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Les haredim, ou ultra-orthodoxes, ou Craignant-Dieu, sont des Juifs orthodoxes ayant une pratique religieuse particulièrement forte, et vivant généralement partiellement en marge des sociétés laïques environnantes, même juives.


Sommaire

Orthodoxes et ultra-orthodoxes

Les sociologues israéliens font souvent une distinction entre les laïcs (peu intéressés par la religion, mais pas forcément anti-religieux), les traditionalistes (pratique religieuse partielle), les orthodoxes (pratique religieuse stricte, mais immersion dans le monde moderne) et les ultra-orthodoxes, ou haredim, ou craignant-Dieu (pratique religieuse stricte, large refus de la modernité, volonté de séparatisme social fort: vêtements spécifiques, quartiers spécifiques, institutions religieuses spécifiques).[1]

Il est à noter que les haredim ne se définissent pas eux-mêmes comme des ultra-orthodoxes, mais comme des Juifs orthodoxes haredim (« les trembleurs », au sens de « ceux qui tremblent devant Dieu », ou les « Craignant-Dieu »). La racine du mot haredi est Harada, le mot le plus fort en hébreu pour la peur. Le haredi est « terrifié » à l'idée de violer une des 613 mitsvot .

Les orthodoxes « modernes » et les haredim ne diffèrent pas d'un point de vue théologique, mais dans leur mode de vie et leurs orientations politiques.

Origine de la divergence entre orthodoxes et ultra-orthodoxes

Haredim:Rouleau de la Torah
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Rouleau de la Torah

Pendant des siècles, la notion de Juifs orthodoxes n'existait pas: il aurait fallu pour cela des Juifs hétérodoxes. Il y en avait d'ailleurs certains (karaïtes, par exemple), mais pas suffisamment pour qu'une dénomination spécifique existe.

Au XIXe siècle, la modernité occidentale a entraîné des évolutions fortes dans le judaïsme, d'abord en Allemagne, puis dans toute l'Europe. On a vu en particulier apparaître dans la première moitié du XIXe siècle en Allemagne un «judaïsme réformé», qui entendait réviser la place du Talmud. Le « judaïsme orthodoxe » a donc dû se définir comme gardien de la tradition religieuse.

Mais la question de la « modernisation » de la religion juive n'a pas été la seule. C'est la question de la modernisation des sociétés juives dans leur ensemble (structures sociales, structures de pouvoir, rapport à l'État) qui a aussi été posée. Et là, les réponses entre orthodoxes ont divergé.

Dès la seconde moitié du XIXe siècle, le courant dit de la néo-orthodoxie allemande, derrière le rabbin Samson Raphael Hirsch (1808-1888), théorise une approche prudemment ouverte à la modernité technique et sociale. Les Juifs doivent rester proches de leurs valeurs. Mais ils peuvent participer à la vie sociale de la société dans laquelle ils évoluent. Par contre, contrairement aux réformés (et aux assimilationnistes) qui considèrent que le fait religieux juif doit rester purement privé, la néo-orthodoxie considère que les Juifs doivent aussi exister en tant que collectivité organisée. Et ils doivent aussi refuser les aspects du monde moderne contraires aux 613 mitzvot (commandements) recensées par la tradition.

Un autre courant a, par contre, rejeté en bloc l'entrée dans les sociétés occidentales considérées comme antinomiques dans leurs valeurs avec la tradition juive. Ce courant s'est surtout exprimé à l'Est de l'Europe. Il accepte certains aspects de la modernité technique, mais réfute presque tous les aspects de la « modernité » sociale ou politique: nationalisme, démocratie, sortie du Ghetto, etc…

Dans un premier temps, les orthodoxes sont restés assez unis. Ainsi, la néo-orthodoxie allemande et les conservateurs est-européens ont fondé ensemble le parti Agoudat Israël en 1912 en Pologne. Ils sont à l'époque pénétrés des risques courus par les Juifs religieux en général et se rassemblent donc. Ils rejettent ensemble le sionisme, l'assimilation, le socialisme, l'athéisme, etc…. Mais dans l'entre-deux-guerres, les divergences entre orthodoxes « modernes », plus ou moins influencés par les thèses du rabbin Samson Raphael Hirsch, et les conservateurs se sont accentuées. On peut alors parler de l'existence pleinement assumée d'une branche spécifique: l'ultra-orthodoxie. Les orthodoxes « modernes » ont d'ailleurs quitté l'Agoudat Israël à cette époque.

Spécificités du monde haredi

Le monde haredi a aujourd'hui des spécificités nombreuses, tant vis-à-vis des non juifs que des Juifs laïcs et des Juifs religieux orthodoxes « modernes ».

