100 000 ans (homo habilis) avant la période correspondant à l'Histoire et à l'apparition de l'écriture (Abraham).

Il est néanmoins à noter que le Livre de la Genèse, très souvent cité tant dans la Bible hébraïque que dans le Nouveau Testament, ne l'est jamais dans un sens métaphorique, allégorique ou non-littéral : lorsque Moïse corrèle les 6 jours de la Création avec les 6 jours de travail de la semaine (Exode 20:11), que David fait allusion à la Création ou aux faits elatés dans les chapitres 1 à 11 dans les Psaumes, ou que Jésus et Pierre les évoquent, ce ne peut être qu'au sens littéral et "historique" du terme, sans besoin d'interprétation ou d'interpolation.

Thématiques

Les thèmes de la Genèse étaient retrouvés dans tout le Moyen Orient, notamment en Mésopotamie, où l'on trouve des récits antérieurs à la rédaction de la Genèse et travaillant sur les mêmes thèmes (Création de l'Homme par le dieu Mardouk avec de l'argile ; création de la femme à partir d'une côte de l'homme - un jeu de mots sumérien, car « côte » et « vie » sont homonymes dans cette langue -- ils ne le sont cependant pas en hébreu, "côte" est à prendre au sens de "côté", homme et femme furent créés "côte à côte", c'est-à-dire indifférenciés, jusqu'à ce que Dieu les sépare); aventures du héros Gilgamesh avec la narration d'un déluge ; construction des tours babyloniennes...).

Toutefois, si une opinion veut que les auteurs de la Genèse aient repris ces thèmes en leur donnant un nouveau sens religieux, ils pourraient être une variante de thèmes communs, preuve qu'ils émergent d'un seul et même récit, ce qui tendrait plutôt à conforter les hypothèses contenues dans les récits bibliques.

Récit fondamental pour les 3 grands monothéismes avec la figure d'Abraham, il est souvent au cœur de controverses parmi lesquelles :

Sources : TOB Traduction œcuménique de la Bible

Résumé

Récit(s) de la Création

Genèse:Création de la Lumière, par Gustave Doré. Cette gravure, qui se veut représentation littéraliste de Genèse 1:3 ("Et la lumière fut"), contredit en réalité les Écritures, car la lumière précéda de trois jours le soleil.
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Création de la Lumière, par Gustave Doré. Cette gravure, qui se veut représentation littéraliste de Genèse 1:3 ("Et la lumière fut"), contredit en réalité les Écritures, car la lumière précéda de trois jours le soleil.

Le récit originel biblique peut être divisé en deux sections - la première commençant avec le compte-rendu de la Création de l'univers par Dieu, laquelle se produit en six jours, alors que la seconde se focalise davantage sur l'homme, moins préoccupée par la création et l'évolution de la Terre, ses créatures et ses caractéristiques.

Dans le premier chapitre, l'ordre donné par la Bible est le suivant : au jour un (et non "premier jour"), Dieu créa les cieux et la terre, le tohu-bohu, la ténèbre, l'abîme, les eaux, puis la lumière (bien que, selon Isaïe, Dieu ait créé la ténèbre et façonné la lumière); au jour second, Dieu crée le firmament des cieux; au jour troisième, l'apparition de la terre sèche, et de la vie végétale; au jour quatrième, Il attribue au soleil le jour, à la lune et aux étoiles la nuit, outre leur rôle de "signes" pour déterminer fêtes et saisons; au jour cinquième, Dieu crée les Taninim (leur identité n'est pas éclaircie"), les créatures aquatiques et les créatures ailées (mais il n'est pas précisé qu'il s'agisse du règne aviaire -- il pourrait s'agir des insectes); au jour sixième, les créatures terrestres, et enfin l'Adam - mâle et femelle.

Le second chapitre (selon la capitation chrétienne -- les quatre premiers versets du second chapitre font partie de la première des sept portions de la parashat Bereshit) mentionne le septième jour de la création, où Dieu S'abstient (shabbat).

Certains pourraient se demander si c'est ce chapitre de la Bible hébraïque qui a donné la semaine de sept jours, et spéculer sur l'importance du nombre sept.
Cependant, la recherche sur l'origine de la semaine a enseigné qu'elle était déjà très répandue au travers de l'ancien monde, tellement répandue d'ailleurs que le récit originel biblique ne peut affirmer ses origines avec certitude.

La seconde section du récit originel explique que la terre était sans vie. Une vapeur fut suscitée du sol, et l'homme fut créé à partir de la poussière. À noter qu'un rabbin du vingtième siècle EC, Léon Ashkénasi, se basant sur des sources talmudiques remettait fortement en question la traduction d'"Ed par vapeur.

