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Viol en réunion

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Le viol en réunion est une qualification pénale dans le droit français décrivant un acte de viol commis par plusieurs personnes agissant comme auteurs ou complices.


Sommaire

La loi

Le viol en réunion est retenu par la justice française pour décrire « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice ».L'expression viol collectif et plus récemment tournante sont en usage dans le public.Le viol en réunion est puni en France de 20 ans de réclusion criminelle.

Le phénomène dit des « tournantes »

La « tournante » est le nom populaire donné à une forme particulière de viol en réunion, commis par une bande d'hommes généralement jeunes sur une fille de leur entourage. C'est un phénomène social dont on parle de plus en plus depuis quelques années.

En 1995, dans le n°53 du Le Libre Journal de la France Courtoise, l'écrivain Henri de Fersan consacrait un article appelé Sociologie du viol ethnique dans lequel il estimait que la majorité des viols en réunion avait pour motif le racisme anti-blanc.

Cependant, d'après Laurent Mucchielli sociologue, chercheur au CNRS, directeur du CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales), auteur notamment de « Violences et insécurité, Fantasmes et réalités dans le débat français » (La Découverte, 2002) et de « Le scandale des « tournantes ». Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique » (La Découverte, 2005), le phénomène des « tournantes » ne s'est pas particulièrement développé depuis 1960, époque des « blousons noirs » à qui le même grief était souvent fait.

Description

Le « phénomène » semble être apparu en France, mais s'est propagé depuis à un certain nombre d'autres pays européens (entre autres Norvège et Danemark) et extraeuropéens (Australie). Les auteurs ont en général entre 16 et 18 ans et légitiment systématiquement leurs actes par la réputation de leur victime, considérée comme « une fille facile ».

En 2001, le juge Sylvie Lotteau, du tribunal de Bobigny, décrit ainsi les tournantes : « Une fois qu'une jeune fille est devenue l'amie de l'un des membres d'une bande, les autres membres se partagent ses faveurs, en général avec le consentement de son ami, mais pas de la victime. Il faut donner une appréciation négative de la jeune fille — déjà fragilisée car souvent fugueuse, issue de familles déstructurées — pour dire après qu’elle était forcément consentante ».

Un procès ayant eu lieu en 2001 concernait onze violeurs d'une jeune fille de 14 ans dans une cave. Il est à noter que les délinquants ne manifestaient pas de compassion particulière pour leur victime, mais étaient en revanche devant une audience venue nombreuse les soutenir, d'après Le Monde. C'est cet événement qui décida le monde politique à prendre en compte cette question, poussé par le mouvement Ni putes ni soumises.

Un commandant de police de la sûreté départementale de Seine-Saint-Denis indique que « sur le 2e district du 93, qui comprend des communes difficiles comme Saint-Denis, Aubervilliers ou Stains, nous avons en moyenne deux affaires de tournantes par an. »

Peu de victimes de viol en réunion déposent plainte ; on peut voir quatre raisons à cela :

  1. Pression psychologique (honte de n'avoir pas su dénoncer les faits rapidement, pouvant donner à croire que la victime était effectivement consentante)
  2. Crainte de représailles physiques.
  3. Chantage et pression des agresseurs (photos utilisées autant pour qu'elle se soumette à nouveau que pour la contraindre au silence.)
  4. Difficulté à s'extraire du quartier durant le délai de l'enquête de Police.

« Quand elles portent plainte, elles sont harcelées par d’autres jeunes de la cité parfaitement au courant, les parents sont obligés de déménager, leurs voitures sont incendiées », indique une avocate, Me Steyer dont une des dernières clientes a tout juste 13 ans.

Les victimes culpabilisent d'autant plus qu'elles sont confrontées à un groupe qui considère leur acte comme évident et normal. L'importance de ce contexte social prend une dimension d'autant plus considérable que la victime est jeune, que le groupe des violeurs peut se vanter et instituer un statut dégradant pour la victime et que celle-ci considère ne pas pouvoir trouver auprès de sa famille la confiance ou l'appui nécessaire pour faire face à ce traumatisme. Fragilisée et déboussolée par son agression, seule contre tous, le traumatisme peut altérer à tel point l'identité propre de la victime qu'elle peut entrer dans une logique de soumission. Certaines victimes, brisées, reviennent ainsi d'elles-mêmes vers leurs bourreaux ou sont incapables de leur résister par la suite. La tournante est donc dans certains cas un acte répété dans le temps qui plus encore qu'une agression sexuelle constitue une mise en « esclavage » alors que les violeurs y trouvent la justification de leur pratique.

Analyses

Les tournantes se compliquent aussi de phénomènes religieux ou ethniques. Dans certains cas, une jeune femme sachant « jouir loyalement de son être », pour reprendre l'expression de Montaigne, est considérée comme ne méritant pas le respect.

Des sociologues mettent l'accent sur un effet de groupe : selon eux, l'ami de la jeune femme ne pourrait la protéger de ses amis sans se désavouer vis-à-vis d'eux. Jean-Jacques Rassial, psychologue à l'université de Villetaneuse, y voit plutôt une sorte de rite de passage où le jeune homme montre que son respect de la bande passe pour lui avant celui de son amie ou des lois du pays où il se trouve.

Flemming Balvig, criminologue à l'université de Copenhague, se range également à cette hypothèse.

La liberté sexuelle traditionnelle du Danemark prend par ailleurs de court un certain nombre de jeunes gens venant de familles non danoises pratiquant pour des raisons historiques et culturelles une morale sexuelle tout à fait opposée.

Les viols en réunion ne sont pas l'apanage des cités sensibles et de leur délinquance spécifique ; les facteurs déclenchant sont aussi à rechercher du côté de la victime.La victime est généralement une fille non défendue (pas de frère, père, cousin...) qui n'est pas un satellite ou un membre d'un groupe structuré et reconnu du quartier, elle est isolée. Elle vit souvent une situation familiale difficile. Psychologiquement fragile, elle affiche ses « faiblesses » ce qui en fait une cible pour ses agresseurs qui dans la majorité des cas la connaissent de longue date.

Voir aussi

Articles connexes


Lien externe

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Catégories 


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