Le pouvoir

Deux principes fondamentaux sont appliqués dans le monde haredi: Daat Torah: « ce que dit la Torah », et Emounat Khakhamim: « la foi dans les sages ». « Il faut entendre par-là un système [...] dans lequel toute pensée, toute action est gouvernée par les textes sacrés. Il n'y a pas de combinaison possible avec une autre source d'inspiration, une autre philosophie. Et la Loi religieuse n'est pas censée régir un domaine spécifique de la vie, mais la vie dans son intégralité »[2]. Ces deux principes absolus ont plusieurs conséquences:

D'une part, la Torah doit être la source de toute législation, et le refus de l'État juif d'accepter ce principe lui retire sa légitimité (voir le chapitre sur le rapport au sionisme). Pour la même raison, il ne doit pas y avoir de constitution en Israël. De fait, le mouvement sioniste a accepté ce principe et a seulement mis en place des « lois fondamentales »[3]. La distinction est symbolique, mais les haredim y tiennent.

La démocratie est un principe de fonctionnement qui met l'avis de la majorité au-dessus de Dieu. La démocratie ne gêne pas les haredim chez les non juifs (qui sont libres de faire comme bon leur semble). Mais chez les Juifs, elle est une remise en cause manifeste de Daat Torah et de Emounat Khakhamim.

Enfin, chaque Juif pieux doit se donner un rabbin, qui guidera sa vie, dans les moindres détails. Les « sages », ou « grands de la Torah », ou « luminaires » ou « décisionnaires » coiffent ces rabbins, et ont un pouvoir absolu sur leurs ouailles. Ils sont censés tout voir et tout comprendre, et sont souvent l'objet d'un véritable culte de la personnalité[4].

En pratique, les communautés hassidim (un des deux courants principaux du judaïsme haredi) ont un référent suprême, leur Admor, ou Rebbe. Les rabbins haredim du courant « lituanien » réfèrent eux à leur chef de yeshiva (généralement celle où ils ont suivi leurs études). Ces mêmes chefs de yeshiva peuvent eux-mêmes rendre compte à un chef de yeshiva plus prestigieux. Admor ou chef de Yeshiva, les « grands » sont souvent âgés, et vivent en général isolés, ne lisant pas les journaux ni ne regardant la télévision. Certains ne sortent quasiment jamais de chez eux, et encore moins des quartiers réservés où ils vivent. Leurs informations sur le monde extérieur passent souvent à travers le filtre d'un entourage réduit, qui acquiert ainsi pouvoir et influence. Les plus grands « sages » vivent en Israël et aux États-Unis. Compte tenu de leur influence sur les partis religieux israéliens (bon nombre de haredim israéliens dépendent d'un « sage » américain, ou l'inverse), ils sont évidemment courtisés par les politiciens israéliens.

Personne ne coiffe les « grands » eux-mêmes, à part, dans une certaine mesure, le « conseil des grands » des trois partis religieux (quand ils y adhèrent, ce qui n'est pas toujours le cas - voir le chapitre sur la politique). Le grand rabbinat israélien n'a aucune véritable influence sur eux. Cette situation sans instance décisionnaire suprême peut mener à des affrontements parfois virulents, voire même physiquement violents, entre partisans de tels ou tel « luminaire », chacun étant persuadé de la supériorité absolue du point de vue de son « sage ».

Daat Torah et Emounat Khakhamim existent aussi chez les orthodoxes « modernes », mais le pouvoir du rabbin référant se limite surtout au domaine religieux, pas aux autres domaines (pour les haredim, tout est religieux). En Israël, les orthodoxes « modernes » reconnaissent en général l'autorité du grand rabbinat israélien.

Le séparatisme

L'idéal des haredim reste une vie juive centrée sur les rabbins, refusant beaucoup d'aspects du monde moderne (la télévision est particulièrement rejetée), regroupée dans des quartiers séparés, tant des non juifs que des Juifs laïcs. Physiquement, leurs vêtements noirs (les « hommes en noir » selon l'expression israélienne) les font remarquer facilement. On n'est cependant pas en présence d'une attitude de rejet de la modernité aussi radicale que celle des Amish: l'électricité, la voiture, l'ordinateur, l'avion, sont acceptés.

La vision fondamentale des haredim est que le monde qui les entoure est une source permanente de perversion. La télévision ou la publicité y sont une source d'images sexuelles. Les valeurs d'indépendance de l'individu, de relativisme idéologique, d'égalité des sexes ou des religions y sont régulièrement affirmées. Il est illusoire de croire, comme les orthodoxes, qu'on peut vivre dans ce monde tout en respectant strictement les 613 mitzvot. La menace est permanente. Pour ne pas y succomber, il faut vivre en groupe, dans des quartiers à part, sous la stricte direction des rabbins.

La sexualité est particulièrement centrale dans le rejet par les haredim du monde moderne. La crainte de la tentation sexuelle est permanente. Non seulement la femme haredi doit avoir une tenue « modeste » (qui implique par exemple de cacher ses cheveux), mais toutes les femmes qui rentrent dans les quartiers haredi doivent en faire de même. Cette volonté de contrôle social est une des raisons du choix des haredim de vivre dans des quartiers à part (souvent appelés ghettos en souvenir des anciens ghettos d'Europe orientale).

La géographie

Les populations haredim sont beaucoup plus concentrées que la population juive en générale, conséquence de la volonté de vivre séparément des sociétés modernes.