Adam et Ève

Genèse:Ève formée durant le sommeil d'Adam. Gravure de Gustave Doré
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Ève formée durant le sommeil d'Adam. Gravure de Gustave Doré
Le premier récit décrit la création de l'Adam en termes assez cryptiques : "Et Elohim créa l'Adam à Son image, c'est à l'image d'Elohim qu'ils furent créés, mâle et femelle Il les créa" (Gen. 1:26).
Dans le second récit, en revanche, Dieu forme Adam à partir de glèbe (adamah), et le(s) place dans le Jardin d'Éden, afin de le garder. Il(s) peu(ven)t manger de tous les fruits qui s'y trouvent, à l'exception du fruit de l'"Arbre de la connaissance du bien et du mal."
Estimant qu'il n'est pas bon que l'Adam soit seul, Dieu décide de lui faire un(e) aide, convoquant tous les animaux devant lui (Gen. 2:18-19). Dans Gen. 2:20, Adam étudie tous les animaux et les nomme, sans trouver son aide. Dieu le plonge alors dans un profond sommeil, prenant une côte (ou plutôt un côté, cf. Rachi ad loc) qu'Il façonne en "hommesse".

Le débat côte/côté naît entre autres de la simple constatation que les femmes ne possèdent pas moins de côtes que les hommes. Or Adam s'exclame "cette fois, c'est un os de mes os, une chair de ma chair !"; en Sumérien, le mot "côte" pourrait être un jeu de mots avec un homophone signifiant "vie".
Toutefois, le commentaire de Rachi, largement tributaire de la tradition orale juive, réputée être aussi ancienne que la Torah elle-même, précise bien que le mot "tselah" est le même que celui utilisé pour désigner un "côté" du Tabernacle. Et etzem qu'on traduit généralement par "os" peut également signifier "essence".

Par ailleurs, le verset 1:26 semble en contradiction avec le second récit, bien que Rachi l'explique de façon tout-à-fait logique ('cela indique simplement qu'ils furent tous deux créés au sixième jour'). Néanmoins, il cite auparavant un midrash sur le verset 1:26 : "l'homme fut créé à deux faces". A noter que, bien qu'il s'agisse d'un enseignement allégorique, ce midrash penche pour l'opinion précédemment citée, à savoir que "tselah" est considéré comme un côté et non une côte.

La chute

Genèse:Adam et Ève Chassés d'Eden. Gravure de Gustave Doré
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Adam et Ève Chassés d'Eden. Gravure de Gustave Doré
Le troisième chapitre introduit le Serpent (Satan ?) qui tente la femme et lui faire manger du fruit défendu de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Posant ses questions de façon apparemment ingénue, il parvient à exploiter subtilement le décalage existant entre les paroles de Dieu et la compréhension qu'en a la femme. Du verset 3:6 ("son mari avec elle"), il est généralement déduit que son mari est toujours avec elle, y compris lorsqu'elle déforme les paroles de Dieu, et qu'il ne la reprend ni ne la retient (raison pour laquelle il porte la responsabilité de la faute, et non sa femme). Ce détournement de Dieu est considéré comme le péché originel, dans la pensée chrétienne traditionnelle, mais non la pensée juive.
Selon la pensée juive, c'est suite à ce péché que Dieu, qui Se trouvait sur le plan terrestre, devient transcendant, l'existence étant devenue "putréfiée" par le péché de l'homme. Pour cette raison, le fait de rendre la justice rapproche Dieu du plan d'existence humain. Toutefois, l'homme n'est pas "damné". N'ayant pas su respecter une simple prescription (de cultiver le jardin), il devient astreint à une multitude de mitzvot ayant pour but d'accroître son mérite (Talmud de Babylone, traité Makkot). Enfin, selon le midrash, les femmes furent rachetées de leur péché en refusant de participer à la construction du veau d'or.

Dieu les maudit : haine perpétuelle entre le serpent, la femme et leur descendance; le serpent se retrouve apode condamné à mordre la poussière; l'homme se retrouve à devoir gagner son pain à la sueur de son front, la femme à enfanter dans le labeur; surtout, ils sont condamnés à la mortalité et chassés du Gan Eden, que deux Chérubins gardent de leur épée flamboyante.
Cependant, c'est à ce moment seulement qu'Adam nomme sa femme, Ève.

Genèse:La mort d'Abel. Gravure de Gustave Doré
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La mort d'Abel. Gravure de Gustave Doré

Adam a connu Ève (avant leur expulsion, selon Rachi) qui lui donne deux fils, Caïn et Abel. Les versets les présentent selon une structure chiastique : Caïn est agriculteur, Abel est berger; le sacrifice d'Abel à l'Éternel est agréé, au contraire de celui de Caïn. Celui-ci en conçoit de la rancœur, et malgré la mise en garde divine contre le péché qui rôde à sa porte, Caïn tue Abel et l'enterre. Le premier meurtre est un fratricide.
Comme son père, Caïn est abordé apparemment "innocemment" par Dieu, qui le condamne à errer sur la terre d'errance (la "terre de Nod"), à l'orient d'Eden. Dieu le marque de façon à le préserver de tout agresseur.

Note: ces histoires apparaissent également dans le Qur'an (voir Similarités entre la Bible et le Coran).

D'Adam à Noé

Genèse:Nuvola apps xmag
Voir l'articleGénéalogies de la Genèse.

