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Shoah

Le terme Shoah désigne l'extermination, par l'Allemagne nazie et ses complices européens, des deux tiers de la population juive européenne pendant la Seconde Guerre mondiale – ce qui représente entre cinq et six millions d'êtres humains selon les estimations des historiens. Ce génocide des Juifs constituait pour les nazis « la solution finale à la question juive », et ces derniers l'appelaient d'ailleurs die Endlösung (la « Solution finale »).


Sommaire

Origine du mot Shoah

Shoah est un mot hébreu qui signifie « cataclysme » (catastrophe d'origine naturelle[1]). On le préfère en général à « Holocauste » impropre, bien que répandu, car très connoté religieusement, contrairement à « Shoah ».

Elie Wiesel le conteste autant qu'« holocauste » même s'il l'emploie également. Dans ses entretiens avec Michaël de Saint Cheron, en 1988, il dit lui préférer le terme hourban, qui, dans la littérature yiddish portant sur l'événement, signifie également « destruction » et se réfère à celle du Temple. Ces trois termes ont l'avantage, par leur origine, de préserver la spécificité juive de l'événement[2].

La Shoah est un génocide, terme initialement formé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin afin de désigner l'extermination des Juifs d'Europe.On emploie aussi le terme de « judéocide »

Shoah est aussi le titre d'un film documentaire de neuf heures trente réalisé en 1985 par Claude Lanzmann et portant sur la Shoah. Composé de témoignages, ce film est exempt de tout document d'archives. Il évoque les événements avec une précision verbale implacable et montre aussi l'actualité toujours vivace du danger antisémite. C'est ce film qui a imposé en français l'usage du nom Shoah après le choix du réalisateur pour le mot hébreu qu'on trouvait déjà par exemple dans le texte hébreu de la Déclaration d'Indépendance de l'État d'Israël de 1948.

Les camps d'extermination

Près de 6 000 sites d'extermination, de concentration ou de travail ont été installés en Pologne en septembre 1939, soit la moitié des camps éparpillés à travers l'Europe sous la coupe de l'Allemagne nazie. Sur 7,5 millions de personnes enfermées dans ces camps en territoire polonais, environ 6,7 millions ont péri dans des chambres à gaz ou sont mortes d'épuisement, de faim, de maladies, de travail exténuant, de tortures et de brutalités, selon les sources polonaises.

Auschwitz-Birkenau où les nazis ont exterminé plus d'un million de personnes, presque tous des Juifs d'Europe, est le plus important des sept camps d'extermination qu'ils ont créés en Pologne entre 1939 et 1945.

Le camp d'extermination de Kulmhof, ou Chelmno sur le Ner en polonais, situé dans le centre, a été construit en décembre 1941. Il a fonctionné jusqu'en 1943 et de 1944 à 1945. Les nazis y ont tué 310 000 personnes, dans des camions transformés en chambres à gaz. Parmi les victimes, les Juifs du ghetto de Łódź, distant de 70 kilomètres. Ont suivi dès 1942 ceux de Belzec et Sobibor, dans l'est de la Pologne, à la frontière ukrainienne d'aujourd'hui.

À Belzec, de juin à décembre 1942, les nazis ont assassiné 600 000 personnes dont 550 000 Juifs, en les asphyxiant au monoxyde de carbone.

À Sobibor, les nazis ont exterminé entre 1942-1943 environ 250 000 Juifs de Pologne et d'autres pays européens.

Le camp de Majdanek a été créé attenant à la ville de Lublin, dans cette région considérée comme le cœur des grandes communautés juives de Pologne. 360 000 de son demi-million de détenus ont péri dans des chambres à gaz ou ont été fusillés entre 1941 et 1944. Parmi eux 200 000 Juifs européens, 120 000 Polonais non juifs et des prisonniers de guerre soviétiques.

À Treblinka, à 80 km au nord-est de Varsovie, entre 1941 et 1944 les SS et leurs alliés ukrainiens ont exterminé au gaz 750 000 personnes, principalement des Juifs du ghetto de Varsovie, dont le plus connu, le conteur et psychologue pour enfants Janusz Korczak.

Chiffres

En 2006, le ministre de la Justice allemand annonce l'ouverture prochaine des archives de la Shoah, conservée à Bad Arolsen, jusque là accessibles uniquement à la Croix-Rouge[3]. Ce sont les 27 km de rayonnage de l'Allemagne nazie qui seront accessibles aux chercheurs[4].

Auschwitz

selon les comptages de Franciszek Piper, historien du musée d'Auschwitz-Birkenau

Les victimes juives du génocide

La plupart des estimations publiées donnent entre cinq et six millions de victimes juives. Les chiffres sont extrapolés à partir de rapports qui émanent notamment des services allemands, des autorités satellites et des conseils juifs. Ils sont ensuite affinés grâce aux comparaisons entre les statistiques d'avant-guerre et celles d'après-guerre. Ils ne s'agit donc jamais de chiffres précis mais d'estimations les plus affinées possibles.

Les victimes par pays

selon les frontières d'avant guerre

Total : 5 100 000

Les victimes par année

chiffres arrondis à la centaine de mille la plus proche

Total : 5 100 000

Les victimes par cause de décès

Total : 5 100 000, dont 2 700 000 dans les chambres à gaz[5].

Source : Raul Hilberg, La Destruction des juifs d'Europe, Editions Fayard.

Les victimes françaises

selon des chiffres établis par l'association des Fils et Filles des déportés juifs de France présidée par Serge Klarsfeld et publiés en 1985

Conséquences de la Shoah

Outre la spoliation, la souffrance et la mort de millions de Juifs, la Shoah marque un tournant historique car elle est l'occasion d'une prise de conscience internationale amenant plusieurs faits majeurs :

Évocation de la Shoah dans les arts

La production artistique du XXe siècle est marquée par la publication de témoignages de victimes puis par la représentation explicite ou métaphorique de la Shoah.

Littérature

Cinéma

Télévision

Musique

Notes

  1. voir Le Monde du 19 février 2005
  2. Vincent Engel dans « Holocauste, Shoah ou judéocide ? » - Le Nouvel Observateur Hors-Série de janvier 2003 - décembre 2004
  3. « Germany to open Holocaust records », The Jerusalem Post, 18 avril 2006
  4. « Les archives nazies ouvertes aux historiens », Libération, 17 mai 2006
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 Chiffres arrondis à la centaine de mille la plus proche.
  6. chiffres arrondis à la cinquantaine de mille la plus proche.

Voir aussi

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