Les haredim sont aujourd'hui surtout nombreux en Israël et aux USA. Mais on en trouve aussi des communautés relativement importantes aux Pays-Bas, à Strasbourg, à Zurich, en Grande-Bretagne, etc…

En Israël, les 3 communautés principales sont par ordre d'importance décroissante :

Aux États-Unis, c'est surtout dans l'agglomération New Yorkaise (en particulier à Brooklyn) que se concentrent les haredim.

Le sionisme

Haredim:Orthodoxes en prière au mur des lamentations
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Orthodoxes en prière au mur des lamentations

Les haredim rejettent aussi assez largement le sionisme, encore que ce rejet ait connu des évolutions. Selon une thèse dominante (mais pas exclusive) chez les religieux, Dieu a détruit le royaume d'Israël pour punir les Juifs, et seul son messie peut le recréer. La vie en terre sainte est possible, mais toute tentative autonome de créer un Etat est une révolte contre Dieu.

Avec le temps, les haredim ont fini (majoritairement du moins) par accepter l'État d'Israël. Les partis qui les représentent ont même des ministres. Mais le « culte » de l'État propre aux sionistes (même aux sionistes religieux) leur semble être une idolâtrie condamnée par la Bible. D'où une attitude actuelle très ambiguë, faite d'acceptation et de réticence.

Certains groupes, comme les Neturei Karta ou les hassidim de Satmar sont toujours très violemment antisionistes.

La science

La science n'a aucune valeur particulière. Elle prétend en effet atteindre la vérité, alors que seule l'étude des textes sacrés le permet. On note une certaine hostilité, ou au moins un certain mépris, à l'égard de la science. Mais les productions de la science, comme les machines ou les traitements médicaux, ne sont pas forcément rejetées.

Les inventions ou les concepts qui sont susceptibles de violer la loi religieuse juive sont par contre refusés : évolutionnisme (qui remet en cause la création divine du monde en six jours, il y a moins de 6.000 ans), Internet ou télévision (à cause de leurs images "indécentes"). Le degré de rejet varie d'une communauté à une autre. « Une femme séfarade qui embrasse avec dévotion un rouleau de la Torah vaut mieux que cinquante professeurs qui enseignent que l'homme descend du singe »[5].

L'étude

Haredim:Tolnaashdodrebbe
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L'étude des textes religieux dans une yeshiva est l'objectif premier de tout homme haredi. On voit même des cursus d'études religieuses pour femmes se développer. Là où cela est possible, l'homme haredi va donc essayer de consacrer tout son temps à l'étude, en évitant la perte de temps causée par un travail productif. Là où cela ne l'est pas, il essaiera de cumuler les deux activités.

Les études séculières, par contre, sont assez dévalorisées. Elles sont une perte de temps, puisqu'elles gênent l'étude religieuse. Pas ou peu de médecins, avocats, ingénieurs ou simplement plombiers chez les haredim israéliens. Il y en a plus en diaspora.

En Israël, les haredim ont obtenu des financements d'État considérables pour leurs activités, ce qui permet à une forte proportion d'hommes adultes de consacrer tout leur temps à l'étude (en pratique, les études montrent que la situation socio-économique contraint quand même bon nombre de haredim à travailler dans le secteur marchand). En Diaspora, ces financements sont absents ou limités, et le temps passé à l'étude doit être rogné pour permettre un travail rémunérateur.

Il est à noter que fin 2005, Yissachar Dov Rokeach II, l'actuel rebbe de la dynastie hassidique de Belz, a surpris en appelant ses partisans israélien à suivre des formations professionnelles et non plus seulement des études religieuses, et ce afin d'améliorer leur statut socio-économique. Il a annoncé que les yeshivot de Belz réserveraient « quelques heures par semaines » à ces formations[6]. Cette évolution limitée est révélatrice des problèmes économiques rencontrés par des haredim israéliens centrés sur l'étude et très dépendants des subventions d'états.

La vie de famille

Les mariages se font jeunes, et ont pour but d'avoir un maximum d'enfants. Sauf cas médicaux, les familles ont 5 à 10 enfants (7 enfants par famille en moyenne en Israël en 2005). Il s'agit pour les haredim d'un commandement religieux important: « croissez et multipliez » (Genèse 1:28, 9:1,7).

La femme est soumise à son père jusqu'au mariage, puis à son mari. L'autorité de ce dernier l'emporte alors sur celle du père. Quand des conflits surviennent entre communautés haredim, ou lors des élections en Israël (voir plus bas), la femme doit suivre la communauté et le parti de son mari, non celui de son père.

Dans la majorité des groupes haredim (mais pas dans tous), on a noté depuis les années 1970-80 une tendance au développement du travail des femmes. Les familles nombreuses ont en effet des besoins financiers importants, surtout là où le mari ne travaille pas, mais se consacre à l'étude des textes sacrés (surtout en Israël). Ce travail est un facteur limité mais bien réel de renforcement du poids de la femme haredi[7]. Il n'est cependant pas question d'égalité. Il est à noter que certains haredim (Edah Haredi) considèrent une telle évolution comme un grave péché. On peut noter que le travail des femmes est limité par deux facteurs : il n’est pas question d’accepter que la femme haredi fasse un travail dans un milieu mixte homme – femmes, ce qui réduit fortement le nombre de postes accessibles ; les grossesses fréquentes rebutent beaucoup d’employeurs.