Caïn, le premier fils d'Adam, construit la première cité connue dans la Bible, et l'appelle Enoch, comme son fils (Gen. 4:17). L'un de ses descendants, Lamech prend deux femmes (Gen. 4:19) et enfante Jabal (Yaval -- le "père" de ceux qui résident dans les tentes; Gen. 4:20), Jubal (Youval -- le "père" des musiciens; Gen. 4:21) et Tubal-Caïn (Touval Caïn -- le "père" des travailleurs de cuivre et du fer; Gen. 4:22). Ces descendants de Caïn ne savent rien de Dieu (Gen. 4:16).

Un autre fils est né à Adam, Seth, à l'image et la ressemblance de Dieu (Gen. 4:25-26). Le dixième est Noé (Gen; 5:1-29). Adam et Ève auront d'autres fils et filles (Gen. 5:4), non nommés car probablement disparus sans laisser de traces au cours du Déluge. Comme la plupart des personnages antédiluviens dont l'âge est donné, la longévité d'Adam est exceptionnelle : 930 ans (Gen. 5:5).

Le chapitre 5 dresse la généalogie d'Adam à Noé.

Noé et le Déluge

Le sixième chapitre de la Genèse, véritable introduction à l'histoire de Noé, est l'un des plus cryptiques de la Bible.
L'humanité commence à se multiplier. Viennent les bnei elohim, qui s'unissent avec les filles de l'homme. Dieu réduit les jours de l'homme à 120 ans (toux ceux qui précèdent ce décret sont d'une longévité exceptionnelle). Apparaissent, vraisemblablement de ces unions, les Nephilim.
Se penchant alors sur Sa création, Dieu la voit emplie de violence et de haine, du fait des créatures de la Terre. Dieu décide alors de purifier le monde avec un déluge et de recommencer.

Deux lectures de ce chapitre sont possibles:

Genèse: Le Déluge, vu par Gustave Doré
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Le Déluge, vu par Gustave Doré
Quoi qu'il en soit, un homme du nom de Noé trouve grâce aux yeux de l'Éternel, qui décide de l'épargner avec sa famille (Gen. 6:9). Dieu lui prescrit de construire une grande arche, ce que fait Noé. Prenant sa famille et un couple de chaque espèce terrestre et volatile, il referme les portes de l'arche alors que Dieu ouvre simultanément toutes les cataractes célestes et les sources terrestres. Le déferlement qui s'ensuit efface toute trace de vie terrestre (sans toucher les créatures aquatiques) à l'exception des résidents de l'arche.
Genèse:Le Lâcher de la colombe (Gustave Doré)
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Le Lâcher de la colombe (Gustave Doré)

Lorsque le niveau de l'eau baisse, la famille noa'hide quitte l'arche. Dieu établit un pacte avec Noé et ses descendants, c'est-à-dire toute l'humanité.
Noé plante une vigne (Gen. 9:20). Lorsque, dans un accès d'intoxication, il est honteusement traité par son fils Cham, il le maudit en la personne de son fils Canaan, tandis que Sem et Japhet sont bénis.
Il est à noter que, bien que Japhet soit l'aîné, la Bible les cite le plus souvent dans cet ordre, ce qui indique selon le biblisme critique qu'elle est écrite d'un point de vue sémite, qui valorise ses ancêtres et dénigre ceux des autres.
Genèse:La Tour de Babel (Gustave Doré)
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La Tour de Babel (Gustave Doré)
Le chapitre 10 dresse l'inventaire des peuples issus des trois fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. La dispersion de l'humanité en races et nations séparées est décrite dans l'histoire de la Tour de Babel. L'humanité est dispersée par une "confusion des langues," que Dieu suscite lorsque les hommes tentent de construire une tour (un ziggurat ?) qui devrait atteindre les cieux (9: 1-9). Une généalogie est ensuite dressée depuis Sem à Terah, qui a trois enfants : Nahor, marié à Milcah, Haran et Abram, marié à Saraï.

Note: L'histoire de Noé apparaît aussi dans le Qur'an (voir Similarités entre la Bible et le Qur'an).

Abram et Saraï

Genèse:Le périple d'Abram et son troupeau. Gravure de Gustave Doré
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Le périple d'Abram et son troupeau. Gravure de Gustave Doré
Terah, habitant Ur Kasdim, a trois fils, Abram, Nahor, et Haran. Celui-ci est mort devant son père, et a un fils, Loth. Nahor est marié à Milcah, et Abram à Saraï, qui n'a pas d'enfants. Dieu enjoint Abram à s'en aller de sa maison, sa ville, son pays. Abram obéit, émigrant vers le pays de Canaan. Là, Dieu lui apparaît, et lui promet que le pays deviendra la propriété de ses innombrables descendants.

