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Les Misérables

Les Misérables est un roman de Victor Hugo paru en 1862.


Sommaire

Le roman

Le roman engage une réflexion sur le problème du mal... Il se trouve que toute sa vie Hugo a été confronté à la peine de mort, il a vu des exécutions à la guillotine. Du coup un des thèmes du roman est « le crime de la loi ». La rédaction des Misérables se fait en 2 temps : 1845~1848, 1860~1862. Les personnages principaux sont Jean Valjean, Cosette, Fantine, Javert, Gavroche, Marius, Éponine et les Thénardier.
Si l'œuvre montre comment les coercitions sociales et morales peuvent entraîner sans fin hommes et les femmes à leur déchéance si aucune solution de réédification n'est trouvée, c'est surtout un immense espoir en la générosité humaine dont Jean Valjean est l'archétype. Presque tous les autres personnages incarnent, malheureusement toujours de nos jours, l’exploitation de l’homme par l’homme. La postface d’Hugo est un appel à l'humanité pour qu'elle ne cesse d'œuvrer à des temps meilleurs :

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. »

Victor Hugo, Hauteville-House, 1862.

Ce roman est l'un des sommets de la littérature française et même mondiale. Victor Hugo rassemble dans cette œuvre contre le mal et pour la générosité tout ce qu'il a voulu dire sur l'homme. On peut voir ainsi une symétrie entre le bagnard Jean Valjean et Le Dernier Jour d'un condamné écrit par lui quelques années plus tôt. C'est un roman historique, social, philosophique qui incarne tout les idéaux romantiques et ceux de Hugo ; on peut donc parler de roman fleuve car il est l'aboutissement, le point d'orgue, le chef-d'oeuvre d'un auteur qui signe ici le recueil de ses pensées.

Premières lignes de l'œuvre

« En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. C’était un vieillard d’environ soixante-quinze ans ; il occupait le siège de Digne depuis 1806. »

Les Misérables, lieu de mémoire et d’amour

Une des plus belles pages de la littérature française dédiée à la patrie. Hugo retranscrit, du fond de son exil, de sa mémoire et de son cœur, sa vision des lieux tant aimés qui servent de toile de fond à son chef-d’œuvre. Souvent aidé depuis la France par des amis qu’il charge de vérifier si tel coin de rue existe toujours, il grave, pour la postérité, sa sublime déclaration d’amour sur les murailles du souvenir.

Tome II. Cosette - Livre V : À chasse noire meute muette - Chapitre 1. Les zigzags de la stratégie.

« Voilà bien des années déjà que l’auteur de ce livre, forcé, à regret, de parler de lui, est absent de Paris. Depuis qu’il l’a quitté, Paris s’est transformé. Une ville nouvelle a surgi qui lui est en quelque sorte inconnue. Il n’a pas besoin de dire qu’il aime Paris ; Paris est la ville natale de son esprit. Par suite des démolitions et des reconstructions, le Paris de sa jeunesse, ce Paris qu’il a religieusement emporté dans sa mémoire, est à cette heure un Paris d’autrefois. Qu’on lui permette de parler de ce Paris-là comme s’il existait encore. Il est possible que là où l’auteur va conduire les lecteurs en disant : « Dans telle rue il y a telle maison », il n’y ait plus aujourd’hui ni maison ni rue. Les lecteurs vérifieront, s’ils veulent en prendre la peine. Quant à lui, il ignore le Paris nouveau, et il écrit avec le Paris ancien devant les yeux dans une illusion qui lui est précieuse. C’est une douceur pour lui de rêver qu’il reste derrière lui quelque chose de ce qu’il voyait quand il était dans son pays, et que tout ne s’est pas évanoui. Tant qu’on va et vient dans le pays natal, on s’imagine que ces rues vous sont indifférentes, que ces fenêtres, ces toits et ces portes ne vous sont rien, que ces murs vous sont étrangers, que ces arbres sont les premiers arbres venus, que ces maisons où l’on n’entre pas vous sont inutiles, que ces pavés où l’on marche sont des pierres. Plus tard, quand on n’y est plus, on s’aperçoit que ces rues vous sont chères, que ces toits, ces fenêtres et ces portes vous manquent, que ces murailles vous sont nécessaires, que ces arbres sont vos bien-aimés, que ces maisons où l’on n’entrait pas on y entrait tous les jours, et qu’on a laissé de ses entrailles, de son sang et de son cœur dans ces pavés. Tous ces lieux qu’on ne voit plus, qu’on ne reverra jamais peut-être, et dont on a gardé l’image, prennent un charme douloureux, vous reviennent avec la mélancolie d’une apparition, vous font la terre sainte visible, et sont, pour ainsi dire, la forme même de la France ; et on les aime et on les évoque tels qu’ils sont, tels qu’ils étaient, et l’on s’y obstine, et l’on n’y veut rien changer, car on tient à la figure de la patrie comme au visage de sa mère. »

Adaptations

Cinéma

Feuilletons télévisés

Comédie musicale

Jeu vidéo

Films animés

Personnages

Voir aussi

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