Québec
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| Québec | |||||
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| Devise : Je me souviens</small> | |||||
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| Autres provinces et territoires du Canada | |||||
| Pays | |||||
| Capitale | Québec | ||||
| Plus grande ville | Montréal | ||||
| Lieutenant-gouverneur | Lise Thibault | ||||
| Premier ministre | Jean Charest (Libéral) | ||||
| Superficie | 1 542 056 km² (1e) | ||||
| - Terre | 1 365 128 km² | ||||
| - Eau | 176 928 km² (11,5%) | ||||
| Population (2005) | |||||
| - Totale | 7 598 100 hab. (2e) | ||||
| - Densité | 4,91 hab./km² (5e) | ||||
| Admission dans la Confédération (Provinces) ou Création (Territoires) | |||||
| - Date | 1er juillet 1867 | ||||
| - Rang | 1e | ||||
| Représentation au Parlement | |||||
| - Sièges à la chambre des communes | 75 | ||||
| - Sièges au sénat | 24 | ||||
| Abréviation postale | QC | ||||
| Préfixe de code postal | G H J | ||||
| Gentilé | Québécois, Québécoise | ||||
| Fuseau horaire | UTC -51 | ||||
| Domaine internet | .qc.ca | ||||
| 1 UTC -4 dans le cas des Îles-de-la-Madeleine</small> | |||||
Le Québec est une province de l'Est du Canada, bordée à l'ouest par la province de l'Ontario et la baie d'Hudson, au nord par le détroit d'Hudson et la baie d'Ungava, à l'est par les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nouveau-Brunswick et au sud par les États-Unis (États du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York).
D'une superficie d'environ 1 542 000 km², le Québec pourrait contenir trois fois la France métropolitaine ou cinq fois le Japon. Du sud au nord, le Québec s'étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude et de l'est à l'ouest, sur plus de 22 degrés de longitude. La densité de sa population est très faible avec 4,9 habitants par kilomètre carré (le nord du Québec étant très peu peuplé), 80 % de la population vivant près des rives du fleuve Saint-Laurent.
La population compte 7 598 100 habitants[1], dont la majorité parle le français (ou français québécois), faisant du Québec le seul territoire où la langue française est majoritaire en Amérique du Nord, hormis l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon. La langue officielle du Québec est le français. L'anglais est la seconde langue en importance dans la province. La capitale (appelée Capitale nationale) est la ville de Québec. Comptant près de la moitié de la population, l'agglomération la plus importante est Montréal.
Sommaire |
Géographie du Québec
Cette province, la plus grande du Canada, est un vaste territoire dont la majeure partie est très peu peuplée. Plus de 90 % de la superficie du Québec fait partie du bouclier canadien. Lors de la colonisation française et de l'établissement de la Nouvelle-France, le territoire du Québec consistait seulement en une bande de terre de quelques dizaines de kilomètres de largeur longeant les deux rives du fleuve Saint-Laurent où les premiers colons s'installèrent pour y cultiver la terre après l'avoir défrichée.
Enfin, les Basses-terres de l'Arctique ceinturent la baie d'Hudson. L'extrême nord du Québec est formé d'une région subarctique appelée le Nunavik, la terre de la nation inuite.
En 1912, le district de l'Ungava des Territoires du Nord-Ouest fut intégré au Québec par le Parlement du Canada. Cette vaste région nordique comprend aujourd'hui le Nunavik, au nord du 55e parallèle, et la région de la Baie-James, avec son potentiel hydroélectrique qui a donné naissance au Complexe hydroélectrique La Grande.
Le territoire du Québec est extrêmement riche en ressources naturelles avec ses forêts de conifères et de feuillus et ses nombreux lacs et rivières. Les industries du papier, du bois et de l'hydroélectricité sont parmi les plus importantes de la province. La région la plus peuplée est la vallée du Saint-Laurent, dans le sud, où sont situées la capitale, Québec, et la métropole Montréal. Au nord de Montréal se trouvent les Laurentides (montagnes), la plus vieille chaîne de montagnes au monde, et à l'est, les Appalaches qui s'étendent jusqu'aux Cantons de l'Est (l'Estrie). La péninsule gaspésienne s'étend dans le golfe du Saint-Laurent à l'est.
Le fleuve Saint-Laurent est l'un des plus importants d'Amérique du Nord. Il prend sa source dans les Grands Lacs, aboutit à un vaste estuaire et au golfe du Saint-Laurent, pour finalement se jeter dans l'Atlantique. Long d'environ 1 200 kilomètres, c'est l'une des plus grandes voies navigables du monde et le principal axe fluvial du continent nord-américain. La vallée du Saint-Laurent est une région fertile où dominent les élevages laitiers et de bovins, les cultures céréalières et maraichères. L'acériculture (à base de sève d'érable), dont le Québec est le plus important producteur du monde, est une activité accessoire.
Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref et un automne coloré. Les saisons les plus marquées restent l'été et l'hiver. Les étés sont chauds et souvent humides. Les hivers sont froids, plutôt longs et neigeux. Ces saisons sont très contrastées, les températures pouvant atteindre parfois les 35 °C en été, et descendre parfois sous la barre des -30 °C par endroits en hiver.
La période d'enneigement a une durée d'environ quatre (à Montréal) à six mois (au Nord). La quantité de neige tombée à Québec ou à Montréal est quand même supérieure à celle de villes nordiques comme Moscou, Helsinki ou encore Oslo. En général, c'est le vent qui refroidit davantage les températures et provoque parfois de la « poudrerie » (neige très fine emportée par le vent). Les villes de la péninsule gaspésienne profitent de l'effet modérateur de l'océan sur les températures excessives et jouissent d'un hiver un peu plus doux et d'un été plus frais.
