YHWH
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יהוה, YHWH est le nom de Dieu dans la Bible hébraïque. Le mot se compose de quatre consonnes, yōḏ (י), hē (ה), wāw (ו) et hē (ה). Sa valeur guématrique est 26.
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Étymologie
Selon une tradition juive, le tétragramme YHWH est le verbe HWH, havah (« être », « devenir ») conjugué à l'inaccompli de la forme causative (qui correspond au français « faire faire »). Dans ce cas, il se rend par « il fera devenir », usuellement compris comme « il fait devenir ». On peut remarquer que plusieurs prénoms hébreux et arabes qui sont des formes verbales à l'inaccompli, commencent par Y, par exemple l'hébreu Yôsêph et l'arabe Yazîd signifient « il ajoute », Yiḥyeh et Yahyâ, « il vit ». Ce qui, somme toute est assez normal pour l'hébreu car le iod translittéré en Y, est la marque de l'inaccompli à la troisième personne du singulier.
Dans ce sens, l'épisode où Dieu explique lui-même son nom en Exode 3:14 (le buisson ardent), l'expression est rendue dans certaines traductions par « Je serai ce que Je serai » ou « Je deviendrai ce qu'il me plaira » (The Emphasised Bible - Rotheram, 1902). C'est à dire, au vu du contexte — la libération des Israélites, que Dieu peut devenir ce dont il a besoin pour réaliser ses projets.
Une autre tradition considère qu'il provient de deux différentes formes verbales, de racine commune YWH : HYH hayah [היה] : « Il était » ; et YHYH yihiyêh [יהיה] : « Il sera ». Et donc, il s'agirait de l'attestation de l'existence éternelle de Dieu, sans commencement ni fin. Dans ce sens, des traductions rendent le tétragramme par « Éternel ». Et l'expression d'Exode 3:14 est rendue par « Je suis celui qui suis » traduction au présent qui demeure inexacte l'expression d'Exode est à l'inaccompli.
La théorie présentée par Henri Meschonnic, dans Gloires (traduction des psaumes) affirme que ce nom se réfère à une divinité ancienne du nom de Yah (YH, יה).
Selon une autre étymologie, le nom dériverait de Iahu, déesse sumérienne dont le nom signifie colombe d'en haut et qui s'identifie à Eurynomé, la déesse de toutes choses du mythe pélasge de la création.
Prononciation
Incertitude
Les voyelles ne s'écrivent pas en hébreu (l'écriture employée étant un abjad). Le tétragramme est formé de quatre consonnes de translittération YHWH, qui sont également rendues YHWH, IHVH ou JHVH.
Les voyelles furent par la suite indiquées par des diacritiques (voir l'article diacritiques de l'alphabet hébreu).
Les Juifs s'imposent une interdiction de prononcer le Tétragramme, basée sur le troisième commandement : « tu n'invoqueras pas le Nom de YHWH ton Dieu en vain ». D'autres expressions lui sont substitués à l'oral, comme Adonay (Mon Seigneur) ou ´Èlohim (Dieu), ou encore haChem (le Nom), par exemple quand le lecteur rencontre le tétragramme dans les Écritures hébraïques. Cette substitution se nomme le Qéré permanent et expliquerait les points-voyelles : a-o-a pour Adonay, e-o-i pour ´Elohim.
Pour ces deux raisons, la prononciation exacte du tétragramme demeure incertaine. L'incertitude ne porte donc pas sur les consonnes, mais sur la place et le type des voyelles.
L'incertitude porte également sur l'existence de cette prononciation. Joel M. Hoffman, par exemple, dans son ouvrage In the Beginning [2], soutient que le tétragramme n'a jamais eu de prononciation. D'autres hébraïsants, s'appuyant entre autres sur les noms théophores comme Juda (Yehoud), ne partagent pas ce point de vue.
Prononciations proposées
Ce nom est rendu dans certaines traductions par Yahweh ou Yahvé, forme reconstituée par des hébraïsants et souvent considérée comme la prononciation originale. Jéhovah est la forme occidentale chez quelques confessions chrétiennes depuis l'époque médiévale jusqu'au début du XXe siècle. Elle serait obtenue par le tétragramme complété des points-voyelles e-o-a. Ces points-voyelles là ont été établis par les Massorètes dans le but d'enregistrer les diverses prononciations régionales, comme l'indique, le codex de Léningrad qui contient pas moins de 6 "prononciations" différentes, dont le système de vocalisation est grandement l’œuvre de la célèbre famille Ben Ascher. Il n'y a donc pas à chercher de « prononciation réelle » du Nom divin dans ce système.
Selon Gérard Gertoux, sympathisant des Témoins de Jéhovah [1], il est possible de retrouver la prononciation du tétragramme [3] :
«
Ce nom YHWH se lit sans difficulté puisqu'il se prononce comme il s'écrit, ou selon ses lettres pour reprendre l'expression du Talmud. En effet, jusqu'en 70 de notre ère, les grands prêtres lisaient le jour du Yom Kippour la bénédiction de Nombres 6:24-27 en prononçant YHWH selon ses lettres, c'est-à-dire comme il s'écrit. […] Les noms hébreux étaient vocalisés grâce aux trois lettres Y, W, H, comme les écrits de Qumrân l'ont largement confirmé. La lettre Y était lue I (ou É), la lettre W : Û (ou o), et la lettre H : A à la fin des mots. […] Le nom YHWH se lisait donc IHÛA (Ihoua). Pour mieux entendre la lettre H (quasi inaudible) on pouvait lui adjoindre un e muet. […] Cette légère amélioration donne pour le nom YHWH la prononciation I-eH-Û-A (Iehoua), l'équivalent de la prononciation massorétique YeHoWaH » </blockquote>
Néanmoins le choix de la prononciation de Gertoux est discuté, certains en partant du même principe des quatre voyelles tombent sur les prononciations Yao ou Yaoue.
Traditions liées au tétragramme
- Yahwisme, l'une des sources de rédaction du Pentateuque selon l'hypothèse documentaire
- Mythe du Golem
Notes et références
- ↑ Auteur de Un Historique du Nom Divin. Il se présente sur le site de son livre [1] comme « un hébraïsant tétragrammiste ; président depuis 1991 de l'Association biblique de recherche d'anciens manuscrits. Sa formation d'ingénieur et de professeur lui a permis de compiler une masse d'informations provenant d'une grande diversité de spécialités. » Du fait que son livre cite des écrits de la société Watchtower, qu'il intervient sur un forum italien de Témoins de Jéhovah, et qu'il a participé à une conférence d'une association scientifique italienne de Témoins de Jéhovah, ses thèses sont controversées. Bien qu'il n'évoque pas lui-même ses convictions personnelles, sa théorie correspond tout à fait à la doctrine des Témoins de Jéhovah.
Voir aussi
Bibliographie
- La Ligature d'Isaac, un commentaire des divers noms de Dieu. Si l'article est théologique, c'est-à-dire interprétatif, il donne des aperçus étymologiques et grammaticaux.
- Un Historique du nom divin יהוה - Un Nom Encens, Gérard Gertoux, éd. L’Harmattan (Site dédié).
Liens externes
- (fr) Le nom de DIEU - Simon K. Dossou, professeur d'Ancien Testament et d'hébreu biblique
- (fr) Le Tétragramme et les Écritures Grecques
- (fr) Aeropage.net - Le Nom divin dans le Nouveau Testament - Didier Fontaine, Témoin de Jéhovah
- (de) Archiv-Vegelahn
- (fr) Le Nom de Dieu , Article du journal 'Réveillez-vous !' (22/01/2004) publié par les Témoins de Jéhovah.
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