Lorsque survient une famine, Abram est contraint de se rendre en Égypte. Le roi d'Égypte prend possession de la belle Saraï (qu'Abram a présenté comme sa sœur afin d'avoir la vie sauve; elle est cependant sa demi-sœur). Dieu envoie une maladie sur le roi, que celui-ci reconnaît comme signe divin; le roi rend Saraï à Abram, ainsi que de nombreuses richesses et un grand troupeau. Retournant en Canaan, Abram se sépare de Loth de façon à couper court aux disputes de pâturage. Loth choisit de se rendre à Sodome, dans la vallée du Jourdain. Dieu apparaît alors de nouveau à Abram, et lui promet tout le pays.

Abram et Melchisédek

Au cours de guerres entre les royaumes d'Amraphel, roi de Cinar, et Bera, roi de Sodome, ainsi que leurs alliés respectifs, Loth est pris en captivité. Se muant soudain en chef militaire analogue aux condottieri avant la lettre, Abram poursuit les vainqueurs avec ses gens en arme.

Rentrant en grandes pompes après avoir sauvé Loth et son clan, Abram est accueilli par Melchisédek, roi de Salem (Jérusalem) et grand-prêtre du Dieu Suprême (c'est-à-dire Dieu, mais sous un nom pouvant porter à ambiguïté avec un hénothéisme).
Melchisédek bénit Abram, qui lui donne la dîme sur son butin de guerre, avant de le rendre intégralement aux Sodomites.

Après cet exploit, Dieu apparaît de nouveau à Abram et lui promet Sa protection, une riche récompense et une progéniture nombreuse. Ladite descendance passera quatre cent ans en servitude dans un pays "qui n'est pas le leur"; mais après que Dieu ait jugé leurs oppresseurs, ils quitteront le pays de leur affliction, et la quatrième génération retournera dans le pays de Canaan.

Hagar et Ismaël

Saraï n'ayant pas donné d'enfant à Abram, elle lui donne, probablement selon une coutume d'usage à l'époque, sa servante égyptienne, Hagar, comme concubine.
Un fils naît de cette union, appelé Ismaël.
Dieu apparaît une fois encore à Abram, contractyant avec lui une alliance personnelle garantissant son avenir, lui promettant une nombreuse progéniture (d'où le changement de son nom, AbRam, "père puissant", en AbRaham, "père d'une multitude"). Saraï sera désormée appelée Sarah. La circoncision est instituée pour tous les membres de la maison d'Abraham, en signe éternel de l'alliance.

Sodome et Gomorrhe

Genèse:Abraham et les trois anges. Gravure de Gustave Doré. Si l'artiste représente les anges selon les canons de l'angéologie dans l'art, le Texte les présente comme des "Arabes", c'est-à-dire des nomades, sans signe extérieur particulier
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Abraham et les trois anges. Gravure de Gustave Doré. Si l'artiste représente les anges selon les canons de l'angéologie dans l'art, le Texte les présente comme des "Arabes", c'est-à-dire des nomades, sans signe extérieur particulier
. Dieu apparaît à Abraham à Mamre, lui envoyant trois anges (c'est-à-dire des "mandatés"), qu'Abraham reçoit avec hospitalité. Ils lui annonçent la venue d'un fils de Sarah endéans l'année, alors qu'ils sont déjà presque centenaires. Abraham entend aussi que les messagers de Dieu ont pour tâche d'exécuter le jugement sur les habitants de Sodome et Gomorrhe, dont le « péché est énorme ». Il tente alors d'intercéder pour les pécheurs, en faveur des justes qui se trouveraient dans la ville, marchandant avec Dieu pour faire baisser leur nombre jusqu'à 10. Deux des mandatés se rendent à Sodome, où ils sont hospitalièrement reçus par Loth. Cela provoque l'ire des habitants de Sodome, qui manquent de tuer Loth lorsqu'il tente de s'interposer, offrant ses deux filles à leurs appétits sexuels. Montrant qu'ils ont mérité leur destin, Sodome et Gomorrhe sont détruites par une pluie de feu et de soufre.
Genèse:la fuite de Loth et ses filles. Gravure de Gustave Doré
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la fuite de Loth et ses filles. Gravure de Gustave Doré
Seuls Loth et ses deux filles en réchappent. Sa femme, s'étant retournée, est devenue pilier de sel. Ses beaux-fils l'ont pris pour un plaisantin. Se retrouvant sans hommes à des lieues à la ronde, les deux filles de Loth le saoûlent et s'unissent à lui. Le fruit de cet inceste sera Moab et Ammon, qui fonderont de puissants royaumes.

Les pérégrinations d'Abraham le mènennt ensuite à Gherar, pays du roi Abimelekh. Abraham y représente derechef sa femme comme sa soeur à Abimelekh, qui souhaite la posséder avant de se désister, prévenu par Dieu.

Les récits de Loth, Sodome et Gomorrhe apparaissent aussi dans le Qur'an. Toutefois, celui-ci, considérant Lut comme un prophète mineur, récuse les récits selon lesquels il aurait offert ses filles en "pâture" à la foule et aurait eu des relations incestueuses avec elles (Voir Similitudes entre la Bible et le Coran).