Histoire du Québec
Avant l'arrivée des Français, le Québec était habité par des tribus amérindiennes plus connues aujourd'hui sous le nom de Premières Nations. En effet, le gouvernement québécois reconnaît onze nations autochtones sur son territoire : les Inuits, les Mohawks, les Innus, les Cris, les Algonquins, les Atikamekw, les Micmacs, les Hurons-Wendat, les Abénaquis, les Malécites et les Naskapis. Ils totalisent aujourd'hui environ 75 000 personnes.
La Nouvelle-France (1534-1763)
En 1603, les colons français, menés par Samuel de Champlain, s'allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Hurons et 15 000 Iroquois mais une série d'épidémies abaissa la population des Hurons à 12 000 tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. En 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fonda la Ville de Québec, qui était alors utilisée comme un simple comptoir de traite. En 1627, la création par Richelieu de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer le Canada. L'année suivante, la première expédition, qui comptait 400 personnes, tomba entre les mains des Britanniques et ne parvint jamais à destination. À la suite de la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent le Québec et l'Acadie, de 1629 à 1632. Champlain fut fait prisonnier et s'ensuivit la faillite de la compagnie des Cent-Associés. Suite au traité de Saint-Germain-en-Laye, le Royaume de France reprit possession de la colonie en 1632. La ville de Trois-Rivières fut fondée en 1634. En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies furent les causes principales de mortalité dans la colonie française. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (futur Montréal) qui n'était, à l'époque, qu'un fort servant de protection aux attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).
De 1627 et 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2500. En 35 ans, environ 1250 immigrants français vinrent augmenter la petite population d'origine; la natalité doubla le contingent. Certaines provinces françaises jouèrent un rôle prépondérant: la Normandie, l'Aunis, le Perche, Paris et l'Île-de-France, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l'Anjou, la Bretagne, donc, surtout des provinces du Nord-Ouest, du Centre-Ouest, de l'Île-de-France et du Sud-Ouest.Le Midi et les Alpes ne participèrent que très peu.
Les immigrants originaient principalement des régions côtières et des villes portuaires, ainsi que de la grande région parisienne.
En 1663, le ministre des finances Colbert mit en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Le territoire devait être administré comme une province française sous l'égide d'un gouverneur. En 1665, le régiment de Carignan-Salières (régiment d'élite) arriva dans la colonie dans le but de vaincre les Iroquois. En 1666, l'intendant de la Nouvelle-France Jean Talon organisa un premier recensement qui dénombra 3215 habitants. Grâce aux politiques d'encouragement des naissances de Talon ainsi qu'à l'envoi par Louis XIV de 900 jeunes filles à marier, les fameuses Filles du Roy, la population de la colonie passa à 6700 habitants en 1672. En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d'attaques contre les établissements français. En 1686, les Français s'emparèrent de trois forts anglais de la baie d'Hudson. Sous la gouvernance de Frontenac, les Français menèrent une série de raids contre les postes de la Nouvelle-Angleterre et chassèrent les Anglais de l'Acadie, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson. Cependant, en 1687, la France et l'Angleterre signèrent le traité de Ryswick qui mit fin à la première guerre intercoloniale. En 1701, la paix fut signée avec les Iroquois. La colonie comptait moins de 15 000 habitants. Avec la signature des Traités d'Utrecht, en 1713, la France céda à la Grande-Bretagne l'Acadie (Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d'Hudson. De toute l'activité économique de la colonie, la traite des fourrures demeura l'activité dominante avec 70 % des exportations contre 20 % pour les produits agricoles.
La guerre de Sept Ans (1756–1763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s'unirent pour en finir avec la Nouvelle-France. En 1755, ils déportèrent plus de 7000 Acadiens vers la côte américaine, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse (Lawrence) craignant leur intervention dans le conflit. En 1756, le gouverneur Louis-Joseph de Montcalm arriva en Nouvelle-France avec 3000 hommes. En 1759, le général britannique James Wolfe et son armée assiégèrent pendant dix semaines la Ville de Québec qui capitula après une célèbre bataille sur les plaines d'Abraham (durant laquelle Montcalm et Wolfe furent blessés mortellement). L'année suivante, en 1760, les Britanniques s'emparèrent de Montréal : la Nouvelle-France était conquise. La plus grande colonie française comptait alors environ 55 000 habitants. La population amérindienne, quant à elle, représentait alors environ 600 000 individus.
Le régime britannique (1763-1867)
La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la desctruction de parties importantes du Québec (Québec, Côte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand Dérangement. Un grand nombre d'Acadiens fuyèrent cette déportation qui sépara les familles à jamais et provoqua une forte mortalité, en se réfugiant au Québec. Il y aurait un million de Québécois aujourd,hui qui auraient en partie des origines acadiennes.Au Traité de Paris, la France sauvait les meubles en Europe mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en Amérique.Le roi Louis XV et ses conseillers tâchèrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les îles à sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considéré comme une colonie coûteuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. Seules les îles de Saint-Pierre et Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Mais la France ne tarda pas à vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d'Indépendance.Suite à ce traité, la plupart des aristocrates retournèrent en France. La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation Royale) pour la Nouvelle-France qui devint la «Province of Quebec» (qui se traduit en français par «Colonie de Québec», car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l'assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Près de 2000 d'entre eux retournèrent en France entre 1760 et 1770. Les catholiques étaient aussi dépourvus de droits que ceux d'Irlande : toutes les fonctions publiques étaient réservées à la très petite minorité de protestants. L'Armée britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des écoles québécoises était compromis, notamment par la fermeture à l'Église catholique.