Les enfants doivent être élevés si possible dans des écoles religieuses spécifiques: c'est assez simple en Israël, parfois plus difficile en diaspora, surtout dans les groupes les plus petits. Ce qui encourage d'ailleurs les regroupements en communautés compactes, dotées de leurs propres écoles.

L'homosexualité ou le concubinage sont totalement rejetés.

Statut socio-économique

On a vu que les haredim avaient des familles nombreuses, faisaient peu d'études « modernes » susceptibles de déboucher sur des emplois bien rémunérés, essayaient (surtout chez les hommes et en Israël) d'éviter un travail rémunéré pour se consacrer à l'étude religieuse. Ces trois phénomènes impliquent un niveau socio-économique assez défavorisé, surtout en Israël. En 2005, les chiffres officiels y indiquent que 21,3% des haredim vivent en dessous du seuil de pauvreté[1]. Les communautés israéliennes sont donc assez dépendantes des fonds éducatifs d'État, ainsi que des aides sociales de l'Etat Providence, ce qui renforce le rôle des partis politiques haredim (qui en répartissent certaines ou font pression pour les obtenir), et l'acceptation de fait de l'État sioniste, pourvoyeur de fonds.

La croissance démographique rapide des haredim rend de plus en plus difficile le fait de ne compter que sur des fonds d'État qui ne sont pas extensibles à l'infini. On note donc une proportion croissante de haredim israéliens de sexe masculin qui occupent un emploi rémunéré. En diaspora, le travail rémunéré est beaucoup plus répandu (faute de subventions), et les haredim y ont donc généralement un statut socio-économique plus favorable qu'en Israël.

Un secteur économique connue pour sa forte présence haredi est celui de la taille des diamants.

La politique

La société haredi n'est pas fondamentalement intéressée par la politique, car la priotiré doit aller au religieux. Cependant, pour préserver ses intérêts, elle a été amenée à créer des partis religieux (Agoudat Israël, à l'origine, puis le Shass et Degel HaTorah). Agoudat Israël fut d'abord actif en diaspora, mais lui et ses scissions le sont aujourd'hui essentiellement en Israël. Ces partis spécifiques, qui épousent les divisions internes au monde haredi israélien, ont une double fonction. D'un point de vue idéologique, il s'agit de pousser des lois contraignantes sur le respect des commandements et en général de défendre une vision religieuse du monde dans la sphère des institutions politiques. D'un point de vue pragmatique, il s'agit de défendre des intérêts des haredim, en particulier la collecte de fonds d'État pour le financement des familles nombreuses et des institutions religieuses. Au final, il s'agit de permettre à autant d'hommes que possible d'étudier au maximum, en perdant un minimum de temps dans des activités annexes, comme le travail rémunéré.

Conformément à Emounat Khakhamim (la foi dans les sages), un des principes fondamentaux du judaïsme orthodoxe, chaque parti est gouverné par un « conseil des sages de la Torah » coopté (et en aucun cas élu). Le premier fut celui de l'Agoudat, et fut créé à Katowice en 1918. Un conseil ne se mêle pas de la politique au quotidien, mais définit les grandes orientations de son parti.

En Israël, Agoudat Israël représente surtout les hassidim d'origine européenne. Degel HaTorah représente surtout le courant « Lithuanien » (mitnagdim) d'origine européenne (à l'exception des hassidim de Belz, qui soutiennent Degel HaTorah). Enfin, le Shass représente surtout les haredim d'origine orientale (séfarades). Contrairement aux deux premiers partis, il attire aussi un électorat non haredim : des orthodoxes et des traditionalistes séfarades. Mais le parti est sous le strict contrôle des haredim.

Il est à noter que Agoudat et Degel sont en général regroupés au sein d'un cartel électoral très souple le « Judaïsme unifié de la Torah ». Celui-ci a cependant connu quelques crises, et à alors temporairement cessé d'être actif.

Aux élections parlementaires israéliennes de mars 2006, le Shass a obtenu 9,5% des voix (12 sièges sur 120), et « Judaïsme unifié de la Torah » 4,7% des voix (6 sièges).

Spécificités: synthèse

Par rapport aux autres Juifs religieux orthodoxes, les haredim ont donc pour spécificités:

Divisions du monde haredi

Le monde haredi a de fortes spécificités. La vision extérieure des « hommes en noir » est donc souvent celle d'un groupe homogène et compacte. Bien que partiellement exacte, cette vision doit être nuancée: les haredim n'ont pas de direction commune, et sont traversés par de nombreux clivages.

Divisions entre mitnagdim et hassidim

Haredim:Des hassidim
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Des hassidim

Le hassidisme s'est créé en Europe orientale vers le milieu du XVIIIe siècle. Par rapport aux autres haredim, les hassidim insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse, et sont organisés en communautés dirigées par un Admor (ou Rebbe) héréditaire.