La naissance d'Isaac

Genèse:Abraham expulse Hagar et Ismaël. Gravure de Gustave Doré
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Abraham expulse Hagar et Ismaël. Gravure de Gustave Doré

L'héritier tant attendu est né, et reçoit le nom d'"Isaac" (Itzhak: "Il rira" en Hébreu).
Voyant un jour Ismaël "rire" avec Isaac (selon les érudits du judaïsme, cela signifie au mieux "se moquer", mais plus souvent "rire en lui infligeant des sévices"), Sarah insiste pour qu'il n'hérite pas avec Isaac et obtient d'Abraham qu'il le chasse avec sa mère Hagar, ce qu'Abraham réalise à contrecoeur. Eux aussi seront promis à un grand avenir, bien que violent. Ismaël sera en effet un "onagre" qui lèvera la main contre ceux qui lèveront la main contre lui.
Il est à noter que, bien que tous deux fils du père des croyants, Ismaël est le fils d'"Abram", tandis qu'Isaac est le fils d'"Abraham". A chacun sa bénédiction et son avenir.

Selon les biblistes en faveur de la véracité de la Bible, il s'agirait là d'un important indice de datation confirmant son historicité, car il était de coutume de chasser les servantes à volonté à toute époque, y compris celle de la rédaction supposée de la Bible selon les tenants de l'histoire deutéronomiste, à l'exception de l'époque où l'on situe généralement l'histoire des patriarches[3].

Durant le festin organisé en l'honneur de la naissance d'Isaac, Abraham établit un pacte avec Abimelekh, qui lui octroie le droit sur puits de Beer-sheva (Bersabée).
Pour les biblistes critiques, "Bersabée" est l'un des doublets voire triplets les plus flagrants de la Bible, trahissant la juxtaposition de plusieurs traditions que le rédacteur (R) n'a pu départager.
Pour les croyants, il s'agit de la confirmation d'un droit dont l'acquisition perpétuelle est d'habitude monétaire, et utilisé par de nombreux bergers nomades de passage.

Ces histoires apparaissent aussi dans le Qur'an (voir Similitudes entre la Bible et le Coran).

Le quasi-sacrifice d'Isaac

Genèse:Isaac prépare le sacrifice sur les instructions d'Abraham. Gravure de Gustave Doré
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Isaac prépare le sacrifice sur les instructions d'Abraham. Gravure de Gustave Doré

Alors qu'Abraham semble jouir de toutes les bénédictions que lui a promises le Seigneur, y compris l'avenir de son fils, Dieu le soumet à la plus grande épreuve de foi, en demandant Isaac en sacrifice.

Abraham et, semble-t-il, Isaac s'y soumettent. En effet, Isaac, dans la fleur de l'âge, et capable d'arrêter son père, un vieillard, ne le fait pas lorsqu'il constate qu'il n'y a pas de bête à sacrifier, ni même lorsque son père le lie sur l'autel.
Selon les Sages du Midrash, leurs épreuves sont analogues à celles subies par Job, et le Satan intervient à plusieurs reprises pour tenter leur foi, non par des promesses mais en faisant remarquer à Abraham sa "folie" et à Isaac sa force.

Genèse:L'enterrement de Sarah. Gravure de Gustave Doré
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L'enterrement de Sarah. Gravure de Gustave Doré

Dieu intervient, en envoyant un ange au moment où Abraham abaisse son couteau, promettant à Abraham une descendance innombrable. Un bélier est sacrifié en lieu et place.

A la mort de Sarah, à l'âge de 127 ans, Abraham acquiert pour 400 sicles le caveau de Makhpela pour en faire un sépulcre familial.

Il envoie ensuite Eliezer, son plus fidèle serviteur, un Damascénien, au lieu de résidence de Nahor, afin de trouver parmi sa famille une femme pour Isaac; c'est Rebecca bat Bethouel, la petite-fille de Nahor, qui est choisie. D'autres enfants naissent à Abraham d'une autre épouse, Ketourah, parmi les descendants desquels figurent les Midianites; et il meurt, béni en tout, à un âge avancé.

Note: l'histoire du sacrifice apparaît aussi dans le Qur'an. Bien que l'identité du fils d'Abraham ne soit pas explicitement formulée, les musulmans pensent qu'il ne s'agissait pas d'Isaac, mais d'Ismaël. (voir Similarités entre la Bible et le Coran).

Esaü et Jacob

Après vingt ans de mariage avec Rebecca, celle-ci donne à Isaac deux jumeaux : Esaü, qui devient chasseur, préféré d'Isaac, et Jacob (Ya'akov: "il suivra"), qui devient un homme résidant dans les tentes, préféré de Rebecca. Jacob rachète un jour le droit d'aînesse d'Esaü pour un plat de lentilles, mais Esaü une fois rassasié renie sa parole; indépendamment de ce commerce, Dieu apparaît à Isaac et lui répète les promesses faites à Abraham. Sa femme, qu'il présente comme sa soeur, est convoitée par les Philistins, mais le roi Abimelekh, fils du précédent, empêche lui-même le désastre. Amlgré l'hostilité des gens d'Abimelekh, Isaac prospère dans toutes ses entreprises dans ce pays, particulièement dans le creusage de puits. Dieu lui apparaît encore à Beersheva, l'encourage et lui promet des bénédictions ainsi qu'une descendance nombreuse. Abimelekh fils d'Abimelekh et Isaac fils d'Abraham contractent une alliance au même lieu que leurs pères. Au grand désespoir de ses parents, Esaü épouse des Canaanites.