Jusqu'en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénakis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu'au Canada, le gouvernement britannique décida d'être plus ouvert face aux Canadiens (français) et révoqua la Proclamation Royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédiga l'Acte de Québec qui venait atténuer les vélléités d'assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits du peuple Canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s'étendit même jusqu'à Saint-Louis).
Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l'indépendance. Ils commencèrent l'invasion de la province du Québec (toute la région de Montréal passa entre leurs mains) mais, l'année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la Ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l'Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l'indépendance américaine, des Loyalistes américains s'installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux droits accordés aux Canadiens (français), les Anglais demandèrent des réformes et on leur répondit par l'Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l'Ontario d'aujourd'hui) et le Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui). Le parlementarisme britannique fut adopté mais les limites du système colonial furent très vites critiquées et contestées.
En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti réclamaient un gouvernement responsable élu qui contrôlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l'Assemblée. Mais en 1837, ayant épuisé toutes les stratégies pacifiques et devant un refus catégorique de Londres de considérer les 92 résolutions, le Parti Patriote tourna en faveur d'une rébellion armée. Simultanément, certains britanniques rebelles du Haut-Canada aspiraient aux mêmes revendications, soit obtenir des gouvernements responsables (c'est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d'un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.La déroute des Patriotes marqua la fin de l'emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. L'échec du soulèvment bas-canadien ne permit pas au peuple d'échapper à l'étau du sous-dévloppement : l'accès aux nouvelles terres demeurait problématique pour les Canadiens (français), puisqu'elles étaient monopolisées par le Family Compact tout comme le commerce avec la Métropole coloniale. C'est alors que commença le formidable mouvement d'émigration canadienne-française aux États-Unis qui marque le XIXe siècle.
Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu'il fallait procéder à l'assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l'adoption d'un gouvernement responsable. L'Acte d'Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu'au Bas-Canada et fit de l'anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l'égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions assimilationnistes des Britanniques. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu'ils domineraient ainsi l'Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (que les habitants d'origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s'appeler les « Canadiens français ».
Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour rétablir les droits du français et dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu'en 1867.
Ce n'est qu'en 1849 que s'établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les Canadiens (français) n'étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l'obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d'union fédérale et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu'ils l'acceptent.
La confédération canadienne (1867)
Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle résulta en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l'Ontario.
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| Source : Institut de la statistique du Québec | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Cet Acte de l'Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs du Canada étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d'importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. Plus précisément, John A. MacDonald avait dû renoncer à ses velléités d'État unitaire entre autres à cause de la détermination de G.-É. Cartier à restaurer un État québécois, provincial certes, mais foyer national où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité et ainsi une maîtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l'assimilation.On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Indiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n'ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permettait de désavouer des lois provinciales) ainsi qu'un [[pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l'éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d'une nature locale ». Dans deux secteurs, l'immigration et l'agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.
La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver et reconnaître le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l'utilisation du français et de l'anglais au Parlement ainsi qu'au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec et du Canada.
De Chauveau à Duplessis
Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint Premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l'Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l'école neutre, gratuite et obligatoire, qu'il croyait une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l'échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix, qui fut défait aux élections à cause de la pression de l'Église sur les électeurs, réussit, à l'aide d'une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l'élection. L'année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l'Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.
Après l'échec politique des réformes du républicain Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l'instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entrepris une série de réformes plus modestes mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C'est ainsi qu'il imposa la fondation d'une série d'écoles professionnelles sous l'égie de l'État provincial, dont les HEC (1905) fut l'une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme économique au XXe siècle.
En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa fonda le journal « Le Devoir » qu'il consacra à la défense des Canadiens français. Il s'opposa vigoureusement à l'implication du Canada dans la guerre des Boers (1899) et à la conscription de 1917 qui força les Canadiens à participer à la Première Guerre mondiale. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat. La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après l'élection de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anti-français, dirigé par Borden, francophobe et orangiste reconnu.Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l'actif de son militantisme politique, obtenus non pas à Ottawa mais lorsque les mêmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l'espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec - à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L'espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main d'oeuvre aux États-Unis !
Le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française fut l'historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. Il n'est pourtant nullement le père de cette aspiration puisqu'elle remonte aux Patriotes (Déclaration d'indépendance de 1838), a été ravivée par le Parti national d'Honoré Mercier au pouvoir de 1886 à 1893. Les préférences de Groulx allaient à l,action politique de LaFontaine et à l'ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l'indépendance du Québec en 1950. En 1931, s'étant gagné une grande crédibilité en participant à la Première Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).
En 1936, l'Union nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu'en 1939, puis de nouveau de 1944 à 1959. Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d'éducation, d'économie et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l'Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l'Église s'affaiblit rapidemment sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d'ordre économique entreprises par le gouvernement de Lesage. Cette période est généralement qualifiée par les historiens, sociologues ou politologues de Révolution tranquille.
Modernisation et contestation (1960 à aujourd'hui)
La Révolution tranquille fut lancée par l'élection du gouvernement Lesage, dont le slogan en 1960 était "Il est temps que ça change" et en 1962 : "Maîtres chez nous". En 1960, le gouvernement Lesage entama une très vaste et ambitieuse série de réformes, dans les domaines de la politique sociale, de l'éducation, de la santé, du développement économique. René Lévesque convainquit Lesage de rallier Eric Kierans qui permit le développement financier du Québec au service de la majorité, notamment de la Caisse de dépôt. Il ne faut pas oublier non plus l'enjeu principal de la campagne de 1962, la nationalisation de la production électrique : celle-ci était entre les mains d'un oligopole anglais dont étaient exlcus tous les non-WASPs, donc les Canadiens français. En nationalisant le secteur dans Hydro-Québec, l'initiative de Lévesque permit un essor formidable de l'économie québécoise mais aussi d'accession des Québécois à des carrières qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles.