Dès l'origine, nombre de rabbins se sont fortement opposés au hassidisme, d'ou leur nom de mitnagdim, les « opposants ». On parle aussi de « Lithuaniens ». Cette hostilité s'est estompée dans la seconde moitié du XIXe siècle face à la montée du sionisme, de l'assimilation, du socialisme, etc.. Mais elle n'a pas disparu. Le grand leader des mitnagdim jusqu'à sa mort dans les années 1990, le rav Shach (ou Chakh) a été jusqu'à se demander si les hassidim de Loubavitch étaient encore Juifs. Il n'a cependant pas étendu ce questionnement aux autre communautés hassidim.

Les mitnagdim sont centrés sur leurs chefs de yeshivot, tandis que les hassidim sont centrés sur leurs Admor ou Rebbe (chefs religieux charismatiques et héréditaires).

Aujourd'hui, cette divergence ne s'exerce pas que dans les instances de pouvoir religieux internes au monde haredi. Elle s'exprime aussi politiquement: les hassidim sont généralement (en Israël) en faveur du parti Agoudat Israël, tandis que les mitnagdim votent plutôt Degel HaTorah (ou Hatora). Les hassidim hors Israël ont rarement des attaches partidaires.

Divisions entre hassidim

Il existe des dizaines de dénominations hassidiques. Chacune a son Admor ou Rebbe, et les affrontements sont parfois virulents, même si les divergences religieuses réelles sont très faibles. Les hassidim de Belz et ceux de Satmar se sont parfois affrontés en vastes bagarres collectives dans leurs quartiers de Jérusalem et de Brooklyn, du fait de leur divergences sur le sionisme (toléré par les Belz, radicalement rejeté par les Satmar), et du fait de la forte opposition entre leurs admorim. Les relations cordiales entre communautés hassidiques sont cependant très dominantes.

Par contraste, le monde mitnagdim est plus unifié, réunis autour d'un petit nombre de responsables de grandes yeshivot prestigieuses.

Haredim:Nuvola apps xmag
Voir l'articlehassidisme.

Divisions sur le sionisme

On peut aujourd'hui compter quatre attitudes face au sionisme:

Divisions sur la « modernité »

Haredim:De jeunes haredim, à la rencontre de la modernité vestimentaire et de la tradition.
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De jeunes haredim, à la rencontre de la modernité vestimentaire et de la tradition.

Si la méfiance à l'égard de la « modernité » fait consensus, le degré de cette méfiance est assez variable.

Les haredim vivant dans les pays hors Israël ont normalement un travail (salarié ou profession libérale), et sont donc contraints par les réalités économiques d'accepter un certain degré d'ouverture au monde. Les sociologues ont noté que ceux qui émigraient en Israël (on en compte plusieurs dizaines de milliers sur les 30 dernières années) avaient parfois des tensions sur ce point avec les haredim israéliens. Les hassidim de Loubavitch, également, montrent une certaine ouverture, et ne craignent pas d'apparaître à la télévision, tout comme les haredim séfarades du Shass.

Beaucoup de courants haredim israéliens (surtout ashkénazes) sont plus réservés. La modernité technique est acceptée. Mais la télévision, la mixité restent objets de méfiance ou de refus. Il a quand même été noté que l'éducation des jeunes filles s'était beaucoup développée dans ces groupes par rapport à la situation du début du XXe siècle.

Enfin, un troisième courant, très minoritaire, rejette largement cette modernité, et considère que les haredim classiques sont devenus trop laxistes. Ces groupes sont surtout ceux de la Edah Haredi. L'éducation des filles y est par exemple volontairement maintenue à un niveau très primaire[8].

Au final, la méfiance commune face à la modernité (surtout sociale et politique) conduit à des prises de position allant d'assez larges accommodements à une hostilité farouche.

Divisions entre orientaux et occidentaux

Historiquement, l'ultra-orthodoxie est ashkénaze. À compter des années 1950, des Séfarades sont rentrés dans le réseau scolaire Agoudat Israël, et on a vu apparaître des haredim séfarades. Ceux-ci sont restés au sein de l'Agoudat jusqu'en 1984. Mais leur mise à l'écart des centres de pouvoir a provoqué la scission du Shass en 1984. les haredim séfarades ont aujourd'hui leurs propres leaders religieux (Ovadia Yossef), leur parti, et défendent les intérêts de leur communauté. Mais il n'y a pas non plus de rupture franche, en particulier avec le courant mitnagdim. Ils sont en effet souvent issus de ses yeshivot. On note souvent une sensibilité plus « moderne » chez les Séfarades (vis-à-vis de la télévision ou de l'implication dans le gouvernement israélien). Ce courant est essentiellement israélien, et ne se rencontre guère en diaspora.

Divisions sur les contraintes religieuses

À partir de 1977, les partis religieux se sont retrouvés dans un rôle de pivot politique en Israël, et en ont largement usés pour renforcer les lois de coercition religieuse (vente de porc, respect du chabbat,…). Cette orientation s'explique pour deux raisons:

On peut noter que certains leaders religieux, comme le rav Chakh, ont cependant contesté partiellement les tentatives de coercition religieuse en Israël. Pour eux, elles amplifient le conflit avec les Juifs laïcs, elles n'empêchent pas ceux-ci de commettre leurs péchés dans le privé, et ne les sauvent donc pas de la punition divine. Enfin, demander à une Knesset comprenant des laïcs, des marxistes, des Arabes, de se prononcer sur la meilleure façon de suivre la loi religieuse juive n'est tout simplement pas sérieux.