Genèse:La bénédiction de Jacob. Gravure de Gustave Doré
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La bénédiction de Jacob. Gravure de Gustave Doré
Avec le temps, Isaac devient aveugle. Sentant sa fin approcher, il souhaite bénir son fils Esaü. Rebecca persuade alors Jacob de se grimer en Esaü à l'aide de laine, et de se substituer à son frère pour la bénédiction. Isaac a alors cette phrase étrange (Gen. 27:22) : "la voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Esaü". S'est-il aperçu du subterfuge ? Toujours est-il que Jacob obtient la bénédiction paternelle et, afin d'échapper à la vengeance de son frère, doit se réfugier dans sa famille de Haran, chargé par Isaac de s'y trouver une épouse.
Sur le chemin menant à Haran, en un lieu appelé Louz par les Cananéens, Dieu apparaît en rêve à Jacob, lui promettant protection, aide, bénédiction et descendance nombreuse, comme à ses pères. Jacob érige à son réveil un autel en ce lieu, qu'il nomme Beit El. Arrivé à Haran, Jacob loue ses services à Laban, son oncle maternel. Tombé amoureux de Rachel, la plus jeune fille de Laban, il doit fournir sept ans de labeur pour recevoir sa main. Cependant, prétextant que l'aînée doit être mariée avant la cadette, Laban lui donne sa fille Léa, en mariage; Jacob est contraint de travailler sept ans supplémentaires, auxquelles s'ajoutent six ans pour se constituer un troupeau. Entre temps, il aura onze fils et une fille :

Il acquiert aussi une importante richesse en troupeau et en hommes.

Jacob lutte avec Dieu

Excédé des manoeuvres de Laban, Jacob s'en va avec sa famille et les siens sans prévenir. Dieu lui apparaît, ainsi qu'à Laban. Ils se réconcilient.

Genèse:Jacob lutte avec l'ange de Gustave Doré
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Jacob lutte avec l'ange de Gustave Doré

À son retour vers le pays de Canaan, Jacob traverse les contrées de Seïr, domaine de son frère Esaü, qu'il craint de rencontrer, l'ayant privé d'une bénédiction.
Il mandate des émissaires pour envoyer des présents à son frère, mais ceux-ci reviennent en lui annonçant qu'Esaü vient à sa rencontre, à la tête de 400 hommes.

Jacob divise alors son troupeau et ses gens en deux camps, implorant ensuite le Dieu de ses pères de le délivrer de la main d'Esaü. Il fait traverser le Jourdain à l'un des camps de nuit, leur enjoignant d'apaiser Esaü, et d'indiquer que lui-même est derrière.
Il fait ensuite passer ses deux femmes, leurs deux servantes et ses onze enfants.
Resté seul, il se bat avec un "homme" jusqu'à l'aube, cet "homme" lui démettant la hanche rien qu'en touchant son nerf sciatique. Retenu par Jacob qui le presse de le bénir, l'"homme" lui demande son nom, et lui dit que son nom sera désormais Israël, car "tu t'es battu avec Dieu et les hommes, et tu as prévalu" (Gen 32:28). Refusant de donner son nom à Jacob, il le bénit (certains commentateurs rabbiniques pensent qu'Israël était le nom de cet homme lui-même).
Jacob appelle ce lieu Peniel, "car j'ai vu Dieu en face, et ma vie est sauvée (Gen. 32:31).

La rencontre avec Esaü se révèle agréable, et les deux frères se quittent réconciliés. Jacob installe ses tentes à Shechem. Le prince Shechem lui-même tombe amoureux de Dinah et l'enlève. Désireux d'établir une alliance avec Jacob, il convainc les sichémites de se circoncire. Au troisième jour de leur convalescence, tous sont tués par Siméon et Lévi, ce qui leur sera abondamment reproché par Jacob.

Dieu apparaît à Jacob, l'enjoignant de venir l'honorer à Beit El. Rachel meurt en couches sur la route de ce pélerinage, après avoir donné à Jacob son dernier, Benjamin.

Joseph le rêveur

Joseph, le fils favori de Jacob, est jalousé et détesté ^par ses frères auxquels il fait souvent part de ses rêves, annonçant sa future ascendance sur eux. Sur l'instigation de Juda, il est secrètement vendu à une caravane de marchands ismaélites en route vers l'Égypte. Ses frères racontent ensuite à leur père que Joseph a été dévoré par quelque bête fauve.