La modernisation et l'émancipation du Québec raviva l'idée de l'indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 60, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s'organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale qui lanca le slogan : « le Québec libre ».
Le 23 juillet 1967, le Général Charles De Gaulle débarqua à Québec et prononça un discours dans lequel il insistait sur l'identité des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui relie la ville de Québec de celle de Montréal. À chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : "France libre", "Québec libre", "Vive le Canada français !". Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s'adressa du balcon de l'hôtel de ville à une foule débordante d'enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec... libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »
Un groupe extrémiste, le Front de Libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadians et symboles du Royaume-Uni. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique, James Cross, puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat entraîna l'intervention de l'armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, à la demande du premier ministre Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d'opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Trudeau, qui avait tant critiqué Duplessis, ne se montrait guère plus démocrate que lui, et guère moins chef autoritaire. Des commissions d'enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l'action du gouvernements fédéral, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l'opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu'à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l'extrémisme au sein du mouvement indépendantiste, d'ailleurs vigoureusement rejeté par nul autre que René Lévesque (ami de Laporte qui perdit la vie dans cet épisode malheureux).
C'est en 1968 que se forma le Parti québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C'est avec la mise en place de la Charte de la langue française dite Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977. Cela instaurait le français comme langue de l'école publique comme l'anglais dans les autres provinces du Dominion, et instaurait le droit des travailleurs à travailler en français dans les entreprises de 50 employés et plus. Du côté polémique, l'opinion médiatique canadienne-anglaise retint surtout l'affichage français obligatoire, révolution visuelle qui concentra les antagonismes.
En 1980, le projet de René Lévesque, de souveraineté-association - voirsouveraineté-association, fut appuyé par 40 % de la population lors d'un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria de façon autoritaire la constitution en 1982 avec, sur avis de la Cour suprême, l'accord d'une forte majorité des provinces, mais sans l'appui du Québec, le gouvernement du Québec ne devint donc pas partie à la constitution, suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. La Constitution canadienne fut ainsi modifiée selon les désirs de Trudeau mais sa la moindre consultation de la population, ni du Québec, ni du Canada. Le Québec subit alors une diminution de l'autonomie provinciale et ne reconnaît toujours pas cette constitution, bien que ses gouvernements aient abandonné le geste de protestation du gouvernement Lévesque qui consistait à passer chacune des nouvelles lois québécoises en invoquant la clause dérogatoire (ou "nonobstant"). Lévesque se tourna toutefois vers un espoir de réforme dit du "beau risque" avec l'élection des conservateurs de l'irlando-québécois Mulroney à Ottawa en 1984.
De 1985 à 1994, le Parti libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l'accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s'effondra en 1990 : l'opinion canadienne-anglaise, fortement attisée par Trudeau, rejetait la reconnaissance du Québec comme "société distincte". Cette réaction émotive avait en partie été attisée par l'utilisation de la clause nonobstant par Robert Bourassa. Une troisième entente, l'Accord de Charlottetown, qui devait préciser juridiquement le statut du Québec dans le Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992 pour des raisons opposées : pas assez d'autonomie au Québec, trop aux yeux des Canadians.
Le Parti québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996 et fut remplacé par le chef du Bloc québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l'accession à la souveraineté, privilégiant l'assainissement des finances publiques, la dette québécoise n'ayant cessé de croître ces dernières années. Il connut un certain succès sur ce front.
Récemment,avec l'éclatement des scandale des commandites, plusieurs des manoeuvres douteuses du fédéral en 1995, en pure enfreinte de la loi référendaire du Québec, furent mises au jour. Notamment, les dépenses du camp du NON, pour repsecter les balises de la loi, ne comptent pas les dépenses fédérales, qui les excèdent de beaucoup. C'est sans parler des manoeurves publicitaires ou du côté du ministère de l'immigration ni le mal-nommé "Love-In".
Développements politiques actuels
Le 14 avril 2003, le Parti québécois fut battu par le Parti libéral, dirigé par Jean Charest. Devenu premier ministre, Charest mène jusqu'à présent une politique de désengagement de l'État, notamment en favorisant les partenariats public-privé, dans le but de contenir la dette de plus de 119 milliards de dollars du gouvernement québécois. Ce nouveau premier ministre est quelque peu controversé et selon certains sondages, plus de 70 % de la population québécoise ne serait pas satisfaite de ses actions.
En 2004, le scandale des commandites rendit le gouvernement fédéral de moins en moins populaire auprès des Québécois. En effet, la vérificatrice générale du Canada affirma qu'une caisse noire avait été utilisée à partir de 1995 pour promouvoir l'unité canadienne pendant et après le référendum sur la souveraineté du Québec. Elle révéla également que, malgré les lois référendaires québécoises, neuf fois plus d'argent avait été utilisé par le camp du « Non » (appuyé par le gouvernement fédéral), au détriment du camp du « Oui ». De plus, différents témoignages mirent en lumière que le gouvernement fédéral avait accéléré le processus de naturalisation des immigrants pour contrer le référendum. Ces révélations, ainsi que le scandale d'Option Canada révélé fin 2005, mettent en doute, aux yeux des souverainistes, les résultats du référendum de 1995 au Québec rejeté par une marge extrêmement mince.
Le 15 novembre 2005, André Boisclair est devenu le nouveau chef du Parti québécois après une course à la chefferie du parti politique l'opposant, entre autres, à Pauline Marois.