Ce débat n'a jamais été vraiment tranché, mais la tendance à demander un renforcement de la législation religieuse en Israël est dominante.

Divisions politiques

Le parti Agoudat Israël est le parti historique des haredim (créé en 1912), en Israël et dans le monde.

Il a connu des années 1920 jusque vers la fin des années 1980 une scission plus « nationaliste » et plus « moderniste », le Poale Agoudat Israël. Cette division n'existe aujourd'hui plus. Mais de nouveaux partis sont apparus.

Ce sont le Shass, en 1984, qui exprime les vues des haredim séfarades, mais qui a aussi réussi, fait exceptionnel pour un parti haredi, a attirer de nombreux électeurs non haredim.

C'est ensuite Degel HaTorah, créé en 1988, qui exprime les vues des haredim mitnagdim ashkénazes.

Degel HaTorah et l'Agoudat se sont parfois violemment affrontés (élections israéliennes de 1988 en particulier). Mais ils ont aussi présenté un front électoral commun à partir des années 1990 : « Judaïsme unififé de la Torah ».

L'attitude générale des haredim vis-à-vis de la politique reste en générale assez distante. Participer aux votes n'est pas vraiment une priorité: seule l'étude religieuse l'est. On note en fait des attitudes divergentes selon les communautés: les hassidim de Gour, très impliqués dans l'Agoudat Israël, participent par exemple plus que les hassidim de Loubavitch, extérieurs au parti. Au final, la participation dépend largement des instructions données par les rabbins de chaque groupe. La Edah Haredi refuse évidemment toute participation électorale aux institutions de l'État « impie ».

Au final, les divisions entre partis sont réelles, mais les fondamentaux restent cependant assez proches. La compétition pour l'attribution des fonds d'État aux organes éducatifs et religieux des différents groupes est cependant un objectif fondamental de ces partis, et mène parfois à des affrontements politiques.

Les haredim et la violence

Contrairement à certains chrétiens (croisades) ou à certains musulmans (Djihad), qui ont théorisé la nécessité d'une violence religieuse pour le triomphe de Dieu, les haredim n'ont pas une telle démarche. La plupart refusent ainsi le service militaire, même dans l'armée israélienne. Pour eux, Tsahal est surtout une grande maison de prostitution pour les femmes soldats. Ben-Shlomo, un des députés du Shass a ainsi déclaré en décembre 1984 que « si 603 soldats israéliens sont morts durant la guerre de Liban [de 1982], c'est à cause de conduite sexuelle licencieuse des femmes soldats »[9].

La violence n'est cependant pas étrangère à la société haredi. C'est une société qui se sent en effet agressée en permanence par un monde étranger et hostile (même juif), et qui a en même temps une forte conviction quant à sa supériorité naturelle. Cela mène à tensions régulières. Il ne s'agit pas tant du rapport aux non juifs, dont les valeurs n'intéressent guère les haredim, que du rapport aux autres haredim ou aux autres Juifs. Ces tensions se traduisent parfois par de la violence.

Violence entre haredim

La multiplicité des communautés hassidim et des yeshivot implique un monde haredi très divisé. Les affrontements y sont donc parfois brutaux. On a parlé des bagarres entre hassidim de Belz et de Satmar.

On peut aussi rappeler l'agression en 1983 du député Agoudat Israël Ménahem Porush par des hassidim de Gour, également Agoudat, qui l'accusaient d'avoir « insulté » leur Admor. Ménahem Porush avait passé plusieurs jours à l'hôpital.

La violence peut aussi cibler des kiosques à journaux qui vendent les journaux d'une autre tendance haredi, ou les biens d'une autre communauté.

Violence contre d'autres Juifs

Les violences contre les Juifs non haredim ne sont pas rares en Israël: pierres lancées contre les voitures roulant le chabbat, cocktails Molotov contre des cinémas ouvrant le chabbat, intimidation pour faire partir les laïcs vivant dans les quartiers à dominante haredi, sabotage de fouilles archéologiques (risquant de déranger la sépulture des morts), émeutes contre des autopsies (interdites par la loi juive).

La violence verbale n'est pas rare non plus. Les attaques contre les groupes « hétérodoxes » comme les Karaïtes ou les Samaritains peuvent aller très loin, parfois avec des accusations fantaisistes (demi-musulmans, ennemis des Juifs,…). Les membres des kibboutzim ont aussi été accusés (rav Chakh) de ne plus être Juifs.

La violence: synthèse

Au final, sans être un monde particulièrement violent, le monde haredi est un monde persuadé d'avoir le monopole de la Vérité. Cette attitude amène donc des conflits internes et externes assez réguliers. En Diaspora, on ne note peu de violences contre les non juifs[10], et même contre des Juifs non haredi.