Joseph est vendu comme esclave à Potiphar, l'un des officers du Pharaon. Il gagne la confiance de son maître, mais lorsque la femme de celui-ci, ne pouvant le séduire, l'accuse faussement de violences sexuelles, il est jeté en prison (Gen. chap. 39).
En prison, Joseph gagne les faveurs du geôlier, et se retrouve dans la cellule de deux notables du Pharaon, son panetier et son échanson. Il interprète correctement leurs rêves, mais ne sera libéré que deux ans plus tard, lorsque l'échanson se "souviendra" bien opportunément de l'oniromancien capable de déchiffrer les rêves troublants du Pharaon, que personne n'a pu interpréter.
Lui expliquant que ces rêves annoncent sept ans de famine après sept ans d'abondance, et lui suggérant de réaliser des provisions en conséquences, Joseph est immédiatement nommé second du royaume? Il épouse Asnath, fille du prêtre Poti-pherah, qui lui donnera deux fils, Manassé et Ephraïm (chap. 41. Toutefois, lorsqu'ils seront bénis par leur grand-père, Israël, Ephraïm le sera de la main droite, réservée à l'aîné -- chap. 48).

La famine prédite se fait sentir jusqu'en Canaan; Jacob envoie donc ses fils puiser aux greniers de l'Égypte. Les frères paraissent devant Joseph, qui les reconnaît aussitôt, mais ne se fait pas reconnaître d'eux. Il les accuse d'espionnage, les interroge, puis, ayant "appris" que ces 10 frères en ont un plus jeune, les renvoie chercher Benjamin, et garde Siméon en otage.
Revenus, ILs sont accusés de vol par Joseph, qui a discrètement fait placer une coupe d'argent dans le sac de Benjamin, et souhaite souhaite le garder comme esclave en "punition" pour ce "vol".
Lorsque Juda s'approche et s'offre en esclave, Joseph tombe le masque, pardonne à ses frères, et fait venir toute sa famille en Égypte, soit 66 personnes, plus lui-même, sa femme et ses enfants, ce qui fait un total de 70.
Pharaon les accueille avec amabilité, et leur assigne la terre de Goshen (chap . 46-47).

Jacob, sentant sa mort approcher, mande Joseph et ses fils, bénit Ephraïm et Manassé (cf. supra) parmi ses propres enfants. Il appelle ensuite ses fils à son chevet et les bénit, révélant en réalité leur avenir, et distribuant bénédictions et reproches, particulièrement à l'égard de Ruben, Siméon et Lévi (chap. 49).
Jacob décède et est solennellement enterré dans le caveau de Makhpela.

Joseph vit assez vieux pour connaître ses arrière-petits-enfants, et exhorte ses frères, lorsque Dieu Se souviendra d'eux et les aura fait sortir d'Égypte, à emporter ses ossements avec eux.
Le Livre de la Genèse se conclut en disant que les restes de Joseph sont placés dans un sarcophage en Égypte. Cet enterrement est bien entendu temporaire, au vu de la promesse contractée : les os seront enterrés à Shechem, sur un terrain appartenant déjà à la famille d'Israël (Josué 24:32).

La Genèse dans la tradition juive

Bien que paradoxalement pauvre en contenu légalistique pour un Livre de lois et prescriptions, le Sefer Bereshit se trouve au centre de la conscience historique et politique israélite et juive.
Un Sage du nom de Rabbi Itz'hak résume parfaitement cette idée lorsqu'il enseigne que, n'eût été la nécessité de raconter à Son peuple le récit de Ses oeuvres afin qu'ils héritent de l'héritage des nations, la Torah n'aurait pas dû commencer par le Sefer Bereshit (commentaire de Rachi sur Gen. 1:1).

On notera que selon le comput de Maïmonide (l'une des plus grandes autorités rabbiniques du Haut Moyen Âge) et le Sefer Hahinoukh, qui s'en inspire,

Les prophètes, notamment Osée, font constamment référence aux récits qui y sont relatés, et Jérémie utilise volontiers le langage de ses premiers versets (tohu-bohu, ténèbres sans lumières, etc.) pour décrire le désastre représenté par la destruction du Premier Temple.
Le premier chapitre détermine la journée des Hébreux, correspondant au reste davantage à un cycle lunaire que solaire : le jour commence au soir (erev, c'est-à-dire, selon le rabbin et exégète Avraham ibn Ezra, le moment où les choses se mélangent, yit'arbou cf. "la nuit, tous les chats sont gris").
Enfin, les descendants des deux grands protagonistes de l'histoire de Joseph et ses frères, à savoir Joseph et Juda, s'illustreront dans l'épisode des explorateurs (Livre des Nombres), les seuls dressant un rapport encourageant de la terre d'Israël étant Josué fils de Noun (descendant de Joseph) et Caleb ben Yefouné (descendant de Juda). C'est également de cette histoire qu'est issu le concept des deux Messies, le Messie fils de David (descendant de Juda) et le Messie fils de Joseph. C'est en outre, selon l'hypothèse midrashique, pour cette raison que Jésus sera vendu par Judas.