En février 2006 un nouveau parti politique est fondé. Né de la fusion de l'Union des forces progressistes (UFP) et d'Option citoyenne, Québec solidaire est représenté par Françoise David et Amir Khadir. Le parti de gauche se dit écologiste, féministe, démocrate, altermondialiste et indépendantiste ; bien qu'il soit encore à un stade de développement primaire, sans chef ni programme.
Même si le Québec n'a toujours pas ratifié la Constitution canadienne, celle-ci est juridiquement en vigueur sur le territoire, le Québec faisant partie de la Fédération canadienne.
Culture québécoise
Le Québec est la principale société d'expression française en Amérique du Nord, et la seule ayant une majorité de citoyens communiquant en français. Le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant quelque peu influencée par son passé sous le régime britannique.
La langue
Région francophone nordique, le Québec enrichit la langue française pour imager les variations de ses hivers, les émotions du froid, l'aventure du Nord.
Sur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par l'officialisation de la langue française. Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils défendent également une « norme québécoise », dont le régulateur est l'Office québécois de la langue française. La Ville de Québec est surnommée le berceau de l'Amérique française puisqu'elle est la plus vieille ville francophone en Amérique du Nord. On s'accorde pour dire que depuis la conquête britannique, un décalage, sinon un fossé, a toujours existé entre le français du Québec et le français de France.
Selon le recensement de 2001 de Statistiques Canada, 5 788 655 personnes au Québec (81,2 % de la population) ont pour langue maternelle le français. Deuxième langue en importance dans la province, l'anglais est la langue maternelle de 572 085 personnes (8 % de la population) ; ceux-ci sont généralement de descendance britannique (Angleterre, Écosse, Irlande, Pays de Galles. Il y a également 55 420 personnes (0,8 %) qui considèrent les deux langues comme leur langue maternelle.[2]
Toujours selon les chiffres de 2001, il y a aussi 709 425 allophones (dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une des deux langues officielles), soit 10 % de la population. Le gouvernement du Québec a négocié auprès du gouvernement fédéral pour choisir lui-même ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Les immigrants proviennent surtout de France, de Belgique, de l'ex-Yougoslavie, de l'ex-URSS et de différents pays en développement.
En-dehors de la simple langue maternelle, 2 907 700 personnes (34,2 % de la population) considéraient en 2001 avoir une bonne connaissance des deux langues ; 3 831 350 (53,8 %) disaient ne connaître que le français et 327 040 personnes (4,6 %) ne parlent que l'anglais. Le nombre de personnes affirmant ne connaître aucune des deux langues s'élevait à 59 490 (0,8 %).[3] (Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution à titre indicatif seulement, étant donné qu'elles émanent d'une auto-évaluation des répondants plutôt qu'une évaluation répondant à des critères rigoureuses.)
Il est aussi intéressant de constater que dans le milieu urbain québécois du XIXe siècle, la troisième langue européenne la plus parlée après le français et l’anglais, était le gaélique. Bien que de nombreux immigrants venant des pays Celtiques de la Grande-Bretagne, principalement des irlandais et des écossais (immigrés au XVIIIe et au XIXe siècle), passèrent du gaélique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optèrent aussi pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd'hui, le gaélique n’est plus parlée dans la province mais certains résidants de descendances écossaises de la ville de Compton, en Estrie, continue à utiliser le gaélique écossais. Leur proportion est cependant très faible. Une autre population de langue gaélique se trouve aux Îles-de-la-Madeleine, sur l'île d'entrée.
Les Amérindiens habitent le Québec depuis plusieurs millénaires. Ils représentent aujourd'hui près de 1 % seulement de la population québécoise mais ils constituent une composition historique et importante de la société. Depuis quelques décennies, les efforts pour préserver leur culture et défendre leurs droits ancestraux s’intensifient. Les dix nations amérindiennes du Québec se rattachent à deux groupes linguistiques ; Les Hurons-Wendats et les Mohawks appartiennent à la famille iroquoienne alors que les huit autres nations font partie de la famille algonquienne. En 2003, la population amérindienne du Québec comptait 71 840 personnes.
La chanson
La chanson québécoise est très riche et très variée. Depuis La Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu'aux artistes de la relève, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprètes (Félix Leclerc, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Rivard, Lynda Lemay, Pierre Lapointe... ainsi que plusieurs groupes dont Beau Dommage, Harmonium, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, des auteurs de renom (Stéphane Venne, Luc Plamondon, Pierre Létourneau...), d'excellents compositeurs (André Mathieu, André Gagnon, François Dompierre, Paul Baillargeon...) et des interprètes exceptionnels (Alys Robi, Ginette Reno, Diane Dufresne, Nicole Martin, Renée Claude, Bruno Pelletier, Marie Denise Pelletier, Céline Dion, Garou, Isabelle Boulay,...)
Certains interprètes sont également considérés comme artistes québécois bien qu'ils soient originaires des États-Unis, d'Europe ou d'Afrique, leurs carrières ayant eu lieu au Québec. On peut citer entres autres Nanette Workman, Corneille et Jim Corcoran
La ville de Montréal peut être actuellement considérée comme une plaque tournante mondiale de la musique émergente, notamment de l'indie rock.