La croissance démographique du monde haredi

Aujourd'hui, en Israël et en Diaspora, les haredim sont en croissance démographique assez rapide. Il y avait chez les Juifs israéliens 6% de haredim en 2002, 8% en 2004, et 13% en 2004 chez les seuls Juifs israéliens nés en Israël[1].

Haredim:Les études religieuses sont une priorité
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Les études religieuses sont une priorité

D'un point de vue socio-économique, leur refus (relatif) de l'éducation moderne et leur volonté de privilégier l'étude talmudique sur un travail dans le secteur marchand (surtout s'il est immergé dans le monde des laïcs) les amènent à des niveaux de vie assez modestes. Cette situation est particulièrement forte en Israël, où les communautés sont particulièrement fermes sur ces points[1].

Mais malgré cette situation socio-économique, les haredim sont une population d'un grand dynamisme démographique. Les femmes se marient jeunes et ont 5 à 10 enfants (27% des haredim déclarent vivre dans un logement surpeuplé, contre 2% des Juifs laïcs[1]), et certains Juifs orthodoxes, voire traditionalistes, se laissent gagner par la Techouva (repentance) en devenant haredim.

Cette croissance parfois explosive entraîne des tensions avec les voisins. En effet, l'objectif des haredim est d'avoir des quartiers homogènes et relativement clos. Quand les haredim s'implantent en nombre dans un nouveau quartier, et c'est un mouvement permanent, ils tendent à y imposer leurs règles (plus fermement en Israël, mais le phénomène n'est pas inconnu en diaspora: des décisions de justice ont accepté au Canada la fermeture physique de quartiers haredim le jour du chabbat).

Pour éviter de trop nombreux conflits, les autorités Israéliennes ont essayé de créer de nouveaux quartiers ou de nouvelles villes pour les haredim, évitant ainsi une trop forte pression sur les quartiers « laïcs ». A Jérusalem, de nombreux quartiers de colonisation de Jérusalem Est ont été créés à leurs bénéfices. Il a en été de même pour Bné Brak, seconde ville haredi d’Israël, dans la banlieue de Tel-Aviv, ou pour l’importante colonie israélienne de Modiin Illit, la troisième communauté du pays.

Cette croissance démographique et géographique rapide est parfois perçue (surtout à Jérusalem, où les haredim représentent presque la moitié de la population juive) comme une invasion par le voisinage. Régulièrement, le spectre d'une Jérusalem non sioniste (dominée par les Arabes et les haredim) ressurgit. De fait, en 2003, c'est un haredi, le rabbin Ouri Loupolianski (ou Uri Lupolianski), qui a été élu maire de Jérusalem. Père de 12 enfants, considéré comme un modéré, il a cependant tenté d'interdire la Gay Pride de Jérusalem, mais a été débouté par la justice.

En Israël, en 2004, les haredim représenteraient environ 8% de la population juive (13% chez les seuls Juifs nés en Israël).

Perception par les haredim des non haredim

Compte tenu de la fragmentation du monde haredi en multiples communautés, une présentation unique est impossible. On peut cependant définir quelques grandes lignes.

Non juifs : la tradition juive orthodoxe indique que chaque peuple définit par lui-même son rapport à Dieu, mais que les Juifs ont un rôle spécial dans les projets de Dieu. Il n’est donc pas question de chercher à convertir les non juifs (même si des conversions sont possibles à leur demande expresse). Au final, les haredim sont assez indifférents à ce que pense ou font les non juifs. Compte tenu des persécutions passées, on note une certaine méfiance, et parfois une volonté de ne « pas provoquer les nations (goyim) ».

Juifs laïques : « les haredim et les Juifs non religieux en Israël constituent aujourd’hui deux nations séparées. […] Cette situation ne pourra être changée que par la Techouva (repentance) de ceux qui se sont éloignés de la Torah. […] En présence de Juifs non religieux, nous somme enclins à nous comporter comme s’ils n’étaient même pas là »[11]. L’idée est que le monde des Juifs laïques est dangereux et coupable, et qu’il faut s’en séparer par des quartiers réservés. Il faut cependant noter que les hassidim de Loubavitch pratiquent un prosélytisme intense chez les Juifs laïques, alors que les autres communautés s’en tiennent plutôt à l’écart.

Beta Israël (Juifs d’Ethiophie). Les haredim relevant du rav Yossef (shass), l’ancien grand rabbin séfarade d’Israël qui les a reconnu comme Juifs en 1973, les acceptent sans problème. D’autres groupes haredim sont beaucoup plus réticents. Certains ne les acceptent comme pleinement Juifs qu’après une conversion accélérée par immersion dans un bain rituel (ce que les Beta Israël refusent en général). Les orthodoxes « modernes » les reconnaissent comme pleinement Juifs.

Juifs conservateurs (massortim) ou réformés : ces courants, apparus au XIXe siècle remettent partiellement en cause la Halakha (loi religieuse juive orthodoxe). Les haredim les considèrent comme Juifs, quoique dangereusement éloignés de l’orthodoxie. Leurs rabbins ne sont pas reconnus, pas plus que leurs conversions. L’état d’Israël acceptant les conversions de ces rabbins, on a donc des israéliens reconnus comme Juifs par Israël, mais pas par les ultra-orthodoxes (ni même par les religieux orthodoxes « modernes », d’ailleurs).