Le Sefer Bereshit est également largement abordé dans la Mishna et le Talmud : le cinquième chapitre du Traité des Pères y est en grande partie consacré, traitant des "Dix paroles par lesquelles Dieu a créé le monde", des "dix créations au crépuscule du sixième jour", des "dix épreuves d'Abraham", etc.
Le second chapitre du traité 'Haguiga est également consacré aux secrets de l'Acte de la Création (Ma'assè Bereshit), lequel avec l'Acte du Chariot (Ma'assè HaMerkava - le "Chariot" étant le Chariot Céleste décrit par Ézéchiel) forme le noyau d'une tradition ésotérique ne pouvant être transmise que dans un certain secret, la Kabbale.

Les premiers chapitres seront également débattus au cours des siècles durant, à la base de l'éthique et de la morale juive. les philosophes tenteront de les concilier (ou les différencier) de l'hypothèse aristotélicienne de la Cause Première et du Premier Moteur. Maïmonide consacrera à ce sujet trente chapitres de son Guide des Égarés -- son interprétation, bien que marquant profondément la pensée juive ultérieure, sera âprement débattue au long de la littérature rabbinique.

La Genèse dans la tradition chrétienne

Le Nouveau Testament contient nombre d'allusions et citations directes à la Genèse, ces références semblant lui assigner un auteur. Celui-ci n'est pas explicitement nommé, mais les Livres de la Loi étant en plusieurs endroits (Marc 12:19, 26; Luc 24:27) attribués à Moïse, on assume qu'il en est de même.

L'auteur de l'évangile selon Jean utilise un langage similaire à celui du premier chapitre de Genèse, lorsqu'il personnifie le Verbe divin comme Logos éternel (grec : λογος "raison", "verbe", "langage"), qui est l'origine de toutes choses "avec Dieu", et "était Dieu" et "est devenu chair et a résidé parmi nous". Beaucoup de chrétiens interprètent ceci comme un exemple d'enseignements apostoliques de la doctrine de la Trinité et le caractère divin de Jésus; à l'origine, c'est en effet en s'appuyant sur le témoignage de Jean que les chrétiens assignent une personnalité au verbe créateur de Dieu, et identifient cette personnalité avec Jésus (Hébreux 1:2,3, Colossiens 1:16,17 sont d'autres sources bibliques pour ces croyances).

Outre ces références à Genèse dans le Nouveau Testament, les théologiens chrétiens (depuis les premiers Pères de l'Eglise jusqu'aux écrivains actuels) n'ont cessé d'interpréter et débattre des histoires et images de ce Livre, utilisant une myriade de méthodes et perspectives théologiques. En fait, l'interprétation des trois premiers chapitres de la Genèse demeure un sujet de hauts débats parmi les chrétiens de nos jours.

La Genèse dans la tradition musulmane

La tradition islamique comporte grosso modo les mêmes récits dans le Coran, mais rejette[4] la narration biblique du repas des anges, ainsi que la description de Loth, en particulier lorsqu'il offre ses filles en pâture aux Sodomites (Gen. 19:8)[5], et leur inceste sous l'effet de la boisson (Gen. 19:30-36)[4].

La Genèse dans les études académiques

Démarrant véritablement avec Spinoza, l'"étude du texte par le texte", autrement dit l'exégèse critique, doute de l'attribution de la Genèse au seul Moïse. Commençant par relever des post-mosaïca, elle finit par estimer que le Livre de la Genèse n'est pas l'œuvre d'un seul auteur, mais une mise par écrit de plusieurs traditions orales prédatant Moïse, remaniées et modifiées au cours du temps, peut-être même totalement distinctes et artificiellement fusionnées dans le but d'obtenir une cohésion nationale autour d'"une" histoire commune.

La théorie documentaire classique du XIXe siècle distingue trois couches d'écriture, qu'elle a intitulées :

Réponse de la tradition judéo-chrétienne

L'hypothèse dite documentaire a déjà été envisagée par les exégètes religieux, les incohérences apparentes ont été remarquées par les érudits qui se penchèrent sur le texte, sans manquer de trouver des réponses adaptées en adéquation avec la tradition.

Schématiquement:

Le chapitre où Son Nom apparaît fait référence à la création du monde à l'échelle universelle.

Signalons l'acrostiche qui apparaît dans les deux derniers mots du chapitre 1 (dit "élohiste") et les deux premiers du chapitre 2 (dit "yahviste"):Yom Hashishi : Vayekhoulou Hashamaïm.

Références

  1. Davis A. Young, "The Contemporary Relevance of Augustine's View of Creation", in Perspectives on Science and Christian Faith, March 1988, vol.40.1,42-45, [1]
  2. Gerhard F. Hasel, "The 'days' of Creation in Genesis 1 : Literal "days" or figurative "periods/epochs" of time?", inOrigins, 1994, vol. 21(1), 5-38, [2]
  3. http://www.chiourim.com/Livres_OnLine/Vivre_avec_la_verite_pour_guide/5._ARCHEOLOGIE/1.html
  4. 4,0 4,1 http://www.quranicstudies.com/article22.html
  5. http://www.answering-christianity.com/bassam_zawadi/prophet_lots_offering.htm

ainsi que:

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