Le sport
Comme dans le reste du Canada, le hockey sur glace est considéré comme le "sport national" et fait partie de la culture populaire des Québécois. Le Club de Hockey "Canadien" (ou les Canadiens de Montréal) est un club de hockey sur glace professionnel faisant partie de la Ligue Nationale de Hockey (LNH). Ce club, qui fut fondé en 1909, fut l'un des principaux clubs fondateurs de la LNH qui réunissait à l'époque six équipes. Aujourd'hui, 30 équipes venues du Canada et des États-Unis s'affrontent pour la Coupe Stanley. Le club profite d'une patinoire à domicile, située au Centre Bell, dont la capacité est la plus grande de la LNH avec 21 273 sièges. Les Canadiens de Montréal participèrent 34 fois à une finale de la Coupe Stanley et la remportèrent 24 fois, ce qui constitue un record de la ligue. L'équipe est souvent considérée comme la plus prestigieuse de la LNH et même du monde entier.
Aussi, les Nordiques de Québec (jouant au Colisée de Québec, dont la capacité est de 15 399) ont marqué l'histoire et la culture sportive du Québec et du Canada, par la rivalité naturelle Québec-Montréal. Les soirées enflammées étaient au rendez-vous. Les Nordiques ont été déménagé depuis, mais le projet de les ramener est toujours sur la table par l'imprésario de cette équipe, Marcel Aubut, qui en a fait l'annonce à la fin de 2005.
Depuis 1996, les Alouettes de Montréal représentent l'île dans la ligue canadienne de football(LCF). Le club fut fondé en 1947, prit le nom des Stallions quand il fut déménagé en 1990 à Baltimore, Maryland (États-Unis d'Amérique), puis, après 5 ans d'activité et une Coupe Grey remportée contre Calgary, ils sont redéménagés à Montréal. Les Alouettes ont gagné la coupe en 2002 face à leurs rivaux, les Eskimos d'Edmonton, contre qui ils perdront deux autres coupes (2003 et 2005). L'équipe joue au stade Percival-Molson de l'Université McGill la plupart de ses parties en saison régulière, alors que les match de séries éliminatoires sont disputés au Stade Olympique de Montréal (qui bénéficie d'une capacité largement supérieure).
Jusqu'en 2004, les Expos de Montréal formaient l'équipe de baseball de Montréal. Créée en 1968, elle évoluait au stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places en mode baseball). Franchisée le 27 mai 1968, elle doit son nom à l'Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes) qui eut lieu l'année précédente. Les couleurs symboliques de cette équipe de baseball montréalaise (bleu, blanc et rouge) rappelaient ainsi l'origine française de la ville de Montréal. Le premier match fut joué le 8 avril 1969 contre les Mets au Stade Shea à New York. Le 3 octobre 2004, les Expos jouèrent le dernier match de leur histoire au Shea Stadium et perdirent (8-1). En 2005, la franchise fut forcée de déménager à Washington DC pour des raisons financières où elle devint "les Nationals de Washington".
En 1981, la Brasserie Molson acquiert le Fury de Philadelphie et relocalise l'équipe à Montréal. L'équipe prena le nom du Manic de Montréal. Ce fut un succès instantané, le Manic de Montréal devenant même une concession clé de la La Ligue nord-américaine de soccer (LNAS). Toutefois, après deux saisons pendant lesquelles le Manic attire de bonnes assistances au stade Olympique (foule record de 58 542 amateurs le 2/09/81), le Manic connaît une saison beaucoup plus difficile en 1983. À la lumière des pertes financières de l'équipe, son propriétaire, la Brasserie Molson, décide de mettre un terme à son existence. Le Manic aura évolué pendant trois saisons dans ce qui fut le meilleur circuit professionnel de soccer en Amérique du Nord.
Le Grand Prix du Canada est un événement sportif de course automobile de Formule 1 qui a lieu chaque année au Canada depuis 1967. Dans les premières années, son domicile se localisait à Bowmanville en Ontario puis à Saint-Jovite au Québec. En 1978, Montréal devint le domicile régulier de ce rendez-vous sportif d'envergure internationale. Le premier gagnant de ce grand prix fut un pilote d'origine québécoise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982 aux suites d'un accident subit à bord de sa monoplace, au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique. Quelques semaines après sa mort, le circuit de Montréal fut nommé le Circuit Gilles-Villeneuve en son honneur. En 2004, à cause d'une loi anti-tabac interdisant la publicité commanditaire de ce produit, le Grand Prix a failli être annulé par l'organisation. Finalement, les écuries s'entendirent avec l'organisateur de la course pour ne pas diffuser de publicité sur les cigarettes.
Le Québec offre une saison hivernale qui s'étend sur près de la moitié de l'année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 5 mètres de neige par hiver selon les régions). En ce sens, il existe une centaine de stations de ski ou de centres pour la pratique du ski et du surf des neiges (snowboard) à travers les différentes régions du Québec. Plus de 4000 km de sentiers balisés pour le ski de fond et le ski de randonnée et près de 44000 km de sentiers aménagés pour la motoneige sont disponibles aux amateurs de sports d'hiver.
La gastronomie
L'art culinaire québécois est réputé dans toute l'Amérique du Nord. En effet, les Québécois vouent un véritable culte à tout ce qui entoure la nourriture. La renommée internationale de certains de ses chefs mais surtout la finesse de ses produits du terroir font du Québec une des régions les plus variées et les plus créatives en termes de gastronomie.
Les premiers habitants du Québec, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française, s'est développée au fil des siècles, intégrant poissons, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d'autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois qui proposent également une foule de produits fins du Québec comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l'Abitibi) et le vin de glace.
Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l'art ancien de fumer le saumon, la truite, l'esturgeon et l'anguille. Aux Îles-de-la-Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière (sorte de tarte à la viande) et une soupe aux gourganes renommées. La région de Charlevoix produit des fromages d'excellente qualité. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d'autruche, animaux qui sont élevés sur place. La Ville de Québec est reconnue internationalement pour sa fine cuisine.