Samaritains et Karaïtes : ce sont des groupes très hétérodoxes (du point de vue haredi), mais reconnus comme Juifs par Israël. Ils sont totalement rejetés, et les accusations les plus diverses, parfois très violentes, fleurissent contre eux : païens, crypto-musulmans, ennemis des Juifs.

Perceptions des haredim par les autres Juifs

Orthodoxes "modernes": la légitimité des haredim est largement acceptée. On note, en particulier en Israël, une tendance à s'inspirer de leurs pratiques plus strictes. Leur refus du sionisme, de l'armée (Tsahal), du travail productif, sont cependant considérés comme excessifs. Mais ils sont aussi considérés comme les gardiens de la tradition.

Traditionalistes (Juifs avec pratique religieuse partielle): les haredim sont perçus d'une façon assez proche de la perception orthodoxe, avec en général plus de réserves. On note cependant que beaucoup de traditionalistes séfarades votent aujourd'hui Shass, le parti séfarade haredi.

Laïcs: Les haredim sont plus mal perçus. D'un côté, ils représentent une tradition à laquelle beaucoup de Juifs, même non pratiquants, restent attachés. Mais d'un autre côté, leur croissance démographique fait peur. Leur volonté de renforcer la coercition religieuse (en Israël au moins) est rejetée. Leur refus de faire leur service militaire est considéré comme un danger pour Israël. Leur assez large refus du travail, et leur demande de fonds étatiques (toujours en Israël) pour compenser ce refus, sont souvent très mal perçus. On lit parfois des mots comme "parasitisme" ou "racket" dans la presse. Le parti Shinouï a ainsi basé son succès électoral de 2003 (15 sièges) sur une forte dénonciation des lois religieuses contraignantes et des aides financières aux haredim.

Synthèse

Aujourd'hui, les haredim sont un groupe en expansion au sein du judaïsme mondial. Leur natalité très forte (sauf cas médicaux, toutes les familles sont très nombreuses) et leur capacité à attirer certains orthodoxes, voire laïcs, l'expliquent.

Leur isolationnisme est relatif (selon les groupes), mais cependant réel. Ils sont une des communautés religieuses les plus particularistes existant aujourd'hui, et leurs relations avec les autres Juifs (du moins les laïcs) sont parfois difficiles.

Voir aussi

Bibliographie

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 Selon un sondage réalisé en décembre 2003 et janvier 2004, auprès de 7.616 Israéliens de plus de 20 ans, 8% de la population juive israélienne serait haredi, 9% orthodoxe "moderne", 39% traditionaliste et 44% laïc. Ces chiffres seraient de 13% d'haredim et de 52% de laïcs chez les Juifs israéliens nés en Israël et non à l'étranger.
    Selon une tendance marquée depuis des décennies, le nombre des orthodoxes "modernes" et des traditionalistes diminue, tandis que celui des haredim et des laïcs augmente : 6% de haredim et 42% de laïcs en 2002. Cette polarisation croissante fait craindre à beaucoup d'observateurs une division de plus en plus forte avec le temps de la société juive israélienne.
    Le niveau de vie des haredim est plus faible : 29% des haredim déclarent que leur famille à une voiture, contre 73% des laïcs. 27% des haredim déclarent vivre dans des logements surpeuplés, contre 2% des laïcs.
    Sondage rapporté par le Jerusalem Post du 10 avril 2006.
  2. Israël, les hommes en noir, P.187
  3. Religion et Etat en Israël, P.68
  4. Israël, les hommes en noir, P.189
  5. Rabbin I. Peretz, dirigeant du parti Shass, au cours de la campagne électorale de 1988 - cité par Ilan Greilsammer dans Israël, les hommes en noirs.
  6. Long-term students in yeshivas who are talented and have the economic means are fortunate, but students who after a year see their studies are not going well, whether because of their skills or their economic situation, must learn a profession that earns a living. I'm not talking about getting rich but earning a living, so that one does not fall into debt... One can prepare for this in the yeshiva and devote a few hours a week in the evening to studying a profession. Yair Ettinger. Tough times push men out of yeshiva and into work. Haaretz, 23 décembre 2005.
  7. Israël, les hommes en noir, P. 133
  8. Israël, les hommes en noir, P.134
  9. Israël, les hommes en noir, P.140
  10. Il y a des exceptions : le Jerusalem Post, dans son éditons du vendredi 7 avril 2006, rapporte que plusieurs centaines de haredim de Brooklyn se sont rassemblé autour d'un poste de police, et on brulé une voiture de police (l'article parle aussi "d'émeutes") pour protester contre l'arrestation de l'un des leurs, une personne agée, qui téléphonait en conduisant
  11. Citations du journal ‘‘haredi’’ Yated Neeman du 2 février 1990, rapportée par Ilan Greilsammer.

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Courant du judaïsme

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