En matière de gastronomie populaire, la poutine est un met typiquement québécois. Elle se compose de frites, de fromage en grains frais ainsi que d'une sauce chaude et onctueuse (dite "sauce brune" du fait de sa couleur brûnatre). Plusieurs hypothèses sur la provenance et de la création sont racontées. La poutine aurait été inventée au début des années soixante dans la petite ville de Drummondville ou celle de Victoriaville, dans la région du centre du Québec. Nous n'avons que l'histoire de la ville de Drummondville : tout commença lorsqu'un client du restaurant « Le Roy Jucep » demanda au restaurateur de lui servir une assiette de frites avec du fromage en grains. Le restaurateur, un peu surpris, lui aurait dit: « Ça va faire une maudite belle poutine ! ». À cette époque, le mot poutine était souvent employé pour désigner un mélange culinaire étrange. Comme plusieurs clients refaisaient cette même demande, le restaurateur décida de l'inclure à son menu sous le nom de poutine. Comme tout mets, sa présentation est variable et diverse.
Le Québec compte également pour 80% de la production mondiale de sirop d'érable. Issues de traditions amérindiennes, les techniques érablières consistent en un premier temps à entailler l'érable à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu'à l'obtention d'un délicieux sirop sucré, idéal pour accompagner crêpes, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu'une multitude de plats variés.
Religion
Il est difficile de parler de l'histoire du Québec sans parler du rôle prépondérant qu'a joué l'Église catholique dans le développement culturel et politique de cette société. Les premiers colons qui s'établirent en Nouvelle-France étaient tous catholiques, (immigration sélective).Les religions amérindiennes et inuits précédèrent le christianisme. Elles survécurent à l'arrivée des Européens et, encore aujourd'hui, certaines manifestations persistent.
La puissance extraordinaire qu'avait autrefois l'Église catholique est reflétée dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu'aux beaux-arts, en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. Dès l'implantation de la colonie, l'évangélisation des Amérindiens précéda la fondation des paroisses. L'âge d'or pour les ecclésiastiques arrivera au milieu du XIXe siècle (vers 1840), période pendant laquelle l'Église, devenue très hiérarchisée, concrétise son influence. Mais son influence s'essoufflera cent ans plus tard au moment où la société québécoise sera traversée, et profondément transformée, par la Révolution tranquille (conscience nationale, etc.)
Pendant le régime britannique, des anglophones protestants vinrent s'établir dans certaines régions du Québec. Dès 1777, la première synagogue s'implanta sur le territoire de l'actuel Montréal mais c'est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs s'établirent dans la métropole. Au XXe siècle, des vagues successives d'immigrants venant d'Irlande, d’Italie, de Grèce, d'Asie et d'Afrique s'établirent dans la métropole, Montréal, apportant avec eux leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains d'entre eux créèrent des communautés religieuses qui firent bâtir des établissements religieux. Selon certains organismes religieux, ce pluralisme religieux traduit un véritable bouleversement culturel favorable à la prolifération de religions minoritaires et des sectes.
De nos jours, cette diversité culturelle entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise. La banalisation est le phénomène de réduction du religieux au folklore culturel ou son attribution à des facteurs psychologiques. Le rejet est le phénomène de repliement sur ses positions tandis que l'accueil est le phénomène de syncrétisation, où chaque individu tend à apprivoiser un ensemble de croyances. Enfin, l'athéisme est un renforcement de l'incroyance où l'individu, du fait des nombreux itinéraires religieux proposés et de l'explication rationnelle offerte par la science, remet en doute ses propres croyances.
Néanmoins, le Québec reste majoritairement d'obédience catholique. Lors du dernier recensement en 2001, 83,4% des Québécois se désignaient eux-mêmes comme tels. La Charte des droits et libertés de la personne au Québec (Article 3) protège la liberté de religion pour chaque citoyen québécois dans la mesure où cette liberté ne viole pas l'ordre public ou le bien-être général des citoyens du Québec (Article 9.1). En outre, l'article 10 de la Charte prévoit l'obligation « d'accomodation raisonnable » à l'égard des exigences religieuses des communautés culturelles, au contraire du système républicain qui prévaut notamment en France.
Économie québécoise
Bien que le produit intérieur brut par habitant du Québec se situe en-deça de la moyenne canadienne depuis les débuts de la confédération, depuis le milieu des années 1980 un rattrappage du Québec enregistre une bonne performance sur le plan économique, son PIB/habitant étant désormais situé à environ 20% de moins que la province voisine de l'Ontario. Première province canadienne en superficie, le Québec possède un produit intérieur brut (PIB) de plus de 250 milliards de dollars canadiens dont 70 % provient du secteur des services (ce PIB équivaut à 145 milliards de dollars américains ou 162 milliards d'euros). Bien qu'il ne soit pas un État, le Québec possède une économie dont l'envergure se compare à celle de la Suisse et de la Suède. Quant au PIB par personne, le Québec se situait en 2005 au 52e rang des 60 États nord-américains selon le Ministère des Finances du Gouvernement du Québec, ses recettes fiscales se situant em 2005 à 37,9% de son PIB par rapport à 33,9% pour la moyenne du Canada et 26,4 % pour les États-Unis ; la dette du Québec s'élevait en 2005 à 44% de son PIB comparativement à 20% pour la moyenne du Canada, excluant le Québec. En outre, la cote de crédit du Québec en 2005 (A1) s'élevait au 8e rang comparativement aux 10 provinces et au gouvernement fédéral, suivi par l'Île du Prince Édouard, Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse. Le paiement du service de la dette (intérêts uniquement, sans remboursement de capital), en 2005, représentait 12,6% des dépenses de la province, la plaçant au 4e rang des dépenses après les ministères de la Santé et des Services sociaux, de l'Éducation et des Loisirs et des Sports ainsi que de l'Emploi et de la Solidarité sociale.([1]). Cet écart s'explique en large partie par l'intervention économique marquée (Keynésianisme) de l'État dans l'économie ; en 2004, les investissements publics en capital privé comptaient pour 85% des investissements totaux en capital-actions au Québec comparativement à 15% pour l'Ontario. Ce double phénomène d'imposition et de dette élevées et de PIB/habitant inférieur, par rapport aux autres États nord-américains, amène une pression importante sur les finances publiques du Québec, notamment dans le secteur de la santé et des services sociaux. ([2])
En dépit de son écart avec les autres États nord-américains, l'importance du produit intérieur brut québécois classe la province au niveau des 20 pays les plus industrialisés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les principales forces de l'économie québécoise sont les nouvelles sciences technologiques, l'importation et l'exportation, le tourisme, le transport, les ressources naturelles et l'énergie (en particulier l'hydroélectricité).
Science et technologie
La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l'un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l'aérospatiale, les technologies de l'information, les biotechnologies et l'industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique.
Exportation et importation
Grâce à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s'accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l'économie québécoise, notamment en matière d'emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu'au Canada. En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et était destinées aux États-Unis d'Amérique (83,2 %), à l'Europe (9,6 %), à l'Asie (4,4 %) et à l'Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l'Europe (29,3 %), de l'Asie (18,6 %), de l'Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l'Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu'une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire américain.
Le tourisme
L'industrie touristique est l'un des piliers économiques majeurs au Québec. Près de 330 000 travailleurs de cette industrie s'efforcent de rendre le séjour des visiteurs des plus agréables. Ces employés œuvrent dans plus de 34 000 entreprises touristiques québécoises. On estime en moyenne à 27,5 millions le nombre de touristes qui visitent la province. En 2003, 76 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 8 % des États-Unis et 3 % d’autres pays. Annuellement, les visiteurs dépensent près de 6,7 milliards de dollars dans les différentes sphères de l'industrie touristique québécoise.
Les 20 régions touristiques de la province offrent des activités très variées. Les intervenants touristiques savent tirer profit de la personnalité typique de Dame Nature. L'offre se diversifie et on visite le Québec en été, comme en hiver. Les arts et musées, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs et réserves ainsi que les jardins sont autant de choix d’attractions. La qualité de la table attire également les visiteurs. La richesse des aliments du terroir, la diversité des produits marins et l'abondance des récoltes colorent les menus et donnent une saveur particulière aux créations culinaires québécoises. Enfin, plus de 400 événements (festivals, célébrations) ont lieu chaque année.
Les transports
Le Québec possède des infrastructures de transport modernes, aménagées pour desservir efficacement l'ensemble de son territoire. Son réseau de transports est très bien développé. Il comprend environ 185 000 km de réseaux routiers, 8 ports, plus de 6 640 km de voies ferrées (surtout pour le transport de marchandises) et 43 aéroports.
Le réseau routier comprend environ 185 000 km d'autoroutes, de routes nationales, régionales, de rues et de chemins locaux, et près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions. Elément essentiel de l'économie québécoise, le réseau routier relie toutes les régions et facilite le transport de millions de travailleurs et de marchandises.
Les ports contribuent à l'économie québécoise en rendant possible l'importation et l'exportation de matières premières et produits de toutes sortes. On trouve au Québec huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie maritime du Saint-Laurent. Les revenus générés par ce trafic se chiffrent à plus de 90 millions de dollars. Le port de Montréal est le plus important port à conteneurs au Québec. Il est situé sur l'une des plus grandes voies navigables au monde, le fleuve Saint-Laurent. Il est également le troisième en importance de la portion nord-est de l’Amérique du Nord. Grâce à ses 17 600 emplois, directs et indirects, il génère des revenus annuels d'environ deux milliards de dollars. Le port de la Ville de Québec, situé à l'intérieur du continent à quelque 1 370 kilomètres de l'océan Atlantique, a vu sa croissance augmenter d'une façon fulgurante. Avec l'augmentation du niveau de l'eau, l'accès à celui de Montréal deviendra moins accessible à cause des ponts. Aussi, le Port de Québec en eau profonde (15,5 mètres) peut accueillir des navires excédant 150 000 tonnes, et ce, tout au long de l'année. On trouve également des ports en eau profonde à Trois-Rivières, Bécancour et Sorel-Tracy ainsi qu'à Baie-Comeau, Port-Cartier et Sept-Îles. Ces derniers sont spécialisés dans la manutention des cargaisons en vrac et des marchandises lourdes.
Le Québec dispose également de 6 645 km de voies ferrées qui s’intègrent au grand réseau ferroviaire nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises, le réseau ferroviaire québécois joue un rôle important dans le transport des passagers. Au cours de l'année 2000, plus de 4 000 employés y travaillaient.
Au Québec, on trouve deux types de réseau aérien : le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne. Trois aéroports sont situés dans les grands centres urbains, sept autres desservent les centres régionaux éloignés et 33 assurent les services dans les localités enclavées ou éloignées. En 2003, les aéroports internationaux Pierre-Elliott-Trudeau (Dorval) et Mirabel de la région de Montréal ont vu transiter 8,9 millions de passagers et 242 641 tonnes métriques de marchandises. L'Aéroport international Jean-Lesage dessert plus d'un million de personnes.
Les ressources naturelles
L'abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l'exploitation de ses ressources forestières. Actuellement, 60

